Mme de Longueville (1619 - 1679) - Séductrice et sainte - Herodote.net

Mme de Longueville (1619 - 1679)

Séductrice et sainte

Anne-Geneviève de Bourbon, future duchesse de Longueville, naît le 28 août 1619 au donjon de Vincennes où son père, Henri II de Bourbon-Condé, un « prince du sang », a été incarcéré en raison de son opposition à l'autorité du jeune roi Louis XIII.

Sa mère Charlotte de Montmorency a elle-même fait rêver le roi précédent, Henri IV, dont elle fut le dernier amour, et manqué être la cause involontaire d'une guerre européenne !...

Séductrice malgré elle

Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville (Vincennes, 28 août 1619 - Paris, 15 avril 1679) Anne-Geneviève est très jeune attirée vers la religion mais son premier bal au Louvre lui révèle son pouvoir de séduction.

Ses qualités d'esprit et sa finesse emplie d'élégance, qui n'ont d'égale que sa beauté, se révèlent dans le salon de la marquise de Rambouillet.

Mariée par son père au duc de Longueville, de 25 ans son aîné et déjà doté d'une maîtresse, la duchesse de Montbazon, elle prend un amant, le comte de Coligny, qui se fait tuer en duel pour elle.

Puis, sous le règne du jeune Louis XIV, elle se jette avec intrépidité dans la rébellion de la Fronde, avec ses frères, le Grand Condé (appelé ainsi depuis sa victoire à Rocroi, à 22 ans !) et le prince de Conti, ainsi que son nouvel amant, le duc de la Rochefoucauld (le futur auteur des Maximes).

Elle côtoie dans ces folles équipées d'autres aventurières titrées comme la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans et nièce du roi Louis XIII, en un temps où la noblesse ose encore défier le pouvoir royal.

Elle séduit le roué Paul de Gondi, futur cardinal de Retz (et auteur de Mémoires fameuses) et même le brave Turenne qu'elle convainc d'entrer dans l'opposition au roi et de trahir son pays au profit des Espagnols !

Légère et exaltée, elle se laisse guider par ses passions et sa nouvelle liaison avec le duc de Nemours amène le duc de La Rochefoucauld à rompre avec elle.

Mais après l'échec de la Fronde et la fuite de son frère Condé à l'étranger, Anne-Geneviève fait un retour sur elle-même. En 1661, au début du gouvernement personnel de Louis XIV, elle reprend le chemin interrompu de la religion en partageant ses lieux de résidence entre Port-Royal et les carmélites du faubourg Saint-Jacques.

Sa piété se renforce après la mort, en 1672, de son fils préféré, issu de sa relation avec le duc de la Rochefoucauld, « l'enfant de la Fronde ». Un bel exemple de grand écart entre libertinage et sainteté.

Alban Dignat
Publié ou mis à jour le : 2019-08-25 00:32:53

 
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