Légion d'Honneur - Un outil d'influence pas toujours mérité - Herodote.net

Légion d'Honneur

Un outil d'influence pas toujours mérité

Créé par Napoléon Bonaparte le 19 mai 1802, l’Ordre national de la Légion d’Honneur s’est substitué aux récompenses de l’Ancien Régime. Ce « hochet » est très vite devenu l’une des décorations les plus prestigieuses de la planète.

Les heureux récipiendaires reçoivent la Légion d'honneur en récompense de leurs mérites supposés et parfois pour des raisons inavouables. Mais il arrive que l'appréciation de ces mérites et de ces raisons évolue avec le temps au point que l'État en vienne à regretter l'octroi de cette décoration...

On l'a vu en 2017 quand le « légionnaire » Harvey Weinstein a été accusé de viols par le milieu hollywoodien et en 2018, quand les médias ont rappelé que Bachar al-Assad avait été lui-même honoré par le président Jacques Chirac du temps où la dictature syrienne était dans les bonnes grâces de la France et du camp atlantique.

La radiation, une sanction symbolique et rare

Bachar al-Assad et le président Chirac (DR)La radiation de l’ordre de la Légion d’honneur reste cependant exceptionnelle. Elle est automatique en cas de condamnation à une peine d’au moins un an de prison ferme.

C’est ce qui est par exemple arrivé à Philippe Pétain, décoré grand-croix (grade le plus prestigieux de la Légion d’honneur), lorsqu’il fut condamné à mort en 1945, ou bien à Maurice Papon, fait commandeur par le général de Gaulle en 1961, à la suite de sa condamnation en 1998 à dix ans de prison pour complicité de crime contre l'humanité.

Mais il est également possible de retirer une décoration si on juge que le récipiendaire a commis un acte « contraire à l’honneur ». Parce que ce motif demeure subjectif, la radiation est très rarement appliquée et ne survient qu’à la suite d’un scandale retentissant.

L’un des plus vieux précédents remonte à 1922, date de la publication du roman licencieux La Garçonne (vendu à 1 million d’exemplaires !) et qui valut à son auteur, l’écrivain Victor Margueritte, une radiation de l’ordre de la Légion d’honneur.

Depuis 2010, les étrangers peuvent aussi se voir retirer la décoration à partir d’un simple décret présidentiel. Plusieurs récipiendaires en ont déjà fait les frais tels le couturier britannique John Galliano, radié à la suite de propos antisémites ou encore le cycliste américain Lance Armstrong, reconnu coupable de dopage.

Le cas du président syrien Bachar el-Assad, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques sur des populations civiles, est cependant différent. En effet, les décorations de chefs d’État n’ont pas pour but d’honorer les mérites personnels d’un dignitaire mais sont utilisées pour entretenir de bonnes relations avec son pays.

La République française ne s’est jamais gênée de décorer des dictateurs, chaque fois qu’elle estimait que c’était dans ses intérêts. Benito Mussolini fut ainsi élevé grand-croix de la Légion d’honneur en 1923 sur décision du président Alexandre Millerand.

Sous la Cinquième République, une multitude d’autocrates ont eu droit au ruban rouge. De Gaulle a ainsi décoré Nicolae Ceausescu, Valéry Giscard d’Estaing a fait de même pour Hafez el-Assad et Mitterrand pour Ben Ali et Manuel Noriega. (...)

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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