Énigmatique Jérôme Bosch ! - Le peintre des au-delà - Herodote.net

Énigmatique Jérôme Bosch !

Le peintre des au-delà

Publié ou mis à jour le : 2018-02-04 18:26:11

500 ans après sa mort aux Pays-Bas, le peintre Jérôme (Hieronymus) Bosch n'a pas fini de déconcerter les experts et de faire rire les enfants.

Il faudra encore bien des années pour comprendre toutes les diableries de son univers malicieux, où les références bibliques se mêlent aux peurs de la Renaissance.

Entrons dans ses tableaux pour essayer d'en savoir plus sur cet homme mystérieux, à la vie banale et à l'œuvre géniale.

Isabelle Grégor
Une plongée dans le Jardin des délices

Le mystère Jérôme Bosch« Le Mystère Jérôme Bosch » (2016) est un étonnant documentaire de l'Espagnol José Luis Lopez-Linares sur le peintre et son oeuvre la plus célèbre, au Prado (Madrid). La caméra nous fait découvrir en gros plan ce que nous ne pourrions voir par nous-mêmes.

Le triptyque, entre paradis, purgatoire et enfer, nous révèle une multitude d'histoires humaines et c'est une découverte de près d'une heure et demie qui vaut un voyage dans l'espace...

Jérôme Bosch, détails du Jardin des délices, 1503, Madrid, musée du Prado

Une affaire de famille

Chez les Van Aken, originaires d'Aix-la-Chapelle (« Aken » en néerlandais), la peinture est dans les gènes. Après Ian, miniaturiste, ce sont ses trois fils qui se font une réputation dans cet art.

En 1462, Anthonius installe son atelier sur la place centrale de Bois-le-Duc (Hertogenbosch), chef-lieu d'une des provinces du sud des Pays-Bas. La troisième génération, Goessen et son jeune frère Jérôme, né vers 1450, se forment dans cette ville.

Cornelis Cort, Portrait de Hieronymus Bosch, vers 1572, dans Dom[inicus] Lampsonius, Les Effigies des peintres célèbres des Pays-Bas, vers 1572Le futur Bosch acquiert les bases de son art auprès de son père avec lequel il s'associe dans les années 1474-1476 avant de quitter la ville pendant quatre ans, certainement pour parfaire son éducation aux côtés d'autres maîtres.

À son retour, il épouse Aleid, une riche bourgeoise qui lui apporte argent et reconnaissance sociale. Elle lui ouvre notamment en 1486 les portes de l'Illustre Confrérie Notre-Dame dont il devient membre juré 2 ans plus tard, malgré sa jeunesse, honneur qu'il doit certainement à sa grande culture.

On doit donc imaginer un Bosch tonsuré et portant le costume de bure de l'organisation. Respectueux des usages, l'artiste participe aux « banquets des cygnes » et n'hésite pas à recevoir chez lui les membres de la confrérie, nouant ainsi des liens avec les plus hauts notables de la région.

Les conséquences ne se font pas attendre : c’est vers lui que se tourne la société vouée à Marie pour commander les œuvres religieuses qui enrichiront le patrimoine de la ville, tandis que les gens fortunés commencent à s'échanger son adresse.

Registre de la confrérie de Notre-Dame : inscription de Jérôme Bosch parmi les nouveaux membres, 1486, Brabants Historisch Informatie Centrum, Bois-le-Duc.

Le maître tranquille

Il est donc temps de prendre son envol : après la mort de son père puis de son frère, Jérôme Van Aken se retrouve à la tête d'un atelier qui commence à jouir d'une belle réputation : les commandes prestigieuses arrivent.

En 1504, le prince Philippe le Beau, fils de l'empereur Maximilien, lui demande « un grant tableau […] oudoist estre le jugement de dieu assavoir paradis et enfer. » Cette œuvre marque un tournant : y figurent déjà les thèmes principaux de sa peinture, paradis et enfer, mais elle est signée Bosch (« le bois »), hommage à sa ville natale, Hertogenbosch.

Tout en participant à la mise en scène de pièces de théâtre religieuses pour la confrérie, les mystères, le peintre continue à bâtir son œuvre faite de tableaux, mais aussi de vitraux et même d'esquisses pour la réalisation de chasubles et d’objets liturgiques.

Ses clients se composent alors de riches donateurs qui raffolent de se voir en peinture et d'aristocrates espagnols qui multiplient les échanges commerciaux et politiques avec les Pays-Bas.

L'Espagne doit à Philippe II, fils de Charles Quint, de conserver plusieurs tableaux de Bosch. S’étant entiché du peintre, le souverain a ramené dans son pays plusieurs de ses œuvres, dont Le Jardin des délices commandé par son grand-père Philippe le Beau.

Après une vie sans remous, Bosch s’éteint à Bois-le-Duc vers 1516. Sur le registre de décès, à côté de son nom est mentionné insignis pictor (« peintre célèbre »). Sa gloire naissante est déjà à l’œuvre. Elle lui fera traverser les siècles jusqu’à nous.


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