Mai 2007 - Les années Chirac (1974-2007) - Herodote.net

Mai 2007

Les années Chirac (1974-2007)

Jacques Chirac a dominé la vie politique française pendant plus de trente ans, comme Premier ministre, chef de l'opposition, président de la République... ou chef de l'opposition.

Quatre fois dans ces trois décennies, il a pris le pouvoir dans des conditions très favorables pour la droite. Jamais il n'a réussi à le conserver plus de deux ans, laissant chaque fois le pays désemparé et la droite éreintée (note). Ce fut d'abord comme Premier ministre de Giscard d'Estaing (1974-1976) et de François Mitterrand (1986-1988), puis comme Président de la République en 1995 et 2002. La sévère défaite de son camp aux élections législatives de 1997 puis aux élections régionales des 21 et 28 mars 2004 et au référendum du 29 mai 2005 sont venues confirmer la « loi des deux ans ».

Il n'empêche que, dans ce laps de temps, par ses réformes, ses discours... et ses échecs, il a profondément marqué le pays de son empreinte, davantage sans doute que ses principaux comparses et rivaux, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. Du premier, on retient surtout la sortie télévisée au soir de sa défaite, le 19 mai 1981. Du second, l'abolition de la peine de mort. Examinons de plus près le cas Chirac.

Joseph Savès

Homme de contact

Né à Paris, fils unique d'un couple aisé d'origine corrézienne, Jacques Chirac témoigne dès l'adolescence d'un goût pour les cultures diverses. Il fréquente dès 14 ans les salles du musée Guimet, haut lieu parisien des arts orientaux. De ce jardin secret sortira en 2006 le musée des arts premiers du quai Branly - Jacques Chirac.

Après le bac, contre l'avis de son père, le jeune homme s'engage comme pilotin sur un navire charbonnier et navigue de Dunkerque à Alger. Il milite aussi un moment dans le parti communiste et vend L'Humanité à la criée. Il prend enfin une année sabbatique aux États-Unis, dont il retient surtout les travers sociaux.

Admis à l'École Nationale d'Administration (ENA), il révèle déjà ses talents de séduction et une incomparable chaleur humaine qui s'adresse aux humbles bien davantage qu'aux puissants. À l'issue de la scolarité, l'huissier de l'ENA doit selon la coutume annoncer le nom du major de la promotion (et lui seul) mais, gagné par son amitié pour le jeune Jacques, il ne peut s'empêcher de lancer  : « Monsieur Rouvillois est major... et Monsieur Chirac est seizième ! » (note).

Le 16 mars 1956, il épouse Bernadette Chodron de Courcel, une jeune fille de la haute bourgeoisie rencontrée à Sciences Po. Le couple aura deux filles, Laurence et Claude...

En attendant, dès le 1er avril 1956, le jeune marié se porte volontaire pour l'Algérie, où il est promu lieutenant dans un régiment des chasseurs d'Afrique. Bien plus tard, le président Bouteflika lui rendra hommage lors d'un voyage officiel en Algérie en rapportant les souvenirs d'un chef du FLN sur son comportement plein de dignité à l'égard des populations musulmanes.

En 1962, le jeune énarque de 24 ans entre au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, dont il devient l'un des plus solides soutiens et lui vaut le surnom de « bulldozer ». En 1965, il fait une entrée timide dans l'arène politique comme conseiller général de la Corrèze. En 1967 enfin, il arrache à l'opposition le siège de député d'Ussel, en Corrèze. Il ne le lâchera plus.

Ce succès lui vaut d'entrer au gouvernement le 8 mai 1967 comme secrétaire d'État à l'Emploi. Il crée l'Agence Nationale pour l'Emploi (ancêtre de Pôle Emploi) et participe aux négociations de Grenelle avec les syndicats à l'issue des événements de Mai 68.

Retour en arrière

1) 1974-1976

Le président Georges Pompidou et Jacques Chirac (DR)Jacques Chirac se fait connaître comme ministre de l'agriculture sous la présidence de Georges Pompidou et révèle à ce poste un talent exceptionnel pour séduire sa clientèle d'agriculteurs par de fortes paroles et des cadeaux. Il ne se départira plus jamais de ce talent.

Profondément ému par la mort du président, le 2 avril 1974, il convainc une partie de ses amis de l'UDR, le parti gaulliste, de soutenir le centriste Valéry Giscard d'Estaing contre le candidat de leur propre parti, Jacques Chaban-Delmas. C'est l'« Appel des 43 ».

Cette trahison lui vaut d'être nommé Premier ministre le 27 mai 1974 par le nouveau président de la République. Il a 42 ans et le président 48. Le rajeunissement va-t-il s'étendre aux structures politiques ?

Tandis que l'Europe des « Trente Glorieuses » est frappée par la crise économique née du choc pétrolier d'octobre 1973, Valéry Giscard d'Estaing et son Premier ministre mènent tambour battant une politique de relance hardie : les contemporains se souviennent de l'indemnisation des chômeurs à 90% de leur ancien salaire ou encore de la réouverture des mines de charbon avec recrutement de mineurs au Maroc ! Il s'ensuit un dérapage des comptes publics. En 1975, pour la première fois depuis de nombreuses années, le budget de l'État français passe dans le rouge. Depuis lors, il n'a cessé d'être déficitaire.

Le Premier ministre soutient, contre son propre parti, les mesures sociétales du président Giscard d'Estaing et facilite leur adoption : droit de vote à 18 ans, légalisation de l'avortement, collège unique, divorce par consentement mutuel...

Publié ou mis à jour le : 2019-09-19 11:07:50

 
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