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Turcs et Russes

2- Micmac autour de la mer Noire


Enfants de Byzance, dont l'une a conquis le territoire et l'autre adopté la religion, la Turquie et la Russie ne tardent pas à se heurter autour de la mer Noire.

Campagne ottomane en Hongrie, 1566. Miniature dépeignant les guerriers Tatars de Crimée à l’avant-garde de l’armée califale Ottomane.

Apogée de l’empire ottoman, décollage de la Russie

En 1475, l'empire ottoman, en pleine ascension, place le khanat musulman de Crimée sous sa tutelle. La mer Noire devient un lac ottoman et un enjeu de premier plan pour les Russes. Les grandes données géopolitiques sont alors fixées pour près de trois siècles, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

- L'Ukraine, une terre sans maître

Polonais et Russes s’affrontent pour le contrôle d’un vaste espace de la Baltique à la mer Noire. Les Polonais soumettent l’ancien monde kiévien dont les princes de Moscou se veulent les héritiers et tentent de convertir ses habitants au catholicisme. Ils encouragent, à partir de 1596, la naissance d’une Église gréco-catholique.

Mais à l'est du Dniepr, des bandes d'irréguliers appelés Cosaques se rebellent contre les conditions très dures imposées par la noblesse polonaise aux paysans. Ils combattent également les « Tatars », ultimes héritiers de la Horde d'Or, établis autour de Kazan, sur la Volga.  Ils se montrent parfois capables aussi de mener des raids jusque dans les faubourgs de Constantinople...

Plus au sud, le khanat de Crimée demeure une puissance militaire avec laquelle il faut compter. Il effectue régulièrement des raids contre ses voisins pour alimenter sa principale ressource : le commerce des esclaves.

Bataille de Vienne, Franz Geffels, 1683, Karlsplatz Museum, Vienne.

- L'empire ottoman à son zénith

Loin de cet hinterland, l’empire ottoman atteint son apogée grâce à Selim Ier, qui fait la conquête de l’Égypte en 1517, et Soliman le Magnifique, qui soumet la Hongrie et arrive aux portes de Vienne en 1529.

Soliman le Magnifique sur sa monture, Hans Eworth, 1549, collection privée.Incarnant un modèle politique mélangeant islam, culture turque et culture persane, mais aussi présence arménienne ou héritage grec, l’empire a deux piliers : l’Anatolie et l’Europe des Balkans.

Cependant, cet Âge d’or marque aussi l’arrêt des conquêtes. L’empire devient de plus en plus autocentré et conservateur. Bien que des artistes italiens soient invités à Constantinople et que soient nouées des relations avec la France de François 1er, le monde ottoman reste pour l’essentiel à l’écart d’une Europe en pleine transformation, portée par la découverte de l’Amérique.

Il ne prête guère plus d’attention à la Russie, qui ne constitue pour lui qu’un front marginal. C'est une erreur car, profitant de l’absence de front commun entre le khanat de Crimée et l’empire ottoman, la Russie poursuit son avancée.

- La Russie concentre ses forces

Ivan III le Grand, Tsarsky Titulyarnik, XVIIe siècle.En 1472, Ivan III le Grand épouse Zoé Paléologue, nièce du dernier empereur byzantin. Il commence à se faire appeler « tsar de toute la Russie » dans les documents diplomatiques et utilise pour la première fois le symbole byzantin de l’aigle à deux têtes. Durant son règne, il fait également reconstruire les églises de la citadelle du Kremlin par des artistes italiens dans un style renaissant.

Le nouveau pouvoir des tsars est une synthèse unique, qui fusionne héritage byzantin, mongol, et ouverture sur l’Europe. Vers 1520, le moine Philothée rédige une célèbre missive dans laquelle Moscou est qualifiée de « troisième Rome », héritière de Constantinople.

À défaut de s’en prendre aux rives de la mer Noire verrouillées par l’empire ottoman, les souverains de Moscou achèvent de réunir autour d’eux toutes les principautés et villes jusque-là indépendantes, comme Pskov ou Novgorod. Des chefs tatares les rejoignent et se convertissent à l’orthodoxie.

« Basile le Bienheureux », basilique de la Place Rouge, gravure de Trachevsky, XVIIe siècle.En 1552, l’assujettissement par Ivan IV le Terrible du khanat de Kazan marque le début de l’expansion russe. Pour célébrer ce fait d’armes, le tsar ordonne de bâtir, sur la place Rouge, la basilique de Basile le Bienheureux.

Cette conquête, suivie de celle d’Astrakhan en 1556, déverrouille la Volga et permet de premières avancées vers le Caucase au sud et la Sibérie à l'est. La colonisation de la Sibérie est menée par une famille de marchands, les Stroganov, appuyée par des cosaques. Mais elle conduit aussi les Russes et les Ottomans à se combattre. Leur première confrontation directe a lieu sous les murs d'Astrakhan, en 1569...

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L'auteur : Thomas Tanase

Thomas TanaseThomas Tanase, diplômé de l’Institut d’Études politiques de Paris, est docteur et professeur agrégé d’histoire.

Ancien membre de l’École française de Rome, il a également travaillé à l'IFEA (Institut français d'études anatoliennes). Il est l'auteur de travaux sur la papauté et l'Asie, ainsi que d’une biographie de Marco Polo (Ellipses, 2016).

Publié ou mis à jour le : 2017-04-01 22:48:13

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Eren Olcuoglu (02-04-201714:22:55)

Petite correction, Nyssa est bien le nom antique de la ville de Nevsehir en cappadoce, mais la Nyssa de la convention de 1739 est la ville de Nich en Serbie.
Koutchouk-Kaynadji n'est pas en Anatolie mais en Bulgarie a la frontiere Roumaine (Kajnarđa)
Amicalement

Eren Olcuoglu (02-04-201711:49:35)

Petite correction, Nyssa est bien le nom antique de la ville de Nevsehir en cappadoce, mais la Nyssa de la convention de 1739 est la ville de Nich en Serbie.
Koutchouk-Kaynadji n'est pas en Anatolie mais en Bulgarie a la frontiere Roumaine (Kajnarđa)
Amicalement


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