Arménie - Le premier État chrétien - Herodote.net

Arménie

Le premier État chrétien

Le drapeau de l'ArménieL'Arménie actuelle est un petit État du Caucase au territoire accidenté et enclavé, dominé de partout ou presque par le mont Ararat (5000 mètres, dans la Turquie voisine), là où, selon la tradition, se serait échouée l'arche de Noé. 

La république d'Arménie couvre un territoire de 30 000 km2 (la superficie de la Belgique ou de la Bretagne), beaucoup plus limité que l'Arménie historique qui s'étendait sur des terres aujourd'hui turques et iraniennes. Elle a une population déclinante de 3 millions d'habitants, non compris une diaspora au moins deux fois plus nombreuse (Russie, États-Unis, Iran, France...).

André Larané
Église arménienne au pied du mont Ararat (DR)

Entre les Parthes et les Romains

À la fin du IIe millénaire av. J.-C., le pays, sous la forme du royaume de Van ou Ourartou, constitue autour du lac de Van (Anatolie orientale) une civilisation avancée, pourvue d'une écriture, de forteresses, d'un système d'irrigation et d'artisans travaillant avec talent l'or, l'argent et le bronze.

Il est ensuite envahi par des Indo-Européens qui lui donnent son nom actuel (en langue arménienne, Haik). L'Arménie est vassale des Mèdes, puis des Perses, enfin conquise par Alexandre le Grand. Elle tombe sous l'emprise de la dynastie séleucide, issue d'un général d'Alexandre le Grand. En 189 av. J.-C., Artaxias et Zariadris, deux généraux du souverain séleucide Antiochos III, fondent respectivement les royaumes de Grande et Petite Arménie.

Tigrane II le Grand, roi d'Arménie (vers 140 av. J.-C. ; 55 av. J.-C.)La Petite Arménie est conquise par les Romains cependant que l'autre conserve son indépendance autour de sa capitale Artaxate (aujourd'hui Artachat, en Arménie, près d'Érévan).

Vers 90 av. J.-C., le roi Tigrane le Grand, lié à la dynastie parthe des Arsacides, refait l'unité de l'Arménie et forme un éphémère empire en haute Mésopotamie, entre les Parthes et les Romains.

Ce succès est éphémère.

En 66 av. J.-C., Tigrane II doit faire allégeance à Rome. L'Arménie devient vassale de Rome tout en conservant sa culture.

Officiellement chrétienne dès 301

Le pays se convertit au christianisme dès la fin du IIIe siècle, à l'initiative de saint Grégoire l'Illuminateur. Il devient de ce fait, bien avant Rome, le premier État à l'adopter comme religion officielle ! 

À la même époque, à Rome, l'empereur Constantin en est encore à seulement légaliser la nouvelle religion, laquelle compte tout au plus 10% de fidèles dans tout l'empire. 

L'Arménie se donne un alphabet national et entreprend la traduction de la Bible. Mais cent cinquante ans plus tard, elle rejette les décisions du concile de Chalcédoine et fonde une église autocéphale monophysite (autonome), dite église apostolique arménienne ou église grégorienne !

Le royaume tombe en 636 sous la domination arabe sans perdre son autonomie. En 885, le rejeton d'une noble famille arménienne relève même le titre de roi sous le nom d'Achod 1er et fonde la dynastie des Bagratides.

Après l'An Mil, le royaume est mêlé aux guerres entre Byzantins, Turcs et croisés. Des Arméniens s'enfuient vers l'Ouest, et notamment en Cilicie, au sud de l'Asie mineure où un descendant des Bagratides fonde un royaume de Petite-Arménie, allié aux croisés francs. Le dernier roi, Léon VI de Lusignan, est capturé par les Turcs en 1375 et va finir ses jours à Paris.

Au XVIe siècle enfin, les territoires arméniens sont partagés entre empire perse et empire ottoman. La partie caucasienne tombe en 1828 dans l'escarcelle du tsar, qui s'érige en protecteur des Arméniens.

En 1915 survient le moment le plus dramatique de cette longue Histoire. Le génocide perpétré par le pouvoir turc va coûter la vie à environ 1,2 à 1,5 million d'Arméniens. Tandis que les survivants d'Anatolie s'enfuient vers l'Ouest, les Arméniens du Caucase, protégés par les Russes, proclament la république indépendante d'Arménie le 28 mai 1918, avec pour capitale Érévan. Mais celle-ci est dès 1922 intégrée à l'URSS.

Elle n'accède à nouveau à l'indépendance que le 21 septembre 1991, au moment de la dissolution de l'URSS.

La question du statut de la région du Haut-Karabakh, peuplée majoritairement d'Arméniens mais rattachée à l'Azerbaïdjan dans les années 1920 et contrôlée par l'Arménie depuis 1994, continue à empoisonner ses relations avec son voisin oriental cependant que le refus obstiné de la Turquie de reconnaître le caractère génocidaire des massacres de 1915 empêche toute réconciliation entre les deux États.


Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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