La diplomatie apparaît avec les premiers États, au IIIe millénaire avant notre ère. Elle désigne toute forme de négociation entre gouvernements.
C’est un instrument de paix avant tout fondé sur la recherche de l’équilibre entre les partenaires, à l’égal de la danse. Le congrès de Vienne l’a montré en 1815. Mais cet exemple est aujourd’hui oublié.
Une affaire familiale et dynastique
Dans la chrétienté médiévale, la diplomatie est avant tout une affaire dynastique. On négocie pour solder les querelles entre familles et l’on conclut les guerres par de nouvelles alliances matrimoniales. Au Moyen Âge, la puissance du royaume de France et l'attraction qu'il exerce en font un acteur incontournable de la diplomatie.
Saint Louis, par exemple, suscite l'admiration à double titre : pour sa capacité à faire des concessions, comme l'illustre la signature du traité de Paris de 1259 conclu avec Henri III d'Angleterre.
Mais à la fin du Moyen Âge, il n’est plus question que les souverains se déplacent en personne pour mener les négociations de paix. C’en est fini de ces rencontres dispendieuses qualifiées de « grandes folies » par Philippe de Commynes.
La diplomatie devient une affaire de professionnels et les ambassades permanentes se généralisent. Ambassadeur de Suède en France, Hugo Grotius rédige en 1625 un traité sur le Droit de la guerre et de la paix, considéré comme un des textes fondateurs du droit international public.
La grande diplomatie européenne, de la Westphalie à Berlin
La dimension européenne de la diplomatie apparaît à l'issue de la guerre de Trente ans (1618-1648), menée sur le sol allemand par de nombreux États.
Selon que ces États sont protestants ou catholiques, leurs diplomates se réunissent dès 1643 à Osnabrück et Münster, en Westphalie. Ils vont palabrer cinq ans durant, sans que s’arrêtent les combats, avant d’aboutir à deux traités concomitants. Cette forme de diplomatie, encore pratiquée à Utrecht (1713), à l’issue de la guerre de la Succession d’Espagne, est remise en cause par la Révolution française.
La Convention se propose d'établir la France dans ses « frontières naturelles » et même de « libérer » les peuples de l'absolutisme sans plus se soucier du droit international. Le 19 novembre 1792, l'assemblée révolutionnaire vote un décret qui énonce : « La Convention nationale déclare au nom de la nation française qu'elle accordera fraternité et secours à tous les peuples qui voudront reconquérir leur liberté ».
La chute de Napoléon Ier marque un retour à la diplomatie westphalienne mais les conférences qui concluent la guerre austro-prussienne (1866) puis la guerre franco-prussienne (1870-1871) s’inscrivent dans un simple rapport de forces entre vainqueur et vaincu.
Les Européens font encore bon ménage quand il s’agit de se partager le monde. Par la convention de Pékin, en 1860, la Chine s’incline devant les Français et les Anglais. En 1878, Bismarck invite au congrès de Berlin le ban et l’arrière-ban de l’Europe pour régler le sort de l’empire ottoman. Il remet ça en 1885 à la conférence de Berlin pour, cette fois, préparer le partage du continent africain.
Versailles et la fin de la diplomatie européenne
Ce développement prometteur d'une diplomatie mondiale connaît une fin abrupte avec la Première Guerre mondiale. L'Allemagne est exclue des négociations de paix et le texte du traité signé à Versailles le 28 juin 1919, lui est seulement communiqué le 7 mai 1919.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la diplomatie européenne n'est plus qu'un lointain souvenir : c'est un procès (Nuremberg) et une conférence entre vainqueurs (Potsdam) qui règlent le sort de l'Allemagne nazie. La force appartient désormais aux États-Unis et à l'URSS, et la crise de Suez (1956) se charge de le faire comprendre aux Français et aux Britanniques (...).











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Voir les 4 commentaires sur cet article
Momon (13-12-2016 21:03:13)
Momon Vous avez dit : Diplomatie !!! J’ai apprécié le développement de votre article sur un sujet si important, mais aussi peu équilibré, tant, ceux qui font la diplomatie aujourd’hui n... Lire la suite
JP Saels (21-11-2016 07:16:47)
Pour info on écrit Jemappes et non Jemmapes.
Bravo pour toutes ces synthèses et rappels !
JPS
Jack (14-11-2016 22:58:17)
J'ai beaucoup apprécié cette synthèse qui ne peut être que le fruit d'une grande érudition. J'ajouterais seulement ceci: le rôle du feu atomique qui a porté à deux niveaux l'organisation de ... Lire la suite