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Arthur de Richemont (1393 - 1458)

Le connétable mal aimé


Arthur de Bretagne, comte de Richemont (collection Gaignières, BNF)Richemont est sans doute la plus méconnue des personnalités qui ont entouré le roi Charles VII et contribué au redressement de la France après le désastre d'Azincourt.

En qualité de connétable ou chef des armées, il a forgé la première armée permanente d'Europe et mis en place les conditions d'un sursaut militaire. Politique avisé, il a très tôt compris la nécessité de réconcilier le duc de Bourgogne et le roi de France pour chasser les Anglais du royaume.

Pourtant, la postérité ne lui a pas accordé la place d'honneur dont a bénéficié à la génération précédente Du Guesclin, un autre Breton qui fut  le connétable du roi Charles V le Sage, grand-père de Charles VII.

Sans doute la principale raison tient-elle à son naturel rude, triste et peu engageant. Richemont, qui avait au surplus vingt ans de plus que le roi, était mal aimé de celui-ci. L'autre raison tient sans doute à ce que la postérité a dévalorisé son rôle au profit d'une héroïne autrement plus romanesque, Jeanne d'Arc.

André Larané

Le miraculé d'Azincourt

Né le 24 août 1393 à Suscinio, sur le golfe de Vannes, Arthur de Richemont est le deuxième et dernier fils du duc de Bretagne Jean IV le Vaillant. À la fin de la guerre de succession de Bretagne, celui-ci s'est allié aux Anglais et a combattu Charles V et son compatriote Du Guesclin avant de rentrer dans le rang.

Au service du roi de France Charles VI, Arthur va se montrer tout aussi vaillant que son père. Le soir de la bataille d'Azincourt, les Anglais le retrouvent encore vivant sous un monceau de cadavres. 

Il est emmené en captivité en Angleterre avec le duc et poète Charles d'Orléans. Libéré bien avant ce dernier, il épouse Marguerite, soeur du duc de Bourgogne Philippe le Bon. C'est à 30 ans le premier de trois mariages qui, tous trois, le laisseront sans postérité.

Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, remarque l'énergique chevalier et convainc le «petit roi de Bourges» de lui remettre l'épée de connétable. C'est chose faite le 7 mars 1425.

Dans un premier temps, Richemont raccommode ses compatriotes bretons et son frère Jean V le Sage avec Charles VII. Il comprend par ailleurs la nécessité de réconcilier le duc de Bourgogne avec le roi de France pour enfin chasser les Anglais du royaume. 

Pour cela, il doit d'abord éloigner les conseillers du roi compromis dans l'assassinat de Jean sans Peur, au premier rang desquels Tanguy du Châtel et Jean Louvet. Le premier, par loyauté envers le souverain, accepte l'exil. Le second doit être chassé manu militari de même que quelques autres conseillers.

Richemont a plus de difficulté avec le chambellan Pierre de Giac, en charge des finances du royaume. Prévaricateur et vil, marié à une femme très riche, celui-ci s'oppose à la politique conciliatrice d'Yolande d'Aragon et du connétable. 

Une nuit enfin, Richemont le fait arrêter dans son lit, à Issoudun, avec la complicité du seigneur Georges de la Trémoille, un arriviste qui lorgne sur la fortune de l'épouse. Guillaume Gruel, écuyer du connétable et auteur d'une Histoire d'Artus III, duc de Bretagne, comte de Richemont, raconte : «Sa femme lors se leva toute nue et ce fut pour sauver la vesselle».

Après un procès vite expédié, Giac est enfermé dans un sac et jeté dans la Loire en présence de La Trémoille, lequel va pouvoir épouser sa veuve. Camus de Beaulieu, un autre conseiller,est tué à l'épée sous les fenêtres du souverain.

Le connétable commet alors l'erreur de proposer La Trémoille au roi comme nouveau chambellan. «Beau cousin, vous me le baillez mais vous en repentirez, car je le congnois mieux que vous», repartit Charles VII, pour une fois avisé.

Effectivement, l'ambitieux La Trémoille prend prétexte d'une déroute des troupes royales à Saint-James du Beuvron et de la défection du duc Jean V de Bretagne pour obtenir en 1427 le renvoi de son bienfaiteur. Cette traversée du désert  va durer six ans...

Un difficile retour en grâce

Le connétable ne va pas assister à l'arrivée de Jeanne d'Arc à Chinon. Mais ébloui par ses exploits au siège d'Orléans, il la rejoint aussitôt après à Beaugency avec 400 «lances» (environ 2400 hommes d'armes et 800 archers), au risque de se faire arrêter.

À la Pucelle, qui ne sait trop à quoi s'en tenir, il tient ces belles paroles : «Jeanne, on m'a dit que vous me voulez combattre ; je ne sçay si vous estes de par Dieu ou non. Si vous estes de par Dieu, je ne vous crains en rien, car Dieu sait mon bon vouloir ; si vous estes de par le diable, je vous crains encore moins».

Quelques jours plus tard, Richemont s'illustre à la bataille de Patay avec ses Bretons mais, au désespoir de Jeanne, il n'obtient pas du roi la permission de le suivre à Reims et au-delà. Deux ans plus tard, La Trémoille trahit Jeanne d'Arc. Il la laisse choir à Compiègne et dissuade le roi de la racheter aux Anglais. 

En 1433, à Chinon, après un simulacre de réconciliation avec son rival, Richemont le fait enlever dans son lit. Charles VII se résout à se séparer de son chambellan et rétablit Richemont dans sa charge de connétable.

La situation du royaume n'est guère meilleure que six ans plus tôt mais sur le plan militaire, l'espoir a changé de camp. Richemont relance le combat contre les Anglais. Mais plus important encore, il obtient par le traité d'Arras la réconciliation entre les cousins ennemis, le roi de France et le duc de Bourgogne.  

Dès lors, la reconquête s'accélère. Et dans le même temps, Charles VII se dote d'un impôt permanent pour la «taille des lances» qui lui permet de financer des compagnies d'ordonnances. C'en est fini des ravages commis par les mercenaires sans emploi, les Ecorcheurs.

Le connétable doit dans la foulée réprimer la «Pragueri, une révolte suscitée par la réforme fiscale et qui réunit quelques nobles de haute volée dont son propre frère, le duc de Bretagne Jean V, et son ancien rival, l'ineffable La Trémoille.

Le 15 avril 1450, il prend part à la victoire de Formigny sur les Anglais qui met pratiquement fin à la guerre de Cent Ans.

Quelques années plus tard, ses deux neveux étant morts sans héritiers, Richemont devient le duc de Bretagne Artus III mais ne jouira de son duché qu'une année, jusqu'à sa mort le 28 décembre 1458. Son neveu et successeur François II sera le dernier duc de Bretagne.

Publié ou mis à jour le : 2013-04-08 12:44:02

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