Osiris, Thot et compagnie - Les divinités bien vivantes de l'Égypte - Herodote.net

Osiris, Thot et compagnie

Les divinités bien vivantes de l'Égypte

En Égypte, ils étaient partout : sur les parois des tombes et des palais, au milieu des villes et du désert, sur la vaisselle des pauvres et les papyrus des puissants. Et depuis quelques années, les archéologues les récupèrent même au fond de la mer !

D'où viennent donc ces dieux qui ont tant fait pour nourrir notre fascination pour la civilisation égyptienne ?

Pendentif en forme de scarabée, musée du Caire, photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net

Avant les dieux... déjà des dieux !

Horus et ses amis sont le fruit d'une longue évolution qui remonte bien avant l'arrivée des pharaons.

Figurine féminine, Ma'mariya, art nagada (vers 3 600 av. J.-c.), New York, Brooklyn museumOn a en effet trouvé de petites figurines déposées dans les tombes de Nagada (Haute-Égypte), dès 3 500 av. J.-C., qui témoignent sans aucun doute de l'existence de rituels religieux.

Elles consistent en de délicates représentations de femmes mais surtout d'animaux, comme le bélier et la vache : voici les ancêtres de Khnoum et d'Hathor !

Ces divinités s'inspirent de l'univers animalier qui fait le quotidien des habitants, et sont certainement liées à des pratiques magiques, comme le montre l'abondance des amulettes.

Longtemps nomade, ce peuple va petit à petit se sédentariser sur les bords du Nil, sous l'effet de la désertification du Sahara.

La création d'un État centralisé autour des premiers souverains va permettre d'organiser toutes les croyances locales : disposant désormais de l'écriture (vers 3 000 av. J.-C.), les scribes, qui sont aussi prêtres, recueillent et développent les rituels afin de célébrer la gloire du pharaon.

L'armée des dieux est en marche pour une durée de plus de 3 000 ans !

« Les plus religieux de tous les hommes » (Hérodote)

Le voyageur grec Hérodote, qui visita l'Égypte au Ve s. av. J.-C., n'a pu cacher son étonnement face à la force des croyances des Égyptiens. Il est vrai que l'on y compte des centaines de divinités, honorées dans les innombrables temples qui couvrent le pays. Pour un voyageur, quel éblouissement !

La religion officielle ne fait en effet pas les choses à moitié : c'est au pharaon, médiateur entre les dieux ses aïeux et son peuple, de célébrer le culte et de diriger les grandes fêtes. Plus le rituel est grandiose, plus les divinités sont contentes et donc mieux fonctionne l'univers !

Mais, comme tout le monde n'a pas le privilège de faire partie de la troupe des prêtres qui, seuls, peuvent pénétrer dans les sanctuaires, le reste de la population doit se contenter de petits temples pour déposer des offrandes, interroger les oracles ou remercier le dieu qui a puni un ennemi.

Pour le reste de la journée on fait confiance à de petits porte-bonheur en forme par exemple de scarabées sur lesquels sont gravés des principes simples, comme : « Tous les événements sont dans la main de Dieu » ou « La sérénité vaut mieux que la colère ».

Prêtre en prière, IXe s. av. J.-C., Paris, musée du Louvre

Une grande famille… un peu fouillis !

Soyons clair : il est impossible de présenter en quelques mots l'ensemble des dieux égyptiens...

Osiris, Anubis et Horus, tombe d'Horemhed, Thèbes, vers 1290 av. J.-C.Non seulement ils sont particulièrement nombreux, mais ils peuvent avoir chacun plusieurs noms et apparences.

Si tous les Égyptiens acceptent l'idée de « netjer », de divinité, il est impressionnant de voir les formes infinies que celle-ci peut prendre suivant les époques, les régions, les groupes de métier...

Regroupées en famille hiérarchisée avec un chef, une épouse, des enfants, les dieux sont représentés sous forme humaine (et donc habillés), animale ou selon un habile mélange des deux.

À noter qu'ils ne sont pas éternels, à l'exception d'Osiris qui ressuscita d'entre les morts.

Découvrons les principaux représentants des dieux communs à tout le pays (...).


L'auteur : Isabelle Grégor

Isabelle Grégor

Isabelle Grégor a obtenu un doctorat de Lettres modernes avec une thèse consacrée au récit de voyage de Bougainville. Cette thèse a donné lieu à des publications, par exemple dans la Revue d'Histoire maritime, et à des conférences dans des colloques scientifiques.

Notre collaboratrice a également passé avec succès le concours de CAPES en 2008 et enseigne les lettres dans un lycée de Poitou-Charentes.

Publié ou mis à jour le : 2019-03-22 10:28:51

 
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