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Quel roi de France a été assassiné ? Réponse
Dès leur prise de pouvoir en 1933, après l'incendie du Reichstag, les nazis ouvrent des camps de concentration à l'usage des opposants politiques et des gêneurs de toutes sortes (homosexuels, handicapés, juifs, tziganes,...).
«Cessez enfin de répéter qu'Auschwitz ne s'explique pas, qu'Auschwitz est le fruit de forces irrationnelles, inconcevables pour la raison, parce que le mal a toujours une explication rationnelle. Écoutez-moi bien, ce qui est réellement irrationnel et qui n'a pas vraiment d'explication, ce n'est pas le mal, au contraire : c'est le bien.»
Imre Kertész, écrivain hongrois, déporté à Auschwitz en 1944, prix Nobel de Littérature 2002, Kaddis a meg nem született gyermekért (Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas)
Un total de cinq camps sont construits dans les années 1930. Le premier de ces Konzentrazionslager ou KZ est Dachau, aux portes de Munich. Viennent ensuite Orianienburg-Sachsenhausen, Buchenwald, Flossenbürg, Gurs, Ravensbrück (réservé aux femmes) et Mauthausen, en Autriche. En 1939, l'ensemble de ces camps compte 25.000 détenus, essentiellement des opposants politiques.
Les camps sont placés sous l'autorité des SS, la garde prétorienne aux ordres de Heinrich Himmler. Le 10 avril 1934, celui-ci prend aussi le commandement de la sinistre Gestapo (abréviation de Geheime Staatspolizei, police secrète d'État). Par la loi du 25 janvier 1938, l'envoi dans les camps ne relève plus des tribunaux mais de la seule responsabilité des SS eux-mêmes.
Le Reichsfürer des SS Himmler et son adjoint Reinhard Heydrich, chef des services de sécurité vont ainsi constituer un État dans l'État et étendre l'appareil répressif au-delà de l'imaginable, avec bien sûr l'aval de Hitler.
Avec la guerre et la multiplication des actes de résistance, les camps se multiplient dans les territoires occupés et sont transformés en camp de travail forcé. Le 7 décembre 1941, l'ordonnance «Nacht und Nebel» (Nuit et Brouillard) autorise la Gestapo à s'emparer de tout individu accusé d'atteinte à la sûreté de l'État et à le faire disparaître d'une façon ou d'une autre.
Dans les premiers mois de 1942, la répression change de dimension et surtout se concentre sur les Juifs.
Les nazis ont décidé en effet en novembre 1941 d'exterminer les Juifs européens à défaut de pouvoir les chasser hors du Vieux Continent (le massacre a commencé de façon empirique dès 1940 en Pologne avant de s'intensifier en juin 1941, lors de l'invasion de l'URSS).
Ils aménagent dans ce but un gigantesque ensemble de camps de travail et de camps d'extermination en Pologne méridionale, dans un triangle constitué par Treblinka, Chelmno, Sobibor, Belzec et surtout Auschwitz (aujourd'hui Oswiecim).
Les victimes proviennent de toute l'Europe occupée par les Allemands, soit qu'elles ont été «raflées» dans les pays de l'Ouest dont la France, soit qu'elles ont échappé à la famine dans les ghettos d'Europe centrale ou aux exécutions de masse par les Einsatzgruppen en URSS. Elles sont d'abord internées dans des camps de transit puis transportées par voie ferrée vers les camps de la mort.
Sur place, elles sont triées. D'un côté celles qui sont en état de travailler, de l'autre celles qui n'en sont plus capables. Celles-là sont contraintes de se dévêtir et immédiatement dirigées vers des douches collectives sous prétexte de désinfection. En fait de douches, il s'agit de chambres à gaz où les malheureux périssent en quelques minutes sous l'effet d'un gaz mortel, le Zyklon B. Les cadavres sont ensuite incinérés dans des fours crématoires, voire à l'air libre lorsque les fours sont saturés.
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Les nazis ouvrent les premiers camps de concentration en 1933, dès leur prise de pouvoir, à l'intention de leurs opposants politiques.
En 1940 apparaissent les ghettos et en 1941 les camps d'extermination. Ceux-là sont avant tout destinés aux Juifs...
Auschwitz a pris une place centrale dans l'histoire de la Shoah, au point de fausser la vision que l'on peut en avoir.
Au commencement, en 1941, une prison est aménagée à Auschwitz pour les résistants polonais dans une ancienne caserne. Ce premier camp de concentration (Auschwitz I) reçoit plus tard des prisonniers de guerre soviétiques puis pour l'essentiel des Juifs.
En 1942, une extension, avec des baraquements en bois (Auschwitz II), est réalisée près du village de Birkenau. Là sont amenés les déportés destinés à une mort immédiate. Ils sont au début, comme dans les autres camps d'extermination, asphyxiés par les gaz d'échappement d'un camion...
Un troisième camp (Auschwitz III) reçoit, comme Auschwitz I, les prisonniers destinés au travail forcé. La plupart sont affectés dans une usine chimique voisine de la firme IG Farben.
Le premier commandant de cet ensemble concentrationnaire, le lieutenant-colonel SS Rudolf Hoess, a l'idée de remplacer à Birkenau le gaz d'échappement par du Zyklon B, un insecticide à base d'acide cyanhydrique. Il s'agit de cristaux verts qui se gazéifient spontanément au contact de l'air !
Dans le courant de l'année 1942, il fait construire quatre chambres à gaz capables de contenir chacune 2.000 victimes. Un industriel lui fournit autant de fours crématoires pour brûler au plus vite les cadavres de déportés. Ces fours doivent tout à la fois éliminer les corps, qui étaient au début ensevelis dans des fosses communes, et lutter contre une épidémie de typhus qui sévit dans le camp et affecte les gardiens autant que les déportés.
Du fait de ces équipements surdimensionnés qu'il faut bien utiliser, Auschwitz devient à partir du printemps 1943 le principal lieu d'extermination des Juifs (alors qu'environ 80% des victimes de la Shoah ont déjà été tuées). Vers Auschwitz vont être envoyés en particulier les déportés français, à partir du camp de transit de Drancy, au nord de Paris.
Auschwitz connaît une pointe d'activité à la fin de la guerre, avec l'extermination précipitée de 400.000 Juifs de Hongrie. Dans le camp, où sévissent 3.000 SS, on arrive en 1944 à exterminer et brûler les malheureux au rythme de 6.000 par jour. Un médecin diabolique, Josef Mengele, se rend par ailleurs célèbre en pratiquant des expériences insoutenables sur les déportés à des fins scientifiques.
En définitive, Auschwitz apparaît comme le seul camp où l'extermination est pratiquée de façon industrielle.
À leur arrivée, les convois de déportés font l'objet d'une sélection : les uns, généralement les moins valides, sont immédiatement gazés et leurs cadavres brûlés ; les autres sont envoyés aux travaux forcés dans les chantiers ou les usines du complexe, après avoir été tatoués. Notons qu'Auschwitz est aussi le seul camp où les déportés destinés aux travaux forcés ont le bras tatoué du matricule qui deviendra leur seule identité officielle.
Environ un million de Juifs sont morts à Auschwitz-Birkenau, auxquels s'ajoutent environ 400.000 non-Juifs. Treblinka, l'autre grand camp d'extermination a coûté la vie à 900.000 à un million de Juifs.
Dans les camps, les nazis font en sorte d'éviter les révoltes en berçant leurs victimes d'illusions sur leur sort futur, jusqu'à l'entrée des chambres à gaz ou jusqu'au bord des fosses. On a toutefois gardé le souvenir de plusieurs révoltes de désespoir...
Le 2 août 1943, les détenus juifs du camp de Treblinka, craignant d'être assassinés avant le démantèlement du camp, se révoltent et incendient le camp. 300 s'échappent. La plupart sont repris et fusillés. Le 14 octobre 1943, les 600 prisonniers juifs du camp de travail de Sobibor réalisent qu'ils vont être gazés. Ils se révoltent et tuent de nombreux gardes allemands et ukrainiens. Sur 300 qui réussissent à s'échapper, plus de 100 sont repris et fusillés.
Deux juifs slovaques, Rudolf Urba et Alfred Wetzler, s'évadent de Birkenau le 7 avril 1944. À Brastislava, ils font un rapport détaillé sur le processus d'extermination. Malgré ces informations et d'autres, plus éparses, plus anciennes, l'opinion mondiale demeure aveugle sur le drame qui se joue en Europe centrale.
La surprise est totale quand, le 27 janvier 1945, poussant devant elle la Wehrmacht, l'avant-garde de l'Armée rouge soviétique entre dans les camps d'Auschwitz-Birkenau. Elle découvre 7.000 détenus survivants et la réalité de l'Holocauste.
Les journaux du lendemain restent néanmoins muets sur cet événement... Dans la plus grande partie de l'Europe, les gens sont encore tout à la joie d'avoir été débarrassés du nazisme. L'opinion publique mondiale ne prendra la mesure de la tragédie que bien plus tard, après la fin de la Seconde Guerre mondiale...





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