L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte Carthage et la civilisation punique

Carthage et la civilisation punique (de 650 à 146 av. J.-C.)

Dans cet épisode, on va parler de l’Histoire de Carthage depuis sa fondation jusqu’à sa chute.

Selon la légende, c’est en 814 av. J.-C. que les Phéniciens fondent Carthage dans l’actuelle Tunisie. Elle reste pendant longtemps une simple colonie parmi de nombreuses autres implantées principalement en Méditerranée Occidentale. Mais à partir de 650, les villes de Phénicie voient leur rayonnement s’affaiblir sous les coups de l’empire assyrien tandis que le prestige de Carthage s’accroît. Lorsque Tyr, la cité-mère, est prise par Nabuchodonosor en 572 av. J.-C., la culture de Carthage s’est déjà démarquée des Phéniciens jusqu’à former une civilisation nouvelle : la civilisation punique. La langue phénicienne elle-même évolue au contact des populations berbères qui habitent tout le nord de l’Afrique, jusqu’à devenir le punique. L’alphabet phénicien est conservé.

Les autres colonies phéniciennes tombent peu à peu sous l’hégémonie de Carthage tout en demeurant indépendantes, et elles adoptent sa culture. Carthage commence aussi à fonder ses propres colonies. Sa puissance maritime est illustrée par les périples d’Himilcon et d’Hannon dans l’Atlantique, respectivement le long de l’Europe et de l’Afrique.

La civilisation punique est caractérisée par un commerce maritime intense dynamisé par les exportations d’argent, de cuivre et d’étain extraits du sud de l’Espagne.

Cependant l’influence des Grecs se fait de plus en plus menaçante avec l’essor de Marseille. En 540 av. J.-C., les Carthaginois s’allient aux Etrusques et chassent les Grecs de Corse. Puis en 509, Carthage signe un traité avec Rome où la république vient d’être proclamée, et avec qui elle entretient des relations cordiales. Le régime politique de Carthage est aussi une république mais avec un contrôle fort du « Conseil des Anciens ».

La Sicile, tiraillée entre les Grecs et les Carthaginois, devient le cœur des enjeux : en 480, les ambitions du tyran grec de Syracuse provoquent l’entrée en guerre de Carthage aux côtés de l’empire perse. Elle s’achève par un échec cuisant en Sicile qui met en avant la fragilité de Carthage, dont l’empire maritime manque d’unité : elle se décide alors à mettre en valeur l’intérieur des terres en Tunisie.

En 409, Carthage engage une nouvelle série de guerres en Sicile qui dureront plus d’un siècle. Les cités changent régulièrement de main, mais Syracuse ne sera jamais prise. Le caractère très cosmopolite de Carthage ne favorise pas sa puissance militaire : ainsi son armée comporte de nombreux mercenaires. Ça forme un contraste avec Rome, dont la puissance ne cesse de s’accroître.

Celle-ci achève la conquête du sud de l’Italie aux dépens des Grecs en 270 av. J.-C.. Carthage profite alors de l’affaiblissement des Grecs pour renforcer son influence en Sicile. Mais les Romains voient cette expansion d’un mauvais œil : en 264, ils débarquent à Messine, initiant la 1ère guerre punique. Elle dure 23 ans et pousse Rome à se construire une flotte de guerre pour rivaliser avec celle de Carthage. La paix est finalement signée en 241 : Carthage doit abandonner la Sicile tout en payant un lourd tribut. Affaiblie par des révoltes, elle devra céder la Sardaigne et la Corse à Rome 3 ans plus tard.

C’est aussi l’époque où Rome part à la conquête de la plaine du Pô pour y faire cesser les raids gaulois menés vers l’Etrurie. En 222, la Gaule Cisalpine est conquise presque en totalité.

Pendant ce temps-là, Carthage n’est pas restée inactive : poussée par le désir de revanche, elle s’est lancée dans la colonisation de l’intérieur de l’Espagne, riche en minerais et en blé, reconstituant ainsi sa puissance économique et militaire. Carthagène, fondée en 227, en devient la principale voie d’accès.

En 221 av. J.-C., le Carthaginois Hannibal Barca devient le commandant des armées d’Hispanie. Deux ans plus tard, il rase la ville de Sagonte, alliée de Rome, ce qui déclenche la 2e guerre punique. Forte de sa maîtrise des mers, Rome s’empare de Malte et envisage d’attaquer directement Carthage, mais Hannibal s’avance vers l’Italie par voie de terre à la tête d’une grande armée, dont une cinquantaine d’éléphants. Pour éviter l’armée romaine débarquée à Marseille, il passe par l’intérieur et franchit les Alpes. Arrivé en Italie, il décime les armées romaines lors de 4 batailles décisives et s’avance jusque dans les Pouilles en 216. Mais il ne peut pas attaquer Rome, trop bien défendue. Il s’installe alors à Capoue pour attendre des renforts, mais les Romains débarquent en Espagne pour couper les routes et la situation s’enlise : c’est l’origine de la légende où Hannibal se laisse séduire par les délices de Capoue.

Carthage s’allie alors à Syracuse, restée indépendante ; mais les Romains s’emparent de la ville en 212, provoquant la mort du célèbre savant grec Archimède.

Les Carthaginois ne parviennent à envoyer leur armée de secours que 5 ans plus tard, mais les Romains l’anéantissent à la bataille du Métaure. Le général romain Scipion l’Africain peut alors conquérir l’Espagne, avant de porter ses efforts sur l’Afrique. La guerre emporte les royaumes berbères dans la tourmente : Massinissa s’allie à Rome tandis que Syphax reste fidèle à Carthage. La guerre s’achève en 202 par une victoire romaine à la bataille de Zama. Carthage perd l’Espagne et les Baléares, et doit céder toute sa flotte ainsi qu’une forte indemnité. La Numidie revient entièrement à Massinissa. A compter de cet instant, Carthage n’est plus que l’ombre d’elle-même. Rome finira par s’en emparer en 146 av. J.-C. après 3 ans de guerre. Par la suite, la civilisation punique va rapidement tomber dans l’oubli, submergée par la civilisation romaine.

On poursuivra l’épopée de Rome dans l’épisode 10. En attendant, on va s’intéresser à une ascension non moins remarquable : celle d’Alexandre le Grand.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2022-02-07 15:38:21

 
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