Une éruption de nouvelles civilisations

Les grandes migrations

Dans cet épisode, nous prenons un peu de recul en nous intéressant aux grandes migrations humaines qui ont profondément influencé l’histoire du monde.

Trois d’entre elles sont exceptionnelles par leur ampleur : celle des Indo-Européens en Eurasie, des Bantous en Afrique, et des Austronésiens en Asie-Pacifique.

Vincent Boqueho

Trois grandes vagues : Indo-Européens, Bantous, Austronésiens

L’origine des Indo-Européens se trouve probablement dans les steppes séparant la mer Noire et la Caspienne. Ces peuples ont bénéficié de deux atouts majeurs : une mobilité permise grâce à la domestication du cheval, adaptée à ces vastes étendues steppiques ; et une puissance acquise grâce à la métallurgie du bronze, inventée en Anatolie dès 3000 av. J.-C..

La phase d’expansion est manifeste à partir de 2000 av. J.-C. : des peuples Indo-européens gagnent l’Anatolie avec les Hittites, la Grèce avec les Mycéniens, et ils s’avancent vers l’est en longeant la bande de steppes jusqu’au bassin du Tarim en Chine actuelle. Pendant les 500 ans à venir, ces mouvements se poursuivent vers l’Iran et le nord de l’Inde à l’est, vers l’Europe centrale à l’ouest. En 500 av. J.-C., les Indo-Européens incluent les Celtes, les Latins et les Grecs en Europe, les Mèdes et les Perses en Iran.

La métallurgie du bronze, alliage de cuivre et d’étain, nécessite le contrôle de vastes réseaux commerciaux. Un changement important s’opère avec la maîtrise de la fonte du fer : originaire comme le bronze de l’Anatolie, elle s’y développe vers 1600 av. J.-C.. Elle gagne les Balkans et le Proche-Orient vers -1200, puis l’Europe vers -800.

L’âge du fer y est subdivisé en 2 périodes : le Hallstatt jusqu’en -400, puis la Tène. Cette 2e phase voit l’essor de la civilisation celtique qui se répand depuis le sud de la Germanie sur une grande partie de l’Europe. Elle prendra fin avec la conquête des Gaules par Rome.

L’introduction de la métallurgie du fer va aussi avoir des conséquences en Afrique subsaharienne. L’étroite bande qui sépare le Sahara de la forêt équatoriale est propice à l’agriculture : c’est là que vit le peuple des Bantous. Celui-ci a amorcé une migration depuis le sud de l’actuel Cameroun dès 1500 av. J.-C..

En 500 av. J.-C., la diffusion de la métallurgie du fer en direction des Grands Lacs, en augmentant la productivité agricole et la puissance à la guerre, leur donne une nouvelle impulsion : ils vont s’implanter dans toute la moitié sud de l’Afrique, à l’exception des régions arides du Kalahari. Notons que les langues bantoues font elles-mêmes partie du groupe nigéro-congolais : cela laisse présager de liens encore plus anciens avec l’Afrique de l’ouest.

Quant au foyer de Chine, il a donné naissance à une troisième migration majeure : celle des Austronésiens. Des cultivateurs de riz et de millet ont migré vers l’île de Taiwan dès 3000 av. J.-C.. Là, leur statut d’insulaires a affermi leur maîtrise de la navigation.

À partir de 2000 av. J.-C., ils atteignent d’abord les Philippines, puis gagnent les îles d’Indonésie et les rivages de la Nouvelle Guinée. De là, ils commencent à essaimer de proche en proche dans le Pacifique à bord de simples pirogues. Ils atteignent ainsi des îles qui n’ont encore jamais connu la présence humaine : la Polynésie vers 300 après JC, Hawaï vers 500, et la Nouvelle Zélande vers 1100.

En parallèle, des Austronésiens venus d’Indonésie atteignent l’île de Madagascar, elle aussi inhabitée, au début de notre ère. Ces peuples en viennent ainsi à peupler une portion considérable du globe : ils sont les auteurs des plus impressionnantes traversées maritimes jusqu’à Christophe Colomb.


Publié ou mis à jour le : 2019-11-07 11:11:17

 
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