9 septembre 2026. Le film Pressure (Pression) est une excellente surprise. Tiré d'une pièce de théâtre elle-même inspirée de faits historiques, il s'appuie sur une problématique simple : « fera-t-il assez beau demain 5 juin 1944 pour débarquer en Normandie ? ». Pas de suspense… Et pourtant, ce film parvient à nous tenir en haleine en nous plongeant au milieu des tempêtes, celles qui bouillonnaient dans les crânes des protagonistes, mis au pied du mur : qu'ils fussent général en chef ou scientifique, ils n'avaient que quelques heures pour choisir la bonne date...
Rassurons tout de suite nos lecteurs allergiques aux cumulo-nimbus et autres creusements dépressionnaires : en sortant de la salle, vous n'en saurez guère plus sur les mystères de la météorologie.
Par contre, vous aurez découvert à quel point un nuage peut changer le cours d'une guerre, et, dans le cas du conflit de 1939-45, le sort de nos sociétés.
Le réalisateur du film, l’Australien Anthony Maras, nous livre ici un huis clos étouffant où le ciel immaculé se révèle trop beau pour être innocent. C'est d'ailleurs sous le signe du soleil que s'ouvre son film, avec un ciel bleu indécent alors que la mer se couvre du sang des soldats morts lors de l'opération Tigre, effroyable répétition du Débarquement.
Pour « Ike » Eisenhower, chef des forces alliées, pas question de reproduire un tel désastre : tous les signaux doivent être au vert pour le D-Day, fixé au lundi 5 juin 1944, 6h30.

C'est là qu'interviennent deux colonels météorologues, parmi les meilleurs de leur spécialité (le film oublie par commodité un troisième météorologue qui joua aussi un grand rôle dans l’affaire : le Norvégien Sverre Petterssen) :
• Un Écossais tout en pudeur, James Stagg (Andrew Scott),
• Un Américain, l’avenant Irving P. Krick (Chris Messina).
Dès lors s'ouvre un duel entre les deux hommes, totalement opposés dans leur façon de prédire l'avenir du ciel et leur conclusion.
Entre eux, un arbitre : Eisenhower. C'est à lui de prendre la décision qui sera la plus difficile de sa vie : suivre l'estimation optimiste de Krick et lancer le débarquement le 5, ou se ranger aux côtés du pessimiste Stagg et attendre une hypothétique éclaircie au risque de dévoiler tout le processus d’Overlord aux nazis et de leur laisser le temps de s’y préparer.
Tandis que le soleil brille encore au-dessus de la Manche et du QG allié, à Southwick House, près de Portsmouth (Hampshire), le général américain décide in fine de reporter le Débarquement devant son état-major incrédule et le maréchal britannique Montgomery furieux…
La victoire au bout du nuage
Pas de suspense donc, quant à l'issue du film. Et pourtant, il se déroule sans temps morts, tant on s'attache à ces personnages qui, bien qu'assommés par leurs doutes et le poids de leur responsabilité, n'en réussissent pas moins à aller au bout de l'épreuve.
Saluons notamment la performance de Brendan Fraser dans le rôle d'un Eisenhower tout en nuances, entre patience diplomatique et coups de colère tonitruants.
Film plein d'humanité, ce Pressure est aussi une œuvre qui nous interroge sur le mensonge par omission, toujours très pratiqué dans la sphère publique : le faussaire énonce des faits exacts à l’appui de sa thèse en écartant les faits tout aussi exacts qui la contredisent !
L’Américain Krick comparait ainsi la météo du moment à celle d’années antérieures.
Par analogie, il en concluait que, comme précédemment, le temps se maintiendrait au beau dans les jours suivants. Il oubliait (sciemment ?) d’autres années où une météo similaire avait conduit à l’irruption brutale d’une tempête de grande ampleur.














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