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1208 à 1244

La croisade contre les Albigeois


Au milieu du XIIe siècle, tandis que le Bassin parisien donne naissance à l'art gothique et qu'une foi catholique, ardente et profonde s'épanouit en Europe, le Midi toulousain est atteint par une hérésie religieuse tout aussi ardente, le catharisme.

André Larané

Le pape Innocent III excommunie les Albigeois (à gauche), Simon de Montfort (à droite) (miniature, Grandes Chroniques de France, XIVe siècle, British Library, Londres)

Croisade et ruine du Midi

Saint Dominique de Guzman échoue à ramener les hérétiques à la foi catholique. Le pape Innocent III décide en désespoir de cause de recourir à la force.

Le légat pontifical tente de convaincre le comte Raimon VI de Toulouse de prendre la tête d'une expédition contre les cathares, aussi appelés «Albigeois»

Mais le comte de Toulouse, qui descend du fameux Raimon IV de Saint-Gilles, chef de la première croisade en Terre Sainte, refuse net de combattre ses propres sujets. Il s'ensuit une dispute, l'excommunication du comte, le départ du légat pontifical et de son escorte, enfin son assassinat ! Ce drame de trop entraîne le pape à lancer l'appel à la croisade sans oublier de canoniser son légat. L'expédition porte officiellement le nom d'«Affaire de la Paix et de la Foi» (en latin, negotium pacis et fidei).

C'est la première fois qu'une croisade est dirigée contre des gens qui se réclament du Christ. Mais cet aspect ne gêne pas les contemporains tant il est vrai que l'hérésie cathare ne saurait être tolérée.

Le roi Philippe Auguste préfère se tenir en réserve. En bon politique, il ne veut pas altérer son image dans une guerre contre des gens qui sont formellement ses sujets. Il désapprouve aussi l'intervention du pape dans une affaire intérieure à la France et le fait savoir. Mais il ne s'oppose pas à ce que l'abbé Guy des Vaux-de-Cernay démarche les seigneurs d'île-de-France.

L'expédition réunit un certain nombre de ces seigneurs ainsi que le comte de Toulouse, par opportunisme. Elle est placée sous le haut commandement de l'abbé Arnaud-Amalric, qui n'est autre que le chef du puissant ordre monastique de Cîteaux. Les opérations militaires débutent par le sac de Béziers et le massacre de sa population, le 22 juillet 1209.

Le jeune vicomte de la région, Raimon-Roger de Trencavel, se livre à la merci des vainqueurs pour obtenir la vie sauve de ses sujets.

Tandis que les principaux seigneurs choisissent de s'en retourner chez eux une fois achevée leur «quarantaine»(le service militaire de quarante jours auquel ils se sont engagés en se croisant), c'est un modeste seigneur d'île-de-France, Simon de Montfort, qui devient le chef militaire de l'expédition aux côtés du légat pontifical Arnauld-Amalric. Il dispose en tout et pour tout d'une trentaine de fidèles, récompensés par les terres des vaincus, et de quelques milliers de soldats.

Face à lui sont les hérétiques et, plus grave que tout, de nombreux seigneurs locaux qui entrent en résistance après avoir été dépossédés de leurs biens et avoir fait mine de se soumettre. On les appelle «faidits» ou «faydits», d'après un mot de la langue d'oc qui désigne des fuyards ou des dépossédés.

La guerre devient inexpiable. Bûchers et massacres se multiplient. Le paroxysme est atteint avec le siège de Lavaur, près de Castres. Les 80 défenseurs sont pendus et la dame de Lavaur, bonne catholique, livrée aux soudards avant d'être jetée dans un puits. Un bûcher reçoit les quatre cents Bonshommes et Bonnes femmes de la petite ville qui ont refusé de renier leur foi. C'est le plus grand bûcher de toute la croisade.

Simon de Montfort se tourne enfin contre Raimon VI, qui a abandonné et trahi ses vassaux et se retrouve isolé...

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Publié ou mis à jour le : 2018-04-24 17:50:54

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Primo (05-12-201309:19:21)

"Les élites urbaines renoncent à la langue d'oc (ou «occitane» selon le terme mis à la mode au XXe siècle) et adoptent d'elles-mêmes la langue française (ou langue d'oïl) dès le XIVe siècle."
Et la langue d'oc de n'être plus qu'une langue de paysans arriérés, et ce dès le XIVème siècle!!! Mais que dire des Leys d'amor (1323) fondées par des élites urbaines de Toulouse pourtant! Et des oeuvres de Godolin, Larade, Ader, D'Astros au XVIIème siècle ???
Ce commentaire lap... Lire la suite


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