Émile Combes (1835 - 1921)

Artisan de la laïcité

Portraits d 'Émile Combes, Washington, Library of Congress.Figure célèbre du parti radical français, Émile Combes occupa de nombreux mandats et fonctions sous la Troisième République : maire, sénateur, ministre et Président du Conseil.

Il chercha sans relâche à évincer la religion de l’enseignement et de la vie publique et porta à son paroxysme le conflit entre la gauche républicaine et l'Église catholique, alors même que l'Église avait déjà beaucoup perdu de sa superbe.

Ses méthodes brutales lui valurent de démissionner avec fracas du gouvernement.

Jusqu’au-boutiste dans l’anticléricalisme

Né le 6 septembre 1835 à Roquecourbe (Tarn), au sein d’une famille nombreuse et modeste, Émile Combes entre au séminaire mais perd rapidement la foi et entre dans l'enseignement puis dans la vie politique.

Inscrit à la gauche de la gauche, au Parti radical, il fait son entrée au Sénat en 1885 et en devient président puis ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et du Culte l’année suivante. Sept ans plus tard, en juin 1902, c’est la consécration : il accède à la Présidence du Conseil et se voit attribuer le portefeuille de ministre de l’Intérieur et des Cultes.

Avec ces fonctions, Émile Combes donne une nouvelle dimension à son combat pour la laïcité et contre le cléricalisme, une doctrine qui sera surnommée le « combisme »

Le Combes de l’activité dévorante pour faire le mal, caricature d'Achille Lemot, Le Pèlerin, 27 juillet 1902. En agrandissement, caricature sur le combisme, Henry Somm, 21 mai 1904, Paris, BnF.Sitôt devenu président du Conseil, il applique avec la plus extrême rigueur la loi du 17 juillet 1901 sur les associations. Celle-ci, qui découle de la politique de Jules Ferry, statue que toutes les congrégations religieuses sont dans l’obligation de demander une autorisation à l’État, plus précisément au Parlement, avant d’ouvrir une école. Toutefois, Combes se montre intransigeant : il rejette l’ensemble des demandes, sans même les examiner.

Parallèlement, il ordonne la fermeture de 3 000 établissements privés dirigés par des hommes d’Église. Enfin, en mars 1904, il instaure une loi empêchant les « congréganistes » (soit les moines et les religieuses) d’enseigner, et renvoie le personnel religieux des hôpitaux.

Émile Combes est favorable à un entre-deux : la remise en place du Concordat de Bonaparte dans l’ensemble du pays. Cela permettrait au gouvernement de surveiller les actions des Églises, et notamment de contrôler les dépenses du clergé. Mais le Pape Pie X, antimoderniste, ne l’entend pas de cette façon.

Lors de la visite du président Émile Loubet au Vatican en mars 1904, Pie X critique vivement les nouvelles lois françaises. Face à l’obstination du représentant du catholicisme, le Président du Conseil décide le 30 juillet de rompre les échanges avec le Vatican.

L’affaire des Fiches

En 1904, Émile Combes se retrouve en mauvaise posture : le ministre de la Guerre, le général André, se retrouve sous le feu des critiques avec « l’affaire des Fiches » par lesquelles ils classent les officiers selon leurs convictions laïques avec le concours des francs-maçons.

Le 15 novembre, le général André démissionne ; puis, le 24 janvier 1905, c’est au tour d’Émile Combes. Quelques mois plus tard, les républicains purent enfin ébaucher une solution d'apaisement avecla séparation des Églises et de l’État.

Publié ou mis à jour le : 2021-05-31 04:04:56

 
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