Le Parti communiste chinois - Un Parti très peu «communiste» - Herodote.net

Le Parti communiste chinois

Un Parti très peu «communiste»

Le Parti communiste chinois (PCC) a été fondé dans la discrétion en 1921 à Shanghai par une poignée de militants. Parmi les treize délégués de ce premier congrès figurait Mao Zedong

Le 1er octobre 1949, il proclame à Pékin l'avènement de la République populaire de Chine (RPC). Dès lors, le parti communiste va devenir la courroie de transmission du pouvoir central et quadriller le pays en étouffant impitoyablement toutes les oppositions extérieures. 

Mais à l'intérieur même du Parti communiste se manifestent des tensions très violentes entre conservateurs (partisans d'une application stricte des principes communistes) et modernistes. Pour mieux éliminer ces derniers, Mao déclenche en 1966 une très sanglante « révolution culturelle ». Les modernistes prennent leur revanche peu après la mort de Mao, dix ans plus tard, avec à leur tête Den Xiaoping

Cet octogénaire né en 1904 modernise à marche forcée le pays tout en le maintenant sous la férule du parti communiste. Il se retire en 1993 après avoir installé son dauphin Jiang Zemin au secrétariat général du Parti et à la présidence de la République.

Théoriquement distincts, comme dans tout régime constitutionnel, les partis politiques et l'État sont très imbriqués. Ce sont en effet systématiquement des responsables du parti communiste qui sont désignés ou élus à la tête du gouvernement et des administrations.

Un parti de masse

Parti révolutionnaire devenu parti de gouvernement, le PCC est de loin le plus vaste parti politique au monde. Il regroupe en 2012 quatre-vingt millions de membres, soit 5% de la population chinoise. Intellectuels aisés et entrepreneurs privés constituent 70% des membres du parti en 2010, les ouvriers et paysans constituant le reste, alors que les proportions étaient inversées en 1980. Aujourd'hui, on compte même des milliardaires au sein du parti unique... 

Son organisation pyramidale a très peu évolué depuis ses origines. Le « centralisme démocratique » autorise théoriquement tout membre du Parti à débattre de n'importe quel sujet jusqu'à ce que les autorités centrales prennent une décision indiscutable. 

En fait, avec des élections à tous les niveaux, le Parti laisse peu de place à l'expression des militants de base. Les candidats aux postes de responsabilité sont cooptés par leurs pairs avant d'être présentés aux élections (cette démocratie de façade se retrouve peu ou prou dans certaines démocraties occidentales actuelles).    

Cooptation des élites dirigeantes

Le Parti communiste chinois réunit tous les cinq ans un Congrès national, composé d'environ 2.200 délégués. Il revient à ceux-ci d'élire les 200 membres du Comité central. 

Le Comité central élit à son tour le secrétaire général et les 24 membres du Comité permanent du Bureau politique, censés prendre collectivement toutes les décisions importantes. Le Comité permanent comptait neuf titulaires jusqu'en 2012. Ils ne sont plus aujourd'hui que sept, surnommés les « sept saints » ou les « sept empereurs ».

L'État chinois se présente comme une dépendance du puissant PCC, avec un président de la République et un premier ministre, en charge du pouvoir exécutif, et une Assemblée nationale populaire en charge du pouvoir législatif (vote des lois). Cette assemblée compte près de 3 000 députés dont les deux tiers sont inscrits au parti communiste et les autres à des partis vassaux.

Depuis la réforme de Deng Xiaoping, en 1992-1993, le secrétaire général du Parti est candidat (unique) à la Présidence de la République. Il est élu par les députés de l'Assemblée nationale populaire pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. 

Le Premier ministre, qui assiste le président de la République, est également élu par l'Assemblée nationale populaire parmi les « sept saints » du Comité permanent.

La relève

En 2003, Jiang Zemin a laissé son poste à Hu Jintao, à l'issue de ses deux mandats. Ce dernier s'apprête à passer la main à son tour à l'issue du XVIIIe Congrès du PCC, qui réunira 2000 délégués de toute la Chine à Pékin, à partir du 8 novembre 2012.

Xi Jinping, 1 juin 1953 à PékinSans surprise, il doit céder la fonction de secrétaire général du Parti communiste puis celle de président de la République à son vice-président, Xi Jinping.

Cet ingénieur né en 1953, serait, dit-on, non corrompu (une exception !). C'est surtout le fils d'un compagnon de route de Mao, autrement dit un « taizi » ou « prince héritier », ce qui n'est pas pour plaire à tout le monde.

Dans le même temps, le Premier ministre Wen Jiabao, dont la famille s'est considérablement enrichie sous sa protection, doit laisser la place à Li Keqiang, un juriste né en 1955, apparemment très soucieux de lutter contre la corruption des dirigeants locaux.

Ces changements et bien d'autres doivent renouveler la classe dirigeante à l'issue du XVIIIe Congrès. 

Ils interviennent dans un climat quelque peu tendu. D'une part, la croissance économique  est tombée aux alentours de 8% par an, ce qui est énorme d'un point de vue européen mais délicat à assumer pour le gouvernement chinois qui doit gérer les tensions produites par les inégalités sociales et géographiques.

D'autre part, le pouvoir communiste est quelque peu malmené par la montée d'une opposition semi-clandestine qui s'exprime sur internet. Son image a été aussi entachée par le scandale, associant meurtre, sexe et argent, qui a entraîné la chute de Bo Xilai. Chef du parti communiste de Chongqing (la plus grande ville du pays) et également « taizi » ou « prince héritier », Bo Xilai était appelé à rejoindre les « sept saints » du Comité permanent du Bureau politique !

La Chine dans ses frontières actuelles

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La Chine populaire en 1949 (carte : Afdec) Le 1er octobre 1949, à Pékin, Mao Zedong proclamait l'avènement de la République populaire de Chine. Bien que rassemblant le cinquième de la population mondiale sur 9,5 millions de km2 (17 fois la France), le pays ne produisait alors guère plus de 3% de la richesse mondiale.

Le drapeau de la Chine populaireEn 2017, après trois décennies de croissance à plus de 10% par an, la Chine assure à ses 1,4 milliards d'habitants un PIB/habitant/an moyen de 8000 dollars contre 60 000 pour les Américains. 

Elle a dépassé le Japon en richesse globale, devenant la deuxième économie mondiale derrière les États-Unis, avec une chance sérieuse de rattraper ceux-ci d'ici 2025 et de redevenir ce qu'elle a été jusqu'au XVIIIe siècle, la première puissance mondiale.

Mais sa prospérité retrouvée pourrait être compromise par une trop faible natalité et un nombre excessif d'inactifs âgés, sans compter un sex-ratio déséquilibré dû à l'avortement sélectif des foetus féminins.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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