Jules César (100 av. J.-C. - 44 av. J.-C.)

Le dandy magnifique

Jules César serait né selon la tradition le 12 juillet de l'an 100 av. J.-C., à Rome.

Une ascendance prestigieuse

De son vrai nom Caius Julius (Caius est son prénom et Cæsar un surnom), il est issu d'une famille patricienne qui prétend descendre de Iule, fils d'Énée, lui-même fils de Vénus et fondateur indirect de Rome.

Jules César est le neveu par alliance du vieux Marius. Le prestigieux conquérant de l'Afrique est aussi le chef du parti populaire. À ce titre, il s'oppose à Sylla, chef du parti sénatorial, et n'hésite pas à faire exécuter ses ennemis.

À 16 ans, Jules épouse Cornélia, la fille du consul Cinna, qui lui donnera une fille, Julia. Ce sera son seul enfant légitime. Son beau-père est lui-même un farouche partisan de Marius et devient l'homme fort de Rome à la mort de ce dernier.

Le vent tourne lorsque Sylla revient d'une campagne militaire en Orient. Le jeune Jules César est compromis avec les « marianistes » du fait de son mariage. Il se refuse à répudier Cornélia et sur les conseils de sa mère Aurélia, s'enfuit de Rome pour échapper aux proscriptions.

Pendant qu'il erre dans les monts Sabins, sa mère obtient de Sylla sa grâce. Le jeune Jules préfère ne pas s'attarder à Rome et suit à Mytilène le nouveau gouverneur de la province d'Asie, Marcus Minucius Thermus. Il séjourne ensuite à Rhodes pour suivre des cours d'éloquence auprès du savant Apollonios Molon.

Entre Rhodes et Rome, son navire est attaqué par des pirates. Survient un épisode célèbre de l'épopée césarienne. Le jeune Jules fait part de son indignation aux pirates qui lui réclament une rançon de vingt talents. Il fixe lui-même sa rançon à 50 talents... Une fois que celle-ci a été payée par sa famille, Jules César, redevenu libre, arme un navire, rattrappe ses ravisseurs et les fait crucifier !

Cursus honorum

La mort du dictateur Sylla ramène César à Rome où sa mère lui obtient une fonction de grand pontife (ou prêtre). À 27 ans, le jeune homme s'engage dans le cursus honorum ou carrière des honneurs. Celle-ci passe par les fonctions de tribun, questeur, édile et préteur, avant de se conclure éventuellement par celle de consul.

Pendant que dans la campagne italienne, les légions de Pompée et Crassus combattent les esclaves de Spartacus, César est nommé tribun militaire en 72 av. J.-C., comme quelques autres Romains de sa génération.

Le jeune patricien mène une vie dissipée de dandy. Bon orateur, poète à ses heures, il intervient dans les batailles politiques qui agitent la République romaine en pleine décomposition. Sa fortune et surtout ses emprunts lui permettent des dépenses fastueuses qui le rendent populaire dans la plèbe. César est par ailleurs bien introduit parmi les familles patriciennes. Lui-même a des liens familiaux avec Crassus et Pompée, les personnalités qui comptent à Rome.

Pour faire bonne mesure, après la mort de sa femme Cornélia, César épouse en secondes noces une petite-fille de Sylla, Pompeia. Il se fait nommer questeur dans la péninsule ibérique, avec la charge de gérer les finances de la province, ce dont il s'acquitte avec brio.

À Cadix, devant une statue d'Alexandre le Grand, il gémit sur lui-même qui, à 32 ans, n'a encore rien fait tandis que le héros macédonien avait au même âge conquis l'univers.

De retour à Rome, Jules organise de fastueuses funérailles pour sa tante Julia, veuve du grand Marius, le regretté chef du parti populaire. Lui-même fait son éloge du haut des Rostres, la célèbre tribune officielle décorée d'éperons de navires (rostres) qui domine le Forum.

César poursuit normalement dans la carrière des honneurs en devenant édile en l'an 65 av. J.-C. Chargé de l'approvisionnement de la ville, il organise de mémorables jeux du cirque pour l'anniversaire de la mort de son père. Pas moins de 320 paires de gladiateurs ! Défiant le parti aristocratique, il relève aussi les trophées de Marius sur le Capitole.

Il se tire avec habileté et honneur de la conjuration de Catilina, lui-même s'étant compromis avec le champion de la plèbe avant que Cicéron n'obtienne sa mise à mort.

Couvert de dettes, César obtient grâce à son entregent la charge prestigieuse de grand pontife. Ses créanciers n'ont plus qu'à patienter. Une sombre affaire l'amène à répudier sa deuxième épouse Pompeia (il se remariera ultérieurement avec Calpurnia).

Affaire de moeurs

Pendant la période des mystères de Bona Dea (la Bonne Déesse), il est de coutume à Rome que des fêtes strictement réservées aux femmes se déroulent dans la maison du grand Pontife, qui n'est autre que Jules César.

Guidé par la curiosité, le jeune amant de Pompéia, Publius Claudius Pulcher, communément appelé Claude (ou Clodius), pénètre dans la maison sous un déguisement de femme mais il est trahi par sa voix. L'incident fait scandale et Cicéron lui-même dénonce le sacrilège. César en prend prétexte pour répudier sa femme Pompéia au motif que « la femme de César ne doit pas être soupçonnée ! », selon ses propres mots. Son amant obtient l'acquittement, probablement par prévarication, en achetant les juges....

À l'approche de la quarantaine, en l'an 61 avant JC, César voit son horizon financier s'éclaircir avec sa nomination comme propréteur, ou gouverneur, en Espagne Ultérieure (l'actuelle Andalousie, avec Cordoue pour capitale).

Plutarque, dans sa Vie de César, rapporte que, traversant les Alpes pour se rendre en Espagne, le héros, dans un village, dit à ses compagnons : «Je préfèrerais être le premier dans ce village que le second à Rome ! ». En deux ans, il va administrer sagement sa province, pacifier la Lusitanie (Portugal), explorer la Galice... et amasser assez d'argent pour rembourser ses nombreux créanciers.

Fort de sa popularité naissante, il fait bientôt office de médiateur entre Crassus et Pompée et forme avec eux un premier triumvirat. Lui-même obtient en récompense la charge de consul pour l'année 59 av. J.-C.. Le mariage de sa fille Julia avec Pompée scelle l'alliance politique entre les deux ambitieux.

Au terme de son consulat, le Sénat octroie à César la charge de proconsul dans les Gaules  : Gaule Cisalpine (la plaine du Pô), Illyrie (la Croatie actuelle) et Gaule transalpine (Provence et Languedoc actuels) pour cinq ans.

C'est le début d'une ascension irrésistible mais brève. Au terme de la guerre des Gaules, César, fort de son succès, traverse le Rubicon sur un coup de dés. Il vainc son rival de toujours, Pompée, à Pharsale, obtient du Sénat l'intégralité des pouvoirs et en profite pour réorganiser les institutions romaines avant de périr sous le poignard.

Gabriel Vital-Durand

[Citations de Jules César]

Publié ou mis à jour le : 2020-01-07 16:34:10

 
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