Dans le monde chinois, la période de troubles et d'invasions entamée avec la chute des Han en 221 prend fin avec la réunification de l'espace chinois en 589 sous l'égide de la dynastie Sui, établie à Chang'an, actuelle Xi'an.
L'empereur Sui Yangdi, qui monte sur le trône en 605, tente de renouer avec la politique ambitieuse des Han. En Asie centrale, il réussit à soumettre les oasis du Tarim et développe les relations commerciales avec la Perse et l'Inde. Il transfère aussi la capitale de Chang'an à Luoyang, sur le Fleuve Jaune, et dans le même temps prolonge le Grand Canal, un projet pharaonique entamé mille ans plus tôt et destiné à établir une voie fluviale à vocation militaire (aujourd'hui long de 1800 kilomètres, il est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco et sert avant tout au transport de marchandises).
Mais l'effort demandé aux Chinois s'avère trop pesant. Une fiscalité trop lourde, un échec militaire en Corée, une classe dirigeante corrompue ont raison de la faveur accordée au « Fils du Ciel ». En 618, un jeune ambitieux du nom de Li Shimin ouvre les hostilités avec le concours de quelques affidés turco-mongols.
Le pâle successeur de Yangdi est mis à mort par ses propres subordonnés et le 4 septembre 626, Li Shimin peut monter sur le trône sous le nom de Taizong. Il fonde une nouvelle dynastie, les Tang.
Le renouveau Tang (618 à 907)
Sous son règne et celui de ses successeurs, l'État se renforce. Il devient le seul émetteur de monnaie. L'empereur lance une réforme agraire au détriment des grands domaines monastiques bouddhistes, dont les terres échappaient jusqu'alors à l'impôt. Le système des examens impériaux permet de recruter le personnel administratif en se fondant sur des concours impartiaux et non sur la fortune ou la naissance, en adéquation avec le confucianisme, redevenu doctrine officielle de l'État. Le bouddhisme continue néanmoins de prospérer et de nouvelles religions comme le nestorianisme, le manichéisme et l'islam pénètrent en Chine sans toutefois faire beaucoup d'adeptes.
Les arts et les lettres fleurissent. Les Chinois inventent aussi une forme d'imprimerie, à base de planches de bois gravées en relief, grâce à laquelle ils édite en 932-953 les Classiques confucéens. Le raffinement de la cour des Tang permet à la Chine d'exercer un ascendant culture et politique très fort sur le Japon et la Corée.
L'empereur Taizong consolide par ailleurs les frontières en étendant son autorité jusqu'au Turkestan et en rattachant à l'empire l'ancien khanat des Turcs orientaux (l'actuelle Mongolie). La situation se dégrade après sa mort, sous le règne de sa favorite Wu Zetian. Celle-ci doit faire face à une révolte des Turcs orientaux cependant que les barbares tibétains se ruent sur le bassin du Tarim et enlèvent en 670 les « Quatre garnisons » stratégiques (Koutcha, Kachgar...).
La dynastie atteint son apogée sous le règne de Xuanzong, qui monte sur le trône le 8 septembre 712 et va régner pendant quatre décennies. Il réussit à refouler les barbares des frontières mais son armée est défaite sur les bords de la rivière Talas (Kirghizie actuelle) en juillet 751 par une armée arabe alliée à des contingents tibétains. Pour les Arabes abbassides, Talas représente le point ultime de leur expansion vers l'Orient. À la même époque, en 732, leurs coreligionnaires occidentaux arrivaient à Poitiers au point ultime de leur expansion. On suppose que c'est à la suite de cette bataille que des Chinois, capturés par les Arabes, ont divulgué le secret de la fabrication du papier (dico).
L'empereur Xuanzong va connaître une fin dramatique suite à la rébellion d'un officier d'origine turque, An Lushan. En 755, celui-ci se proclame empereur et marche sur la capitale Chang'an. Il oblige l'empereur Xuanzong à s'enfuir puis abdiquer le 12 août 756. An Lushan lui-même est un peu plus tard tué par son propre fils et les Tang reprennent l'initiative en 763 avec le concours des barbares Ouïgours. Mais tout a changé. La révolte a entraîné l'empire dans la ruine et l'anarchie, occasionnant des millions de morts. Après le recensement de 754, qui évaluait la population de la Chine à 52 millions d'habitants, celui de 834 n'en relève plus que 30 millions.
Au début du Xe siècle, la dynastie Tang s'effondre, en butte aux révoltes populaires et surtout aux poussées de ses voisins, les nomades turcs et ouïgours. La période de chaos qui s'ensuit, surnommée période des Cinq dynasties et des Dix États, prend fin grâce au charisme d'un guerrier, qui devient empereur sous le nom de Song Taizu et fonde la dynastie des Song.














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