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Michel-Ange (1475 - 1564)

La démesure dans l'art


Ignudo (1508-1512, Michel-Ange, chapelle Sixtine, Vatican)Le 18 février 1564, Michelangelo Buonarroti, plus connu sous le nom de Michel-Ange, rejoint Dieu et ses anges. L'artiste toscan meurt à Rome à 89 ans.

Jusqu'à sa mort en pleine gloire, il a poursuivi pendant près de sept décennies une collaboration âpre et féconde avec les Médicis de Florence et tous les papes de la Renaissance, au cœur du Cinquecento italien : Raphaël, Vinci, Bramante, Titien etc. etc. (*).

Tourmenté par la quête de la beauté, il s'est illustré dans la sculpture, la peinture et la fresque, l'architecture et même la poésie. Dès 1552, de son vivant, une biographie lui a été consacrée. Tentons de saisir les ressorts de cet artiste absolu...


Ogn'ira, ogni miseria e ogni forza,
Chi d'amor s'arma, vince, ogni fortuna.

(Michel-Ange, Poèmes, 1623)

Chaque colère, misère et violence,
Qui d'amour s'arme vainc le sort.

La Pieta de Michel-Ange (1498, Saint-Pierre de Rome)

Musée du Louvre (Paris) : 24H avec… Michel-Ange

24 h avec Michel-Ange au musée du LouvrePour mieux connaître Michel-Ange, le musée du Louvre propose une journée en sa compagnie le samedi 9 juin et le dimanche 10 juin 2018 à l’auditorium du Louvre.

Au total 10 rendez-vous de 45 minutes : conférences, débats, lectures, spectacles, projections... (l'abonnement à partir de cinq rendes-vous inclut la visite du musée).

Feuilletez le programme

Il Divino ! Michel-Ange, le génie de la Renaissance

Michel-Ange est né à Caprese, près de Florence, dans la famille d'un modeste fonctionnaire.

La vierge de Manchester, vers 1490 (National Gallery)À force d'obstination, il parvient à entrer à 14 ans en apprentissage chez un artiste important, Domenico Ghirlandaio. Celui-ci détecte immédiatement chez l'enfant des talents très supérieurs aux siens.

Il l'introduit auprès de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, maître tout-puissant de Florence et principal mécène de son temps.

Le jeune homme, qui manifeste assez vite une préférence pour la sculpture, va s'épanouir dans l'atmosphère follement optimiste et créatrice de la Florence de ce temps...

Après la chute des Médicis, il se réfugie à Venise puis à Rome. On est au temps où triomphe l'humanisme.

L'artiste ne tarde pas à subjuguer les amateurs d'art avec sa Pietà. C'est une statue représentant la Vierge éplorée tenant dans ses bras, le corps de son fils, Jésus-Christ.

À 23 ans, Michel-Ange accède ainsi à la gloire et bientôt à la fortune.

Une gloire précoce

De retour à Florence, en 1501, il confirme son talent avec la statue de David, extraite d'un bloc de marbre de 2,5 tonnes et cinq mètres de haut.

David par Michel-Ange (1501, Florence), DRLe David, après quatre jours de transport à travers les rues de Florence, parvint à la place de la Seigneurie où elle trôna jusqu'en 1873.

Cette année-là, on décida de le protéger à l'intérieur de la Galleria dell'Accademia où on peut toujours l'admirer (une réplique a été installée en 1910 à son ancien emplacement, devant le Palazzo Vecchio).

S'il est un génie, Michel-Ange est un génie peu avenant : il se fait en effet remarquer par son tempérament taciturne et ses manières très peu sociables (peut-être une forme particulière d'autisme).

Sa sexualité suscite encore des interrogations. On ne lui connaît pas de conquête féminine ni d'attrait pour les femmes. Impuissance ? Homosexualité contenue ou discrète ?...

Il est en butte à la concurrence du doux Raphaël, du rude Léonard de Vinci et de quelques autres artistes plus accommodants que lui.

Cela ne l'empêche pas de gagner la faveur du souverain le plus emblématique de la Renaissance italienne, Giuliano Della Rovere, devenu pape le 1er novembre 1503 sous le nom de Jules II.

Avide d'en remontrer aux puissants de ce monde, Jules II demande à Michel-Ange de lui sculpter un tombeau monumental. Effrayé, il commence par empocher l'argent et s'enfuit à Florence. Mais le pape menace de faire la guerre à la République, laquelle convainc Michel-Ange de regagner Rome.

La Sybille Lybique (1508, Michel-Ange, chapelle Sixtine, Vatican)En 1508, le pape change brusquement d'idée. Il ne veut plus de mausolée et exige de Michel-Ange qu'il décore d'une immense fresque la voûte de la chapelle Sixtine. Refus de l'artiste ! Il est sculpteur et non peintre, le Saint-Père ne peut rompre ainsi son contrat ! Mais il a beau fuir de nouveau, il est rattrapé et placé au pied du mur !

Ce sera son œuvre maîtresse. Il s'y épuisera pendant quatre ans, perché seul sur les échafaudages dans des conditions pour le moins inconfortables

De retour à Florence, auprès des Médicis, Michel-Ange travaille à leur tombeau, au couvent de San Lorenzo.

Le nouveau pape a vite fait de pardonner ses infidélités à Michel-Ange. Il commande lui aussi son tombeau à l'artiste, puis une nouvelle fresque pour le mur de l'autel de la chapelle Sixtine. Ce sera le grandiose Jugement dernier (16 mètres de haut sur 13 de large). 

Entretemps, la chrétienté a basculé dans une nouvelle ère avec les déchirements de la Réforme luthérienne. L'optimisme de la Renaissance a vécu. Michel-Ange exprime ce basculement à travers les corps torturés et contorsionnés de cette fresque, qui expriment tout à la fois son attachement aux traditions de l’art antique et sa vision sombre du destin de l’humanité (*).

Le Jugement dernier, le Christ et la Vierge (détail, 1534-1541, Michel-Ange, chapelle Sixtine, Vatican)
[voir l'image en grandes dimensions]

Avec la maturité, Michel-Ange sculpteur évolue vers une forme moins achevée que ses premières œuvres. C'est le non-finito, qui joue sur la matière même du marbre en la laissant par endroits à peine dégrossie, d'une façon plutôt moderne.

Michel-Ange architecte

En 1538, dix ans après le triste sac de Rome, le pape Paul III demande à l'artiste de réaménager la place du Capitole, siège du Sénat de la ville.

La place du Capitole, à Rome, réaménagée par Michel-Ange en 1538Michel-Ange dessine le plan actuel, remarquable d'équilibre et d'harmonie, avec des volées d'escaliers flanquées de palais qui mènent à la petite place en forme de trapèze, et au centre de celle-ci, la statue en bronze de l'empereur Marc-Aurèle, héritée de l'Antiquité.

Parmi d'autres constructions romaines à mettre au crédit du vieil artiste figurent la Porta Pia et le palais Farnèse, qui abrite aujourd'hui l'ambassade de France.

En 1546, le pape Paul III confie à Michel-Ange, architecte en chef du Vatican, le soin de reprendre la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, délaissée depuis la mort de Bramante, 32 ans plus tôt. À 71 ans, Michel-Ange remanie donc les plans de son ancien rival et dessine une majestueuse coupole (136,50 mètres de hauteur totale).

Il y travaillera jusqu'à sa mort à 88 ans. Il repose depuis lors à Florence, dans l'église Santa Croce.

Version intégrale pour les amis d

Publié ou mis à jour le : 2018-05-20 15:53:57

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 12 commentaires sur cet article

aldo (30-05-201813:02:38)

Magnifique article,sauf pour cet anonyme.quand on critique on ne se cache pas

Gilles (21-05-201823:45:06)

Comment imaginer la survenue au monde d'un tel prodige! Sa longue destinée nous a offert tous ces chefs d'œuvre, vus et revus sans cesser d'être coi devant tant de beauté, de grâce, de force et de preuves d'amour. La beauté la vérité le naturel transfigurés. Bravo pour votre présentation et la qualité de vos textes et images. Merci
GM

Philippe (20-05-201823:52:37)

Quel sculpteur !
Plusieurs peintres de la Renaissance égalent Michel-Ange. Aucun sculpteur de son temps ou d'un autre temps n'a produit une oeuvre comparable à la Pieta du Vatican, non seulement pour la virtuosité formelle, mais pour la force de la conception (ou faut-il dire : de la vision). La puissance d'émotion de cette sculpture est sans équivalent.(même en photo, ce qui est rarissime !) Elle est, sans hyperbole, sublime - et donc bouleversante.
La disparité d'âge et de taille... Lire la suite

Anonyme (20-05-201822:42:42)

@ Aubrespin Georges
Il n'est pas si clair que Michel-Ange avait une vie dissolue et qu'il était païen. D'ailleurs que signifie au juste ce mot. Au reste on ne lui demande pas d'être un saint et même les saints n'étaient pas des gens parfaits. Mais c'est une autre histoire. Et puis Jules II n'a pas laissé le souvenir du plus vertueux des papes, même si la renaissance en a connu de bien pires (hélas !). Alors admirons la Piéta, cette oeuvre d'un sculpteur de 25 ans. Ce visage qui exprime la... Lire la suite

Pierrot (20-01-201713:55:59)

Que dire de plus , que tout ce qui a été dit magnifiquement. Continuez c'est de la joie de vous lire.

Anonyme (15-02-201422:05:36)

INTÉRESSANT, CERTES, MAIS AUSSI UN PEU DÉCOUSU, HÉLAS


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