Le discours d'un roi

Un roi contre le bgaiement

7 fvrier 2011 : nous avons vu Le discours d'un roi, un film britannique tout fait intressant, mme si ce n'est pas le chef-d'uvre vant par les producteurs et les mdias.

Il montre avec talent la lutte du futur George VI contre son bgaiement, avec en arrire-plan une situation internationale pleine de menaces. Mais le metteur en scne donne de celle-ci une vision entache de contresens historiques...

Le discours d'un roi (Tom Hopper, 2011)Ce film de Tom Hooper traite de l'accession au trône de George VI en 1937, en remplacement de son frère aîné, celui-ci ayant une liaison inappropriée avec une femme divorcée.

Le scénario est dû à un ancien bègue, David Seidler, auquel le film offre un triomphe tardif, à 73 ans.

Timide et affecté d'un grave bégaiement, le duc d'York Albert (« Bertie » pour les intimes) savoure une vie de famille heureuse, à l'ombre de son frère aîné, le beau et flamboyant prince de Galles, promis au trône sous le nom d'Édouard VIII.

Après un discours calamiteux, en clôture d'une exposition au stade de Wembley, en 1925, sa femme le met en relation avec un orthophoniste australien anticonformiste, de 15 ans son aîné, Lionel Logue. Celui-ci réussit à atténuer le bégaiement du prince...

Il n'était que temps car la situation politique se corse en 1936 lorsque Édouard VIII affiche sa volonté d'épouser sa maîtresse, Mrs Wallis Simpson, deux fois divorcée et qui plus est proche des milieux fascistes et nazis (elle a été la maîtresse de Ciano, gendre de Mussolini).

Le nouveau roi est poussé à l'abdication et le duc d'York pressenti pour le remplacer au pied levé sous le nom de George VI. Il va s'acquitter de cette tâche contre son gré mais avec courage et dignité.

Mise en scène conventionnelle

On peut apprécier à juste titre l'interprétation remarquable de Colin Firth (le duc d'York).

La mise en scène est quant à elle plutôt conventionnelle et sans surprise. Elle centre le propos sur le face-à-face entre le duc et son orthophoniste. Elle laisse dans la pénombre les relations entre la famille royale et le peuple britannique (absent du film).

Le contexte politique est à peine effleuré : en 1936, au moment où montent les menaces de guerre en Europe, le Premier ministre Stanley Baldwin tient à ce que le souverain, si symbolique que soit son rôle, apparaisse en phase avec la Nation. Les liaisons douteuses d'Édouard VIII lui sont insupportables. Quant au bégaiement de son frère suppléant, c'est un handicap qui devient gênant alors que la radio devient le média de référence...

Contresens historiques

Déplorons deux contresens historiques :

- Le discours d'un roi montre le député Winston Churchill préparant le duc d'York à se préparer à monter sur le trône.

Dans les faits, Churchill s'est totalement fourvoyé en soutenant jusqu'au bout son ami Édouard VIII, contre l'avis de l'immense majorité des députés. Conspué, il a dû se retirer dans son manoir de Chartwell alors que dans les mois précédents, ses philippiques enflammées contre Hitler commençaient à porter leurs fruits.

- Le film montre également le Premier ministre Stanley Baldwin remettre sa démission au nouveau roi George VI en regrettant de s'être trompé sur la véritable nature de Hitler.

Il y a erreur sur la personne et le jour. Baldwin, totalement ignorant des affaires internationales, a remis sa démission le 28 mai 1937 avec les honneurs, sans allusion aux menaces extérieures dont il n'avait alors aucune conscience.

C'est son successeur, Neville Chamberlain qui, le 10 mai 1940, suite à l'invasion de la France par la Wehrmacht, se rendra à Buckingham et remettra sa démission au roi en regrettant ses erreurs et en le priant d'appeler à sa place le seul homme qui ait la trempe de relever le défi : Churchill.

Ces détails mis à part, convenons que le film est de bonne facture hollywoodienne et se regarde avec plaisir.

André Larané
Publi ou mis jour le : 2020-04-09 15:05:30

 
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