Bimestriel, N° 48, Janvier-Février 2013, 9€

Religions & Histoire consacre le dossier central de ce numéro au bouddhisme. Il rappelle de façon didactique la naissance du bouddhisme, le mot lui-même ayant été créé au XIXe siècle par les Occidentaux pour désigner l'enseignement du Bouddha Sakyamuni sous ses diverses formes. En 45 ans de prédication, il a développé selon la tradition 84.000 enseignements adaptés à autant de types psychologiques...
Religions & Histoire décrit les fondements de la doctrine bouddhiste et les «Quatre Vérités», la souffrance, l'origine de la souffrance (le désir), l'extinction de la souffrance (le nirvana), le chemin qui mène vers l'extinction de la souffrance. Il montre comment la doctrine s'est répandue en Asie et aujourd'hui en Occident.
À noter aussi la tribune libre de Jean Soler. Historien et philosophe controversé, auteur de Qui est Dieu ? (éditions de Fallois), il nous apporte un point de vue décapant sur Moïse et le devoir de tuer. Il replace les Dix commandements dans le contexte de leur rédaction et affirme que le mot «prochain» n'a pas d'autre sens pour les anciens Hébreux que celui de compagnon. Rien à voir donc avec l'idée chrétienne que le prochain désignerait au moins autant l'étranger que le compatriote (parabole du bon Samaritain)...
Quand les Hébreux affirment : «Tu ne tueras point», ils sous-entendent d'après Jean Soler «... ton compatriote», ce qui n'a rien de proprement révolutionnaire. Moïse ne se prive pas, par exemple, de faire passer au fil de l'épée les adorateurs du veau d'or, coupables d'avoir enfreint l'interdit de représenter le dieu des Hébreux, Iahvé.
Jean Soler note aussi le caractère très relatif du monothéisme hébraïque à ses origines : les Hébreux adorent un seul dieu, le leur. Ils s'interdisent d'adorer d'autres dieux non parce qu'ils n'existent pas mais simplement parce qu'ils appartiennent à d'autres peuples. Et à la différence de ceux-ci, ils se montrent particulièrement jaloux de leur spécificité, de leur dieu, de leur culte et de leurs rites. Ainsi s'interdisent-ils de fréquenter les étrangers vénérant d'autres dieux, de se marier avec eux ou de partager leur repas.
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