1774-1848

Les Révolutions

La fin de l'Ancien Régime

La France, sous le règne de Louis XVI, jouit d'une grande prospérité. Elle commence à ressentir les bienfaits de la révolution industrielle née en Angleterre avec linvention de la machine à vapeur.

Elle-même se pique de très grands inventeurs comme Lavoisier qui jette les bases de la chimie moderne ou les frères de Montgolfier qui permettent aux hommes de s'affranchir de la pesanteur. Le bien-être général s'améliore.

Mais le pouvoir monarchique est instable, victime de la faiblesse du roi et des luttes d'influence entre privilégiés. Et si la France est riche, l'État est pauvre, à cause du mauvais rendement de l'impôt.

Ce sont les prémices de la Révolution.

André Larané

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Louis XVI (1774-1792), un roi trop faible et bon

Dès son accession au trône, Louis XVI (20 ans) nomme comme principal ministre le vieux comte de Maurepas qui le convainc de rappeler les magistrats du Parlement.

Ces privilégiés aux idées courtes ne vont dès lors avoir de cesse d'entraver les réformes du gouvernement. Celles-ci sont en premier lieu le fait du contrôleur général des finances, Turgot, qui supprime les douanes intérieures sur le commerce du blé. Cette mesure de bon sens est mal comprise du peuple et provoque la « guerre des farines ».

Turgot supprime aussi les corporations, qui entravent la liberté d'entreprendre, et abolit les corvées qui pèsent sur les paysans. Il prévoit de remplacer ces corvées destinées à l'accomplissement des travaux d'utilité publique par un impôt sur tous les propriétaires, la « subvention territoriale ». C'est un tollé. Le roi se sépare de Turgot et annule ses réformes.

Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, le 4 juillet 1776, les Treize colonies anglaises d'Amérique du nord proclament unilatéralement leur indépendance. La France y voit l'occasion de prendre sa revanche sur l'Angleterre. Elle reconnaît les États-Unis d'Amérique, signe avec eux un traité de commerce et intervient officiellement dans leur guerre d'Indépendance, non sans de graves inconvénients pour les finances déjà mal en point de l'État.

Necker, qui a remplacé Turgot aux finances, recourt à des emprunts imprudents pour remplir les caisses de l'État et tente de les justifier en publiant un Compte rendu au roi qui dévoile les dépenses somptuaires de la Cour. Cette indiscrétion lui vaut d'être congédié par Louis XVI.

Outre-Atlantique, Américains et Français remportent la bataille de Yorktown. Elle débouche le 3 octobre 1783 sur le traité de Versailles qui consacre l'indépendance des États-Unis.

En 1787, le contrôleur général des finances Calonne réunit à Versailles une assemblée de notables pour faire approuver un programme de réformes calqué sur celui de Turgot. Les notables acceptent tout sauf... le plus important, la subvention territoriale. C'est l'échec. Calonne est remplacé par Loménie de Brienne qui ne réussit pas mieux à faire passer les réformes.

Dans l'urgence (les caisses sont vides), le roi demande au Parlement d'enregistrer un emprunt de 420 millions de livres (la monnaie de l'époque). Les magistrats en profitent pour exiger la convocation des états généraux avec l'espoir que ceux-ci confirmeront les privilèges !

Le 7 juin 1788, à Grenoble, la sédition tourne à l'émeute. Pendant cette « journée des tuiles », les habitants bombardent de projectiles les soldats venus se saisir des parlementaires. Louis XVI se résigne à convoquer les états généraux et rappelle Necker.

Des états généraux à la Constituante

Le 5 mai 1789, Louis XVI ouvre les états généraux. C'est le début de la Révolution française. Elle durera dix ans.

Dès le 17 juin, les députés du tiers état et une partie du clergé se transforment en Assemblée nationale sur proposition de l'abbé Sieyès, qui constate que ladite assemblée représente les « quatre vingt seize centièmes de la Nation ». Le 20 juin, ils se réunissent dans la salle du Jeu de Paume. Ils décident de remettre à plat les institutions et de rédiger une constitution, selon l'exemple américain. Ils se proclament Assemblée nationale constituante.

Mais Louis XVI renvoie Necker. À Paris, on craint une intervention contre la capitale. Le 14 juillet 1789, des badauds s'attroupent, pillent une armurerie et prennent d'assaut la Bastille. Cette journée mémorable voit les premiers morts de la Révolution. Le propre frère du roi, le comte d'Artois, futur Charles X, quitte la France, donnant aux nobles le signal de l'émigration.

Paris se donne un maire, Bailly, et un commandant de la garde nationale, le général La Fayette, en remplacement de l'administration royale. Les autres villes imitent la capitale.

Une « Grande peur » s'étend dans les campagnes. Les paysans craignent que les seigneurs n'augmentent les taxes qui pèsent sur eux. Ils pillent les châteaux et brûlent les « terriers », c'est-à-dire les documents qui contiennent les droits seigneuriaux. C'est au tour des députés d'avoir peur. Dans la nuit du 4 août 1789, pour calmer les paysans, ils votent l'abolition des droits seigneuriaux.

Le 26 août 1789, les députés votent la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. L'article 1 est très beau : « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits... »

[voir la gravure en grandes dimensions]

 
Le rêve ne dure pas. Le 5 octobre 1789, une foule de Parisiennes vont chercher Louis XVI à Versailles. Le roi et sa famille déménagent pour les Tuileries. L'assemblée fait de même.

Pour le premier anniversaire de la prise de la Bastille, les Français et leur roi fraternisent sur le Champ de Mars. C'est la Fête de la Fédération. Le régime semble stabilisé tandis que l'Assemblée réforme à tout va. Elle crée les départements le 15 janvier 1790, instaure l'état civil, introduit le divorce et le mariage civil, supprime le privilège d'aînesse, abolit les corporations et, dans un souci de cohérence, interdit toute association de patrons ou de salariés (cette loi entravera au XIXe siècle la création de syndicats).

Les caisses de l'État étant vides, les députés ont l'idée de saisir les terres et les biens de l'Église. En contrepartie, ils votent le 12 juillet 1790 la Constitution civile du clergé qui garantit un revenu à chaque prêtre. Le pape condamne le texte et menace de suspendre les prêtres « jureurs » qui ont prêté serment à la Constitution.

Le roi, très pieux, se met dès lors en retrait de la Révolution et utilise son droit de veto pour paralyser le travail législatif. Le 21 juin 1791, il tente de s'enfuir mais il est rattrapé à Varennes. Dès lors s'effrite la ferveur monarchiste des Français. Le 17 juillet 1791, sur le Champ de Mars, les gardes de La Fayette fusillent des républicains qui demandent la déposition du roi.

La Législative

Le 1er octobre 1791, la première Constitution française entre en application. Elle inaugure une monarchie constitutionnelle à l'anglaise où le pouvoir législatif (rédiger les lois) est confié à une Assemblée du même nom.

Les souverains étrangers voyaient au départ la Révolution sans déplaisir, escomptant un affaiblissement de la France sur la scène internationale. Mais ils commencent à s'inquiéter pour le roi et craignent une contagion révolutionnaire. Louis XVI, son entourage et les émigrés français les poussent à intervenir. De leur côté, les révolutionnaires se prennent à espérer une guerre victorieuse qui consoliderait le régime.

Sur la base de ces très mauvais calculs, le 20 avril 1792, l'Assemblée législative et le roi déclarent la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie », en fait le puissant archiduc d'Autriche, futur empereur d'Allemagne. Prussiens et Autrichiens envahissent la France cependant que le duc de Brunswick, qui commande les armées prussiennes, menace les Parisiens d'un mauvais sort.

Le 10 août 1792, la foule envahit les Tuileries et fait enfermer le roi et sa famille dans la prison du Temple. C'est la fin d'une monarchie millénaire ! Le 2 septembre 1792, des milliers de prisonniers d'opinion sont massacrés par la foule.

La Convention (1ère République)

Une nouvelle assemblée est élue au suffrage universel (à l'exclusion des femmes) et non plus comme précédemment au suffrage censitaire (seuls avaient le droit de voter et de se faire élire les hommes assez aisés pour payer un minimum d'impôt).

Le 20 septembre 1792, l'assemblée de la Convention (un nom emprunté aux Américains) se réunit pour la première fois. Le même jour, à Valmy, en Argonne, les Prussiens sont repoussés de manière inattendue par les Français, au chant de la Marseillaise. Ils repassent la frontière sans attendre.

Le 21 septembre 1792, la Convention proclame l'abolition de la monarchie et, le lendemain, entre en république. Puis elle entreprend de juger le roi. Le procès réveille l'opposition entre deux clans politiques : les Girondins qui veulent maintenir des institutions décentralisées et les Montagnards (ainsi nommés parce qu'ils siègent dans les travées élevées de l'Assemblée !), qui veulent instaurer la dictature pour sauver les acquis de la Révolution. Les Montagnards s'appuient sur les sans-culottes parisiens, toujours prêts à déclencher une émeute.

Le 6 novembre 1792, à Jemmapes (Belgique), les Français remportent une nouvelle victoire et le 21 janvier 1793, l'ex-roi Louis XVI est guillotiné en place publique.

La Révolution triomphe mais l'Angleterre ne supporte pas que l'armée française campe en Belgique, où passe une grande partie de son commerce avec l'Europe... Elle monte une première coalition contre la France.

La Convention proclame la « patrie en danger » et lève 300 000 hommes. Ne réussissant à recruter que la moitié des effectifs souhaités, elle recourt le 10 mars à la levée en masse autoritaire, ce qui entraîne dès le lendemain le soulèvement des paysans vendéens.

Les Français sont battus à Neerwinden et leurs frontières à nouveau menacées. Le général Dumouriez, vainqueur de Valmy et Jemmapes, passe à l'ennemi. Le 28 mars est constitué un Tribunal révolutionnaire pour juger les traîtres et les gens supposés tels. Enfin, la Convention confie le gouvernement à un Comité de salut public dominé par Robespierre et d'autres membres du club des Jacobins.

Le gouvernement tente d'imposer le cours forcé des « assignats », la monnaie de papier gagée sur les biens nationaux (les propriétés de l'Église saisies en 1790). C'est un échec. Les Français dédaignent la nouvelle monnaie et conservent leur or.

Le 31 mai 1793, des sans-culottes encerclent la Convention. Ils obtiennent que soient envoyés à l'échafaud les chefs girondins, soupçonnés de préparer le retour de la monarchie ! Le 17 septembre 1793, la Convention vote la loi des suspects qui permet l'arrestation de ceux qui « n'ayant rien fait contre la Liberté, n'ont rien fait pour elle ». Pour pallier la crise économique, les députés votent la loi du « maximum général » (prix et salaires sont réglementés).

Les Montagnards paraissent enfin triompher. Dans le cadre de la déchristianisation, ils se permettent d'imposer un changement de calendrier. La Convention supprime l'esclavage dans les colonies françaises. Elle officialise le drapeau tricolore. Après l'exécution de Danton, Robespierre reste seul maître à Paris.

Le 10 juin 1794, la loi du 22 prairial An II réduit les procès révolutionnaires à de simples formalités. C'est le début de la « Grande Terreur » qui entraînera la mort sur l'échafaud de milliers de simples suspects. Le 26 juin 1794, la victoire de Fleurus, en Belgique, sauve une nouvelle fois la Révolution mais elle enlève du coup toute justification à la dictature jacobine et à la Terreur.

Le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II selon le calendrier républicain), Robespierre et ses amis sont arrêtés. Ils sont guillotinés le lendemain. Ses vainqueurs, surnommés les « Thermidoriens », libèrent les suspects, mettent fin à la Terreur et rétablissent la liberté des cultes.

Le Directoire

Le 1er octobre 1795, le Directoire succède à la Convention. Dans ce nouveau régime, le pouvoir législatif est partagé entre deux conseils, les Cinq-Cents et les Anciens, et l'exécutif confié à un Directoire de cinq personnes de façon à prévenir toute dictature.

La reprise économique est forte. Le Directoire, qui manque néanmoins d'argent, invite ses généraux à rançonner les pays conquis. Le général qui y réussit le mieux est Napoléon Bonaparte.

Après avoir écrasé à Paris l'émeute royaliste du 13 Vendémiaire (5 octobre 1795), il vainc les Autrichiens en Italie. Le 18 octobre 1797, il impose la paix à l'Autriche par le traité de Campo-Formio, mettant fin à la première coalition.

Le Directoire en profite pour exporter la Révolution. Il crée des républiques-soeurs en Italie, en Suisse... sur le modèle de la France. Il envoie également Bonaparte conquérir l'Égypte ! Pour faire face à une deuxième coalition fomentée par l'Angleterre, il instaure la conscription obligatoire (loi Jourdan).

Mais la République aborde l'année 1799 en position désespérée. Elle cherche un homme fort qui puisse la sauver. Justement, Bonaparte revient d'Égypte, auréolé de gloire. Par le coup d'État des 9 et 10 novembre 1799 (18 et 19 Brumaire an VIII), il renverse le régime. On peut alors considérer que la Révolution française est terminée.

Bonaparte instaure le Consulat

Bonaparte instaure le Consulat, un régime républicain dans lequel le Premier Consul (lui-même) exerce un pouvoir quasi-absolu. Le nouveau maître du pays poursuit les réformes antérieures. Il crée la Banque de France et lui donne le droit d'imprimer - avec modération - du papier-monnaie. Il signe surtout avec le pape Pie VII un Concordat qui met fin à dix ans de guerres religieuses.

Pour contrer la deuxième coalition, Bonaparte tente de réitérer les exploits de sa première campagne d'Italie. Il bat les Autrichiens à Marengo le 14 juin 1800 mais l'ennemi ne plie vraiment qu'après sa défaite à Hohenlinden, en Allemagne, le 3 décembre 1800, face au général Moreau.

L'Autriche signe la paix à Lunéville. Puis, c'est au tour de l'Angleterre de signer la paix à Amiens le 25 mars 1802. C'en est fini de la deuxième coalition mais la paix est précaire, la France conservant la plupart de ses conquêtes.

Du Consulat à l'Empire

Bonaparte se fait désigner comme Premier Consul à vie, puis, le 21 mars 1804, pour couper court aux complots royalistes, il fait exécuter le jeune duc d'Enghien, prince de sang royal. Le même jour, il promulgue le Code Civil, son oeuvre la plus méritante et sans doute la plus durable.

Le 18 mai 1804, un sénatus-consulte établit l'Empire et promulgue la Constitution de l'an XII. Bonaparte échange son titre de Premier Consul contre celui d'Empereur. C'est la récompense qu'il s'octroie pour avoir rétabli (provisoirement) la paix et la prospérité sans sacrifier les conquêtes de la Révolution. Le 2 décembre 1804, il est sacré à Notre-Dame. Général de la Révolution française, il reconstitue à son profit l'Empire de Charlemagne !

Une troisième coalition relance la guerre. Renonçant à débarquer en Angleterre, la « Grande Armée » quitte le camp de Boulogne et se dirige à marches forcées vers la Bavière. Le 20 octobre 1805, les Autrichiens capitulent à Ulm. Mais le lendemain, à mille lieues de là, au large du cap Trafalgar, non loin de Cadix, la flotte franco-espagnole est anéantie par l'amiral Nelson. Napoléon 1er n'a plus l'espoir de conquérir l'Angleterre...

Le 2 décembre 1805, un an tout juste après son sacre, il remporte sa victoire la plus éclatante à Austerlitz, en Moravie, sur les empereurs d'Autriche et de Russie. L'Autriche rompt la troisième coalition en signant le traité de Presbourg (aujourd'hui Bratislava), le 26 décembre 1805.

Suite à une quatrième coalition entre la Prusse, la Russie et toujours l'Angleterre, les armées prussiennes sont battues à Iéna et Auerstedt, en Saxe, le 14 octobre 1806. L'Empereur des Français organise par ailleurs le « Blocus continental » pour étouffer l'Angleterre : il interdit à tous les pays européens de commercer avec elle !

Napoléon affronte les Russes à Eylau, le 8 février 1807, et obtient une victoire enfin décisive le 14 juin 1807 à Friedland. Il signe la paix avec le tsar à Tilsitt, sur un radeau au milieu du Niémen, le 7 juillet 1807. Fin de la quatrième coalition.

Le général Junot occupe Lisbonne. Dans le même temps, Napoléon croit bon d'éliminer la dynastie discréditée des Bourbons d'Espagne. Les Madrilènes, choqués, se soulèvent le 2 mai 1808 contre l'occupant français. Et le 22 juillet 1808, à Bailén, en Andalousie, une armée française se rend aux Espagnols. L'Europe découvre que quelques poignées de paysans peuvent mettre en échec les armées napoléoniennes, invaincues jusque-là !

Les nuages s'amoncellent. Le pape Pie VII ayant excommunié Napoléon, suite à l'occupation des États pontificaux, l'Empereur le fait derechef enlever. Le 6 juillet 1809, il vainc les Autrichiens à Wagram, non sans avoir frôlé la défaite à Essling.

Le 14 octobre 1809, la paix de Schönbrunn met fin à la cinquième coalition et rabaisse considérablement l'Autriche. Napoléon (40 ans), qui a divorcé de Joséphine de Beauharnais, épouse l'archiduchesse Marie-Louise (18 ans). Il en attend avant tout un héritier.

Le 24 juin 1812, la Grande Armée (700 000 hommes) envahit la Russie, qui ne respecte pas les conventions de Tilsit, et atteint Moscou. Mais elle en est chassée par l'incendie de la ville. Commence la retraite dont le caractère dramatique est illustré par la traversée de la Bérézina. Au terme de la débâcle ne restent plus que 25 000 combattants valides.

En mars 1813 se noue une sixième coalition qui réunit presque toute l'Europe. Battu à Leipzig, les 16-18 octobre 1813, Napoléon 1er évacue l'Allemagne. Malgré d'ultimes prouesses stratégiques, il est contraint à l'abdication et exilé sur l'île d'Elbe.

La restauration de la monarchie

Le traité de Paris du 30 mai 1814 enlève à la France toutes ses conquêtes depuis 1792. Grâce à l'intervention de Talleyrand, diplomate talentueux et retors, le frère de Louis XVI restaure la monarchie sous le nom de Louis XVIII (60 ans). Il octroie le 4 juin 1814 une Charte constitutionnelle datée de… la 19e année de son règne.

Mais le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan. À la stupeur générale, il va reprendre le pouvoir pendant Cent Jours. Son épopée s'achève le 18 juin 1815 à Waterloo. Il mourra à Sainte-Hélène, dans l'Atlantique sud, auréolé de légende.

Louis XVIII (1814-1824), le « roi-fauteuil »

Le 22 août 1815, les élections donnent à la Chambre des députés une majorité ultraroyaliste. Le roi la qualifie de « Chambre introuvable ». Il ne peut pas contenir la soif de revanche des anciens émigrés qui débouche sur la « Terreur blanche ».

Un deuxième traité de Paris sanctionne le retour de Napoléon en ramenant la France à ses frontières de 1790 ! Pour parer à de nouvelles tourmentes, le tsar, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse signent le pacte de la Sainte-Alliance « au nom de la Très Sainte et Indivisible Trinité des trois puissances orthodoxe, catholique et protestante ». Ils sont rejoints par le Royaume-Uni puis par la France de Louis XVIII. L'Europe va dès lors vivre dans une paix relative pendant près d'un demi-siècle. La carte du continent sera à peine modifiée par l'indépendance de la Belgique (1830).

Louis XVIII dissout la Chambre et obtient la majorité modérée qu'il espérait. Mais le 20 septembre 1820, l'assassinat du duc de Berry, son neveu et héritier, provoque un durcissement du régime.

Charles X (1824-1830), chef de file des « ultras »

À la mort du vieux roi Louis XVIII, le 16 septembre 1824, son frère, chef de file des « ultras » (partisans du retour à l'absolutisme), lui succède sous le nom de Charles X (67 ans). Il fait voter le « milliard des émigrés », pour indemniser les victimes de la Révolution, et la loi sur le sacrilège qui punit de mort les profanateurs.

L'impopularité du roi culmine lorsqu'en 1829, il nomme à la tête du gouvernement le prince de Polignac, un dur parmi les « ultras ». Dans l'espoir de recouvrer sa popularité, il envoie une flotte à l'assaut d'Alger ! La ville est prise le 5 juillet 1830.

Le triomphe de la bourgeoisie

Le 25 juillet 1830, le roi publie quatre ordonnances qui restreignent les libertés. Il s'ensuit trois jours de barricades. C'est la révolution des « Trois Glorieuses ». Charles X doit abdiquer.

Louis-Philippe 1er (1830-1848), le « roi bourgeois »

Au lieu de la République attendue, c'est une nouvelle monarchie que les Chambres instituent en la personne du duc d'Orléans (57 ans), qui devient roi des Français le 31 juillet 1830 sous le nom de Louis-Philippe 1er.

La bourgeoisie tient désormais le haut du pavé. Dépeinte par Balzac dans la Comédie humaine, elle cultive les vertus de travail et d'épargne.

Mais la jeunesse préfère à ces vertus les passions sentimentales et l'amour de la Nature. C'est le triomphe du romantisme.

L'Église retrouve la place qui était la sienne avant la Révolution.

Le pays entre avec lenteur dans l'ère industrielle. Il connaît les premières révoltes ouvrières et de brèves poussées de violences. Le roi lui-même est victime de sept tentatives d'assassinat dont celle de Fieschi, en 1835 (18 morts).

Les républicains organisent une campagne de banquets à partir de 1847 pour dire leur lassitude de Louis-Philippe 1er. L'interdiction d'un banquet déclenche une manifestation le 22 février 1848. Le roi révoque son président du Conseil, François Guizot, et tout rentre dans l'ordre quand le soir du 23 février, la troupe tire sur le boulevard des Capucines. Le vieux roi n'insiste pas et laisse la place à une IIe République.

L'Algérie, héritage encombrant

Louis-Philippe 1er a reçu de Charles X un héritage encombrant : l'Algérie. Les Français, qui n'ont guère envie de l'occuper, négocient des arrangements avec les chefs de l'arrière-pays. Mais l'un d'eux, l'émir Abd el-Kader, prend prétexte d'une violation de son territoire pour proclamer la guerre sainte. Le général Bugeaud réagit avec brutalité. Il constitue des colonnes mobiles comme en Vendée, une génération plus tôt. Le 23 décembre 1847, la reddition d'Abd el-Kader met fin à la résistance.


Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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