Mensuel, N° 203, mars-avril 2022, 6,90€
Ce numéro des Cahiers de Science et Vie est intéressant non pas par ses rappels sur le rôle du fleuve dans l'Antiquité, mais par l'article sur le grand barrage de la Renaissance (GERD) construit en Ethiopie. Il fait le point sur l'état d'avancement du projet, sur la situation dans la région et les enjeux d'une telle réalisation.
Il s'agit pour l'Ethiopie de distribuer de l'électricité à 115 millions d'habitants pour amorcer un bond économique, le pays devenant l'atelier de sous-traitance de l'Asie. Il en fera un acteur incontournable au niveau géopolitique dans la région. Il permettra au Premier ministre, en difficulté, de conserver sa légitimité.
Lorsqu'il fonctionnera à plein régime, le barrage pourrait priver l'Egypte de 10 % des eaux du Nil bleu alors que le pays doit faire face à une explosion démographique. Mais moderniser le réseau ou rationaliser l'irrigation qui utilise 80% de l'eau permettrait de le compenser.
Autre sujet d'inquiétude : les conséquences du barrage d'Assouan qui sont de plus en plus visibles. On peut en effet observer l'évaporation de l'eau du lac, la salinité grandissante des eaux, le blocage des limons et donc l'affaissement du delta du Nil où vit 60 % de la population égyptienne.
A noter un article sur une personnalité méconnue : Joseph Pons d'Arnaud, ingénieur français envoyé par Mehemet Ali dans les années 1830 explorer le Sudd, une zone marécageuse du Soudan.