Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman

Une exposition hors les murs (110e anniversaire)


Évacuation des orphelins arméniens de l’orphelinat américain du Near East Relief à Kharpert menacépar les forces kémalistes. 1922

Depuis le 1er avril 2025 et jusqu’au 4 novembre prochain, le Mémorial de la Shoah (Paris) présente une exposition consacrée au génocide des Arméniens.

Exposition hors les murs du Mémorial de la Shoah (1er avril-4 novembre 2025)Ce premier génocide de l’Histoire contemporaine a débuté il y a cent-dix ans par des massacres de villageois en Asie mineure et il a pris une dimension systémique le 24 avril 1915 avec la rafle et l’exécution de quelques centaines de notables de la capitale ottomane, Constantinople.

Préparée par l’historienne Claire Mouradian, elle-même petite-fille de survivants du génocide, l’exposition consiste en une vingtaine de grands panneaux illustrés et remarquablement composés. Ces panneaux sont disposés à l’extérieur du Mémorial, sur l’Allée des Justes. Ils sont donc librement accessibles à tous les promeneurs curieux de s’informer.

L’exposition retrace l’Histoire plusieurs fois millénaire de l’Arménie (Haiastan en langue arménienne). Elle fut le premier État à se convertir au christianisme et occupa à son apogée une superficie jusqu’à dix fois plus grande qu’aujourd’hui. L’exposition montre comment l’Arménie, écartelée entre de puissants empires, Russie, Iran et surtout Turquie, en vint à disparaître comme État.

En Asie mineure, à partir de 1860, les Arméniens endurèrent une violence de plus en plus aigüe de la part de leurs voisins musulmans et du pouvoir ottoman. Il s’ensuivit les grands massacres de la fin du XIXe siècle (200.000 morts entre 1894 et 1896, sous le règne du sultan Abdülhamid II) puis, en pleine guerre mondiale, le génocide qui se solda par la disparition de 1,2 à 1,5 million d’innocents entre avril 1915 et décembre 1916, soit près des deux tiers de tous les Arméniens.

L’exposition raconte et montre ces exécutions collectives et ces déportations de masse ainsi que leurs commanditaires, les « Jeunes-Turcs » du Comité Union et Progrès (CUP) qui ont pris en main les destinées de l’empire ottoman. Elle montre les tourments des survivants qui ne savaient plus où trouver refuge et se termine sur la fuite des responsables du CUP, leur exécution par de jeunes justiciers arméniens, la volonté des nouveaux dirigeants turcs d’effacer la mémoire de l’Arménie et la reconnaissance du crime contre l’humanité et du génocide dans le droit international.

André Larané



Publié ou mis à jour le : 2025-04-24 00:08:07

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