De 987 à 1492

Naissance de l'Europe

Le miracle européen

Aux alentours de l'An 1000, dans une Europe en désarroi après l'effondrement de l'empire carolingien et des derniers vestiges de Rome, des signes discrets préparent l'avènement de ce qui sera la plus grande et la plus belle des civilisations, la nôtre. Aucune autre, rappelons-le, n'a autant que celle-ci bouleversé le cours de l'humanité et amélioré le sort des hommes.

Le Moyen Âge occidental entre dans une phase d'épanouissement dont les cathédrales conservent le souvenir. Nous lui devons aussi nos institutions, y compris les germes de la démocratie parlementaire, nos lois, y compris un début d’émancipation de la femme et les prémices de la laïcité. Nous lui devons également les bases de notre développement technologique, avec la mise en œuvre à grande échelle des moulins à vent et à eau, de l'arbre à came, de la charrue à roues, de l'assolement triennal,… Nous lui devons enfin la naissance du capitalisme et des premières entreprises modernes.

L'An Mil

À la fin de l'époque carolingienne, la papauté et le clergé séculier (curés et évêques) étaient des objets de scandale. Un observateur superficiel aurait pu y voir le signe d'un déclin irréversible.

Pourtant, en l'espace d'un siècle - le XIe -, l'Église catholique va se réformer hardiment sous l'impulsion des abbés de Cluny et des papes tels que Grégoire VII. Ce redressement se traduit dans le paysage par la multiplication des clochers et l’épanouissement de l’art roman. « Comme approchait la troisième année qui suivit l'an mil, on vit dans presque toute la terre, mais surtout en Italie et en Gaule, rénover les bâtiments des églises; une émulation poussait chaque communauté chrétienne à en avoir une plus somptueuse que celles des autres. C'était comme si le monde lui-même se fut secoué et, dépouillant sa vétusté, eut revêtu de toutes parts une blanche robe d'églises », écrit un contemporain, le moine Raoul Glaber.

Des moines avides de culture redécouvrent la science antique à travers des traductions de l'arabe ou du grec, à l'image de l'illustre Gerbert d'Aurillac, qui devient pape sous le nom de Sylvestre II.

L'Église intervient dans le droit civil en sacralisant le mariage (c'est aux alentours de l'An Mil qu'il est classé parmi les sept sacrements chrétiens) et surtout en interdisant les unions forcées.

Les femmes ne peuvent plus être mariées sans leur accord explicite et public. C'est un changement d'une profonde signification : il consacre la primauté de l'individu sur le groupe ou le clan. Chacun apprend à raisonner, décider et agir par lui-même. On peut dire que c'est à partir de là que la chrétienté occidentale commence à se démarquer des autres cultures et à prendre son essor.

L'Église s'immisce aussi dans les liens de vassalité qui lient les guerriers entre eux. Elle introduit dans les hommages de vassal à suzerain un serment sur la Bible et des obligations morales. Elle met au pas les guerriers. Elle christianise leurs rites et leur impose – non sans mal - le « service de la veuve et de l'orphelin ». C'est ainsi que s'épanouit une nouvelle élite guerrière, la « chevalerie ».

Malgré son appétit de réformes, la papauté doit très vite reconnaître des limites à ses interventions. Elle ne peut éviter une rupture avec le patriarcat de Constantinople (17 juillet 1054). L’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe d’Orient suivront désormais chacune leur voie.

Le Saint-siège s’oppose d’autre part aux empereurs allemands et aux rois de France. Leurs querelles se soldent par un partage des pouvoirs : aux souverains le pouvoir séculier ; au pape le pouvoir spirituel. C'est l'origine de la laïcité, une invention médiévale qui permettra aux Européens de développer leurs talents sans rendre de comptes à l'Église.

Une société nouvelle

Les empires hellénistique, romain, byzantin ou arabe reposaient sur la domination d'un vaste territoire par une élite militaire. Ils permettaient à celle-ci de développer de puissantes et luxueuses métropoles au détriment du bien-être des paysans. À leur différence, l'Europe médiévale se divise en d'innombrables villages et bourgs qu'aucune métropole ni aucun pouvoir central n'est en état de pressurer.

Les guerriers à cheval se partagent le territoire mais doivent composer avec les droits et les coutumes des communautés paysannes. Ils dépendent de celles-ci pour leur approvisionnement et ne peuvent les piller sans risque pour eux-mêmes.

Les moines procèdent à de nombreux défrichements. Ils implantent des abbayes et des monastères dans des lieux ingrats (Cluny et Cîteaux en Bourgogne ; la Grande Chartreuse dans les Alpes,…). Ils réhabilitent le travail manuel mais ils développent aussi l'outillage car ils ont le souci d'alléger leur peine afin de consacrer plus de temps à la prière.

De nombreuses innovations (charrue à roues, assolement triennal,…) permettent aux paysans d’obtenir des rendements agricoles plus élevés que dans bien des régions actuelles du tiers monde. Les moulins à vent ou à eau se multiplient et introduisent dans les campagnes une première révolution industrielle.

Naissance des États

L’Allemagne est née en 911 sur les ruines de l’empire carolingien, la France en 987… La plupart des autres États émergent au cours du siècle suivant, en lien avec l’évangélisation des anciennes contrées barbares. Ainsi, en 1001, Étienne 1er devient le premier roi de Hongrie. Il est sacré par le pape Sylvestre II. Le duc de Normandie Guillaume le Bâtard traverse la Manche et renverse l’ancienne dynastie anglo-saxonne (14 octobre 1066). Sa descendance règne encore sur le Royaume-Uni en la personne d’Elizabeth II.

Aussi chanceux est Hugues Capet. Sa dynastie va se perpétuer de père en fils pendant plus de trois siècles. Cet heureux hasard permet aux rois capétiens de consolider peu à peu leur légitimité. Les premiers n’ont guère de pouvoir et leurs ressources se limitent à leurs domaines personnels, entre Paris et Orléans. Mais tels des paysans, ils agrandissent avec patience et ténacité leur « pré carré ». Leur royaume est au cœur de la « chrétienté », nom que l’on donne alors à l’Europe occidentale.

Le pape Urbain II se rend en France pour prêcher la guerre contre les Turcs qui entravent les pèlerinages sur le tombeau du Christ, à Jérusalem, et surtout menacent l’empire byzantin, dernier rempart de la chrétienté face aux musulmans.

L’appel du pape reçoit un écho inattendu. Les guerriers se rassemblent de toute l’Europe, se rendent à Constantinople puis de là en Asie mineure où ils défont les Turcs, enfin à Jérusalem dont ils s’emparent et massacrent les habitants (15 juillet 1099).

Grâce à cette première « croisade », l’empire byzantin survivra encore quatre siècles et ce sursis providentiel lui permettra de transmettre à l’Occident l’héritage grec et hellénistique. Mais les croisés s’entêtent à vouloir s’établir en Palestine. Ils créent des États féodaux (royaume de Jérusalem, comté d’Édesse,…) qui ne survivront qu’un peu plus d’un siècle.

En France, le renouveau religieux et social se traduit par la consécration de la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris. C’est le premier témoignage de l’art français, plus tard surnommé avec mépris par Raphaël « art gothique » (autrement dit à peine digne des Goths !). Le maître d’œuvre de la basilique est l’abbé Suger, fils d’un serf, devenu à force de travail principal conseiller du roi. Parmi ses invités à la consécration figurent le roi lui-même, Louis VII, et sa femme, Aliénor d'Aquitaine.

Petite-fille d’un duc troubadour, Aliénor aime les arts, les belles-lettres mais aussi la vie en général et… les hommes. Elle ne tarde pas à divorcer de son ennuyeux époux et convole peu après avec le jeune et sémillant Henri Plantagenêt, duc d’Anjou. Or, le hasard des successions et quelques morts accidentelles livrent à Aliénor et Henri la couronne d’Angleterre.

Les nouveaux souverains d’Angleterre se retrouvent à la tête d’immenses domaines en France même : Aquitaine, Anjou, Normandie, Poitou, Touraine,… On parle d’un « empire angevin ». Pour le roi de France, c’est une situation très difficile à gérer. Heureusement, son fils et successeur, Philippe II Auguste (ainsi surnommé parce qu’il est né en août), est un homme à trempe, à la différence de Henri II Plantagenêt et de ses fils, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Par la ruse et la force, il s’empare de la plupart des possessions continentales des Plantagenêt.

Jean sans Terre noue une coalition internationale contre Philippe Auguste mais celui-ci a raison des coalisés dans une bataille mémorable à Bouvines, près de Lille (dimanche 27 juillet 1214).

Un an plus tôt, à Muret, près de Toulouse, les représentants du roi de France ont aussi battu le comte de Toulouse et le roi d’Aragon sous prétexte d’éradiquer l’hérésie cathare du Languedoc.

Le royaume capétien accède dès lors au comble de son prestige. La dynastie elle-même entre en odeur de sainteté avec le petit-fils de Philippe Auguste, Louis IX ou Saint Louis. Le roi monte sur le trône à 12 ans. Sa mère, l’énergique Blanche de Castille, petite-fille d’Aliénor d’Aquitaine, assure dans un premier temps la régence.

Devenu roi à plein temps, Saint Louis établit une paix durable avec le Midi toulousain et avec l’Angleterre. Il s’acquiert un grand prestige international et les souverains sollicitent son arbitrage. Aussi jovial que fervent chrétien, il exprime parfaitement l’idéal médiéval et chevaleresque. Capturé en Égypte lors d’une énième tentative de « libérer » le tombeau du Christ, il est traité avec les plus grands égards par ses geôliers. Il meurt du typhus devant Tunis, dont il espérait convertir le sultan !

Comme la France, l’Espagne s’honore d’un saint en la personne de Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, contemporain de Saint Louis. Il fonde l’Université de Salamanque. À sa mort, les musulmans ne conservent plus dans la péninsule que le petit royaume de Grenade.

Si l’Angleterre des Plantagenêt n’a pas de saint roi, elle a peut-être mieux avec la Grande Charte. Par ce texte signé en présence de ses barons (15 juin 1215), le roi Jean sans Terre s'engage à ne pas lever d'impôts extraordinaires sans l'accord d'un Grand conseil. Il s'engage aussi à ne pas procéder à des arrestations arbitraires. La postérité verra dans la Grande Charte, visible aujourd’hui au British Museum de Londres, l'amorce de la démocratie moderne.

Les Mongols

Quand s’achève le XIIIe siècle, de solides États se sont constitués à la pointe de l’Europe mais le reste du monde affiche une situation autrement plus troublée.

En 1206, les tribus mongoles qui nomadisent dans les steppes d’Asie centrale s’unissent autour d’un chef du nom de Témoudjin et lui donnent le titre de Gengis Khan (« roi universel » en mongol).

Gengis Khan met en branle ses guerriers. Il les guide vers l’est (la Chine) comme vers l’ouest (la Perse, l’empire arabe et l’Europe). Gengis Khan et ses successeurs brûlent les villes et massacrent les populations qui se trouvent sur leur passage.

La Chine des Song est ravagée et un petit-fils de Témoudjin, du nom de Koubilaï Khan, s’installe à Pékin. Il adopte rapidement la culture chinoise et fonde une nouvelle dynastie. La Perse et l’empire arabe (ou ce qu’il en reste) sont à leur tour assaillis. Bagdad est détruite, ses habitants massacrés et le calife supplicié. C’est la mort de l’empire arabo-persan de Bagdad, déjà mis à mal par les Turcs, lointains cousins des Mongols.

Les Mongols atteignent l’Europe. Ils écrasent les Hongrois mais se retirent presque aussitôt pour des raisons que l’on ignore ! En Occident, où s’épanouit l’art gothique, nul ne se doute du terrible danger auquel on a échappé. La Russie a moins de chance. Elle est ravagée et sa paysannerie, qui avait déjà accédé à une grande liberté et une réelle prospérité, retourne à des siècles en arrière. Elle ne s’en relèvera jamais tout à fait.

L’Inde est épargnée par les Mongols. Mais un chef afghan de confession musulmane, Mohammed de Ghor, profite des disputes entre les princes hindous pour conquérir le bassin du Gange et fonder le sultanat de Delhi. Bien que dominateurs et riches, les musulmans n’arriveront jamais à convertir une fraction notable des hindous à leur foi.

La chrétienté en crise

Revenons à l’Europe. À la fin du XIIIe siècle, en Italie comme en Allemagne, ni le pape ni l’empereur ne sont en mesure d’imposer leur autorité. Au contraire, des deux côtés des Alpes, l’un et l’autre se disputent les faveurs des villes et des seigneuries. Dans les Alpes mêmes, de rudes montagnards s’allient contre leur seigneur et arrachent leur indépendance les armes à la main. C’est la naissance de la Suisse.

Le pape Clément V renonce à gagner Rome par crainte des intrigues locales et s’installe en Avignon. La papauté y restera près d’un siècle et son prestige en sortira considérablement amoindri. Les villes italiennes tirent parti des querelles entre l’empereur et le pape. En échange de leur soutien à l’un ou à l’autre, elles obtiennent des franchises. Venise, Florence, Pise, Milan, Gênes,… accèdent à une véritable indépendance, sous la direction des principales familles bourgeoises.

Les marchands de la péninsule s’enrichissent dans le commerce des épices et de la soie qu’ils vont chercher en Orient. Ils rencontrent dans les foires de Champagne leurs homologues flamands qui, eux, distribuent partout en Europe les toiles tissées avec la laine anglaise.

Marco Polo, un marchand de Venise, s’attire une renommée européenne avec le récit de son expédition jusqu’en Chine, à la cour de l’empereur Koubilaï Khan.

Comme leurs activités nécessitent de gros investissements, les entrepreneurs mettent en commun leur épargne et constituent les premières sociétés anonymes par actions. C’est la naissance du capitalisme.

La vie culturelle n’est pas en reste. Cimabue et Giotto, instruits par les peintres d’icônes byzantins, jettent les bases de la peinture moderne. Le poète Dante donne ses lettres de noblesse à la langue italienne.

La guerre de Cent Ans

On pourrait croire à un avenir radieux. Mais l’horizon s’obscurcit brusquement. À Paris, les trois fils de Philippe le Bel se succèdent sans descendance mâle. Un de leurs cousins, Philippe VI de Valois, est hissé sur le trône par les grands seigneurs du royaume.

Quelques années plus tard, le roi d’Angleterre Édouard III se souvient que ses droits sur la couronne de France ne sont pas moindres que ceux du Valois. C’est ainsi que commence une deuxième guerre franco-anglaise que l’on appellera guerre de Cent Ans. Édouard III, grâce à la discipline de ses archers, défait les chevaliers français à Crécy, près de la Somme (26 août 1346). Il n’a pas le temps de profiter de sa victoire que survient un mal plus terrible que la guerre elle-même : la peste noire. Un bateau venu d’Orient l’a introduite en Europe.

Le continent sort de trois siècles de progrès socio-économiques et dans ce laps de temps, sa population a doublé de 43 à 86 millions d’habitants. L’épidémie de peste réduit d’un tiers ce nombre. Mais après son passage, l’activité et la vie reprennent de plus belle. Les paysans et les artisans profitent d’être en sous-effectifs pour obtenir un allègement des servitudes féodales et de meilleurs salaires.

La guerre franco-anglaise reprend aussi. Le roi Jean II le Bon est capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers (19 septembre 1356). À Paris, les bourgeois groupés autour d’Étienne Marcel veulent en profiter pour ébrécher l’autorité royale mais le fils du roi captif, le futur Charles V le Sage, se révèle plus habile qu’eux. Il repousse par ailleurs les Anglais et remet de l’ordre dans le royaume avec le concours d’un capitaine breton, Bertrand Du Guesclin. C’est le début d’une longue embellie.

La situation politique se dégrade dramatiquement, quand son fils et successeur, Charles VI, devient fou. Les oncles du jeune roi s’enrichissent en pillant le Trésor. L’un d’eux, le duc de Berry, s’offre un livre de prières superbement enluminé, aujourd’hui au musée de Chantilly : les « Très riches Heures du duc de Berry ».

Les disputes entre le puissant duc de Bourgogne et le frère du roi, Louis d’Orléans, gendre du comte d’Armagnac, inaugurent la sanglante querelle des Armagnacs et des Bourguignons.

Le roi anglais Henri V en profite pour reprendre les hostilités. Il débarque en France et remporte à Azincourt (25 octobre 1415) une magistrale victoire au cours de laquelle périt la « fleur de la chevalerie » française. Il obtient la main d’une fille du roi fou et la promesse de succéder à celui-ci sur le trône de France ! Mais Henri V et Charles VI meurent à quelques mois de distance. Ils laissent deux prétendants au trône : le Dauphin (19 ans), futur Charles VII, et le fils d’Henri V, un bébé de quelques mois représenté par un régent.

La France du Nord, y compris Paris, est acquise aux Anglais. Le Dauphin, réfugié à Bourges, manque de soutiens et en vient à douter de sa légitimité. Il n’est pas loin de renoncer lorsque survient une jeune paysanne, Jeanne D’Arc (ou Darc). Pieuse et pleine d’esprit, elle affirme avoir été guidée par des voix célestes pour conduire le Dauphin à Reims et le faire sacrer roi de France dans les règles. Avant cela, elle obtient le commandement d’une troupe pour aller délivrer Orléans qu’assiègent les Anglais. Jeanne est finalement capturée puis jugée comme sorcière et brûlée vive à Rouen. Mais elle a redonné courage à Charles VII et à ses partisans.

Le roi n’est plus le même homme et il bénéficie d’excellents conseillers qui lui vaudront le surnom de Bien Servi, comme le marchand Jacques Cœur, les frères Bureau, qui dotent l’armée d’une artillerie, le chancelier Guillaume de Jouvenel ou encore la douce Agnès Sorel, première maîtresse officielle d’un roi de France. À Castillon-sur-Dordogne, une ultime bataille remportée par les frères Bureau chasse les Anglais d’Aquitaine (17 juillet 1453). La guerre de Cent Ans est finie.

Les Turcs

Peu avant, une autre bataille, autrement plus symbolique, s’est soldée par la chute de Constantinople et le massacre de sa population (29 mai 1453). L’empire byzantin, qui n’était plus depuis longtemps que l’ombre de lui-même, disparaît après un millénaire d’existence chaotique.

Siège de Constantinople (manuscrit, atelier de Jean Mielot, Lille, 1455, BNF)

Les vainqueurs, des Turcs, ne sont pas des inconnus en Europe. Cousins des Mongols, convertis à l’islam, ils ont pris la place des Arabes à la tête du Moyen Orient. L’une de leurs tribus, les Ottomans, a traversé le détroit du Bosphore et, contournant Constantinople, s’est emparée des Balkans (Albanie, Bulgarie, Grèce, Serbie…). Les Ottomans ont vaincu les Serbes à Kossovo en 1389, puis ils ont défait une armée de chevaliers venus de toute l’Europe à Nicopolis (le 600e anniversaire de la bataille de Kossovo a été exploité par Slobodan Milosevic pour asseoir son pouvoir en Serbie).

La ville de Constantinople est rebaptisée Istamboul (ou Istanbul) d’après l'expression qu'employaient les Grecs pour dire : (je vais) eis tin Polin (à la Ville). Les Turcs ottomans y installent leur capitale. Ils peuvent désormais s’enorgueillir de régner sur un empire limité au nord par la Hongrie, à l’est par la Perse et à l’ouest par le Maroc. Leur domination est brutale et despotique. Ils se soucient seulement de prélever sur leurs sujets des impôts et des… garçons en bas âge. Ces derniers sont convertis à l’islam et formés à la vie militaire pour entrer dans le corps d’élite des Janissaires.

Dans les Balkans comme dans le reste de l’empire, la colonisation ottomane a pour effet de briser net les progrès sociaux et économiques. D’autre part, des corsaires au service des sultans écument la Méditerranée et multiplient les razzias sur les côtes européennes, pillant les villages et emmenant leurs habitants en esclavage.

Cette insécurité rend plus difficile le commerce des épices entre les villes italiennes et les ports de l’Orient mais elle n’inquiète pas outre-mesure les Européens. Ceux-ci ont accumulé dans les siècles antérieurs une réserve d’énergie et d’optimisme qui leur permet d’aborder l’avenir avec confiance.


Publié ou mis à jour le : 2019-05-22 15:49:39

 
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