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Alise-Sainte-Reine ou Chaux-de-Crotenay

La nouvelle bataille d'Alsia


31 janvier 2009 : depuis Napolon III, la plupart des historiens situent Alsia en Bourgogne, Alise-Sainte-Reine. En foi de quoi les pouvoirs publics ont investi quelques dizaines de millions d'euros sur le site...

Mais d'aucuns y voient un investissement haut risque, considrant que des indices plaident en faveur d'une autre localisation, dans le Jura...

André Larané

La bataille d'Alésia, qui vit la défaite de Vercingétorix face à Jules César, en 52 av. J.-C., est à la racine de l'histoire traditionnelle de la France. C'est dire si la localisation de la bataille, seulement connue à travers le récit de Jules César dans La Guerre des Gaules, a toujours excité la curiosité des érudits.

Parmi ceux-ci, il en est un, très particulier : l'empereur Napoléon III en personne.

Passionné par l'histoire romaine et lui-même auteur d'une bonne biographie de César, il a confié à une commission le soin d'identifier le site, et cette commission, sur la foi de traditions orales, de similitudes onomastiques (relatives aux noms), d'une ressemblance topographique avec les descriptions de La Guerre des Gaules et de nombreux vestiges archéologiques, a désigné Alise-Sainte-Reine et le mont Auxois, en Côte-d'Or (Bourgogne).

Satisfait, l'empereur a fait dresser sur le mont une grandiose statue du héros gaulois. Opportuniste, le sculpteur lui a donné les traits de Napoléon III.

Les choses en sont restées là jusqu'au début du XXIe siècle, quand les édiles locaux et l'État ont lancé le projet d'un centre d'attractions sur le site. Les premiers appels d'offres ont été lancés en 2008, avec un budget de quelques dizaines de millions d'euros.  Ils ont débouché sur l'ouverture du Muséoparc au pied du Mont-Auxois. Une oeuvre originale de l'architecte Bernard Tschumi, qui s'est fait connaître trente ans plus tôt avec le parc de la Villette (Paris).

Inscription lapidaire en langue gauloise et criture latine dcouverte en 1839  Alise-Sainte-Reine, avec le nom Alisiia
 

Polémique sur un détail de l'Histoire

Le projet de Muséoparc a ravivé les querelles d'experts et de passionnés sur la localisation de la bataille d'Alésia. Il est vrai que de nombreuses hypothèses se font concurrence depuis deux siècles sur ce sujet, la plupart basées sur des similitudes onomastiques.

La plus sérieuse de ces hypothèses, et également la plus récente, est le fait d'André Berthier. En 1962, en Algérie, cet archéologue, qui a fouillé la cité antique de Tiddis, lit l'ouvrage de Jérôme Carcopino : Alésia et les ruses de César, plaidoyer en faveur d'Alise-Sainte-Reine (et contre le site franc-comtois d'Alaise).

Troublé par de nombreuses incohérences, André Berthier lit à la loupe le récit de Jules César et se fait livrer les cartes d'état-major de l'Est de la France. 

L'archéologue iconoclaste fait valoir, en s'en tenant à une interprétation rigoureuse des écrits de César, que la bataille avait plutôt dû se dérouler dans le Jura, sur les communes de Syam et Chaux-de-Crotenay. Il entame des fouilles sur place et recueille quelques indices encourageants. Mais très vite il doit interrompre ses recherches sur une injonction de l'administration.

Dans un essai engagé, L'Histoire interdite (Tallandier), l'historien Franck Ferrand a rappelé cette thèse à l'automne 2008. Il a suggéré que l'on engage sur le site jurassien quelques fouilles complémentaires pour valider ou invalider enfin la thèse d'André Berthier et éteindre la polémique d'une façon ou d'une autre.

Le débat a pris une tournure médiatique suite à une émission de Canal+, le 12 décembre 2008, qui a mis ouvertement en doute la thèse bourguignonne : « Alésia : la bataille continue ». Les archéologues et historiens impliqués dans le projet de MuséoParc sont montés au créneau et ont réagi par un vigoureux communiqué. Le voici :

Alésia : quand investigation rime avec désinformation...

Le film « Alésia : la bataille continue », programmé par Canal + vendredi 12 décembre laisse pantois les scientifiques que nous sommes. Nous sommes très étonnés qu'un média aussi sérieux ait diffusé, dans le cadre d'un magazine d'investigation, un documentaire aussi partial et incomplet. Accumulant erreurs et approximations historiques et archéologiques sur la localisation du siège de 52 av. J-C., il tente de réveiller une thèse récusée depuis longtemps par la communauté scientifique.

Le réalisateur s'était en fait bien gardé de jouer cartes sur table avec ses interlocuteurs d'Alise-Sainte-Reine dans le but évident de décontextualiser leurs propos et de les insérer dans une trame prédéfinie visant à les décrédibiliser.

Voici quatre exemples de la « pertinence » de la prétendue investigation : à Alise-Sainte-Reine, « aucune trace de la ville gauloise citée par César n'a à ce jour été sortie de terre », affirme le commentateur. Pas un mot sur la découverte, en 1992, d'un murus gallicus (rempart gaulois) et d'un quartier d'habitat antérieurs au siège de 52 av. J-C.

De même, aucune mention des milliers de photographies aériennes de l'archéologue-aviateur René Goguey qui montrent les traces évidentes de l'ampleur et de la spécificité des lignes fortifiées et des camps romains tout autour du mont Auxois.

Rien non plus sur les rarissimes monnaies à l'effigie de Vercingétorix trouvées à Alise, ni sur les deux balles de fronde frappées au nom du principal lieutenant de César... Continuer à diffuser un tel « chef-d'oeuvre » de désinformation nous paraîtrait peu digne d'un grand groupe de télévision.

Co-signataires du communiqué :
Alain DAUBIGNEY, professeur, pré et protohistoire, Université de Franche-Comté ; Jean-Paul DEMOULE, professeur d'archéologie, Université de Paris 1, ancien président de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) ; Alain DEYBER, docteur en archéologie ; François ESCHBACH, archéologue, Archeodunum (Suisse) René GOGUEY, pilote archéologue, chercheur associé au CNRS, UMR 5594 ; Christian GOUDINEAU, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités nationales ; Claude GRAPIN, conservateur en chef du patrimoine chargé du Musée Alésia ; Vincent GUICHARD, directeur général du Centre archéologique européen de Bibracte; Jean-Paul JACOB, président de l'INRAP ; Gilbert KAENEL, directeur du Musée cantonal d'archéologie et d'histoire de Lausanne, président du conseil scientifique de Bibracte ; Matthieu POUX, professeur d'archéologie, Université Lumière, Lyon 2 ; Michel REDDE, directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes

Contact :
Philippe MATHIEU, directeur général de la SEM Alésia
06 27 81 23 25
p.mathieu@alesia.com
SEM ALESIA - 25 bis, rue du Rochon
21150 ALISE-SAINTE-REINE - www.alesia.com
03 80 96 96 23
sem@alesia.com

Interrogés par nous-mêmes, les responsables du centre d'interprétation réaffirment que la question de la localisation est tranchée depuis l'origine et précisent leurs principaux arguments :

- Dès 1839, sur le Mont-Auxois, a été mis à jour une inscription lapidaire du 1er siècle après J.-C. en langue gauloise et en caractères latins, sur laquelle figure en clair l'expression : « in Alisiia », preuve que le village d'Alise-Sainte-Reine est bien l'héritier d'Alésia.

- Les archéologues mandatés par Napoléon III ont retrouvé quantité d'armes sur le site. Les auraient-ils déposé eux-mêmes à l'avance pour complaire à l'empereur comme certains les en soupçonnent ? Cela paraît exclu car toutes ces armes sont en fer ; or, à l'époque, les archéologues étaient convaincus que les Gaulois en étaient restés au bronze ; s'ils avaient été mus par de mauvaises intentions, ils auraient donc placé sur le chantier de fouille des armes en bronze.

- On a retrouvé également sur le site d'Alise des ossements de trois races de chevaux, ce qui corrobore la présence de trois types de cavalerie : petits chevaux pour les Germains, moyens pour les Gaulois, grands pour les Romains.

Concernant le site jurassien de Chaux-de-Crotenay, les mêmes font observer que ses pentes sont trop marquées pour autoriser des charges de cavalerie, telles que les raconte César ; d'autre part, autour de l'oppidum, le dégagement n'est pas suffisant pour permettre à César d'implanter ses circonvallations.

Enfin, l'analyse par des experts indépendants, en 2012, des objets retrouvés sur le site jurassien montre que la plupart remontent au Moyen Âge ou aux derniers siècles de l'occupation romaine ; aucun objet romain de l'époque de la conquête n'a pu être identifié, ce qui devrait clore la polémique (Le Figaro Histoire, N°3, août-septembre 2012, page 75).

Relance de la polémique

Bien que n'étant pas cité dans le communiqué précédent, Franck Ferrand s'est senti impliqué au même titre que les réalisateurs de l'émission. Il a répondu le 10 janvier 2009 par le communiqué suivant :

Réponse de Franck Ferrand, auteur de L'Histoire interdite

Le documentaire « Alésia, la bataille continue », réalisé par Benoît Bertrand-Cadi et diffusé par Canal + le 12 décembre dernier, a suscité, pendant la trêve des confiseurs, la réaction outrée d'une poignée de sommités archéologiques. Volant au secours de M. Michel Reddé, ces personnalités dénoncent dans un communiqué ce qu'elles regardent comme des omissions volontaires de la part des auteurs du film ; mais elles se gardent bien d'aborder le cœur du problème.

Quoique épargné par cette protestation, je sais trop ce que le documentaire incriminé doit à la parution de mon dernier ouvrage pour rester muet plus longtemps.

Qu'on me laisse donc reprendre, à la volée, les griefs formulés par les signataires.

1. Ils reprochent aux auteurs de glisser sur la présence, au mont Auxois, d'un rempart - qualifié par eux de « murus gallicu » - ainsi que d'un habitat antérieur à la Conquête. Comme si l'existence, au demeurant sujette à controverse, de tels vestiges offrait la moindre lumière sur l'histoire du site dont ils proviennent.

2. Dans le même ordre d'idées, les signataires déplorent que les photographies aériennes du site d'Alise-Sainte-Reine par M. René Goguey aient été négligées dans le film. C'est conférer une portée indue à des clichés qui, s'ils mettent en évidence les indubitables vestiges militaires romains du mont Auxois, ne permettent nullement de les identifier, et moins encore d'y retrouver les ouvrages décrits dans les Commentaires.

3. Quant à l'oubli des « rarissimes monnaies à l'effigie de Vercingétorix », il aurait plutôt dû soulager les signataires : M. Michel Reddé lui-même ne reconnaît-il pas au fameux statère d'or une provenance bien éloignée d'Alise ?

On aurait aimé, au-delà de ces griefs un peu vains, voir les donneurs de leçons apporter ne serait-ce qu'un début de réponse à toutes les grandes questions en suspens. Je me tiens du reste à la disposition des signataires qui souhaiteraient organiser un débat public sur cet important sujet ; mais je doute fort que l'un d'entre eux s'y risque jamais.

Au fond, il est navrant que des personnalités éminentes mettent leur titre, leur autorité, leur poids moral au service, non de la vérité ou d'une recherche de vérité, mais d'une cause officielle éculée, absurde, chaque jour plus douteuse et friable. Tant il est vrai que rien, aujourd'hui, ne permet plus de situer sérieusement Alésia en Bourgogne.

Personne ne se grandit à nier une évidence ; et lorsque, tôt ou tard, certains travaux en cours viendront confirmer de manière définitive les conclusions d'André Berthier sur la localisation d'Alésia dans le Jura, le jugement de la postérité sera sans indulgence pour celles et ceux qui, bien qu'avertis, auront usé de leur influence pour retarder la manifestation de la vérité.

Franck FERRAND

Le débat a rebondi avec le communiqué que nous a fait parvenir Danielle Porte, enseignant-chercheur à Paris IV-Sorbonne et présidente de l'association Alésia André Berthier (AAB.cédaj) à propos de l'émission de Canal+ :

Communiqué de Danielle Porte

Les choix du réalisateur et du producteur de ce film les regardent. Néanmoins, mon association, bien que n'étant pas nommée dans le documentaire incriminé, a beaucoup œuvré pour sa réalisation, et j'y interviens moi-même, ce qui me donne le droit de répondre sur les points litigieux soulevés par les signataires.

Je souhaiterais d'abord qu'ils veuillent bien dresser la liste des « nombreuses erreurs historiques et archéologiques » qu'ils y ont relevées, afin que nous puissions en discuter.

Je déplorerai ensuite l'ignorance que manifestent les signataires à propos des travaux menés sur Alise, puisque ceux qu'ils mentionnent ont tous été abandonnés par les chercheurs « alisiens », tant dans le livre de Michel Reddé (Alésia, l'Archéologie face à l'imaginaire, 2002 : les fossés dont pas un n'a la bonne taille ou la bonne forme, le grand fossé d'arrêt introuvable, le camp Nord, placé au pied du Réa au lieu du sommet, les camps qui taillent de 36 ares à 7 hectares au lieu des 45 ha requis, les tours mal situées etc.) que dans les articles qui font le point sur les dernières découvertes : le murus gallicus, récemment désavoué (Historia, 77,2002), à quoi on ajouterait l'aberration que constituent les 9 km de retranchements excédentaires. L'habitat gaulois n'existe pas, de l'aveu même, dans le film, du chargé des fouilles actuelles. Le statère d'or à l'effigie de Vercingétorix provient d'Auvergne, ce qu'a reconnu M. Reddé lui-même, et tout à l'avenant.

Je ne peux discuter la question militaire, puisque toutes les séquences s'y rapportant ont été coupées au montage, mais le site d'Alise ne permet aucune reconstitution des combats décrits par les textes anciens, et constitue une absurdité stratégique.

Davantage faudrait-il regretter que la théorie « récusée depuis longtemps par la communauté scientifique » et qu'on se garde bien de nommer (NDLR : Chaux-des-Crotenay, dans le Jura) n'ait jamais été examinée par ladite communauté, qui ne lui oppose qu'un dénigrement systématique, ou l'absence, tant dans les colloques qu'aux débats radiophoniques, de tout représentant de l'hypothèse alisienne.

Je demanderai également qu'on veuille bien me préciser de quels membres et de quelles instances est composée cette « communauté », qui n'a, que je sache, aucune existence officielle. Un « consortium d'Alisiens » serait, je crois, un terme plus exact. À ma connaissance, aucun des signataires n'a jamais publié d'écrit quelconque sur l'hypothèse d'Alésia dans le Jura, ni réfuté les objections opposées à la thèse officielle.

Il est plus confortable de nier en bloc ce qu'on ne connaît pas ou d'en sourire. Il serait plus constructif de répondre par des arguments recevables aux critiques formulées sur la localisation d'Alésia à Alise, ou d'examiner les démonstrations faites sur le site de Chaux.

Les arguments économiques évoqués dans le film par les Alisiens, ni l'argument d'autorité que constitue le classement précipité d'Alise au rang de grand site national pendant les vacances de Noël, ne sauraient prévaloir sur la recherche de la vérité historique. Et celle-là ne peut se concevoir qu'à partir des textes, auxquels l'archéologie ne fait qu'apporter ou non une confirmation. Sur ce plan-là, l'hypothèse d'Alise s'effondre à peine née. Le reconnaître ne serait qu'une preuve de bon sens et d'honnêteté intellectuelle.

Danielle Porte, présidente de l'association Alésia André Berthier (AAB.cédaj, Centre d'études et de Documentation sur l'Alésia Jurassienne)

Concluons avec la mise au point que nous a adressée par courriel Benoît Bertrand-Cadi, réalisateur du film : « Alésia, la bataille continue » :

Je tiens, en tant que journaliste et réalisateur du film "Alésia, la Bataille continue", à vous apporter quelques petites mais nécessaires précisions: Je ne peux laisser dire aux signataires de la pétition qu'ils ont été trompés et que je n'aurais pas joué "cartes sur tables" avec eux. Il a toujours été question d'un film sur la Bataille d'Alésia et je ne vois pas très bien de quoi d'autre il aurait pu s'agir considérant la nature des entretiens que nous avons eu. De plus il est fait référence aux travaux et au film de Monsieur René Goguey. Dans ce film produit par le Conseil Général de Côte d'Or, on retrouve l'expertise de Monsieur Reddé sans aucun contradicteur cela va de soi. Tout ça n'est pas très sérieux et prête plutôt à rire. Dois-je rappeler que dans le film de Canal + un archéologue du site d'Alise concède que ses propres découvertes ne sont pas très convaincantes et qu'il est surtout là pour divertir les touristes... Je suis heureux de constater que la bataille continue encore aujourd'hui.
Bien à vous.

Publié ou mis jour le : 2016-09-22 10:34:56

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 12 commentaires sur cet article

MONTVAL (25-09-201616:29:29)

C'est passionnant et passionn !

Christian signoret (11-11-201518:24:00)

Trs belles pages dhistoire et bravo pour ce magnifique site quest les Amis dHerodote.net .
Cependant, de la mme faon quil y a un doute sur la localisation dAlsia, il y a un doute galement pour le site de Gergovie : Celui-ci serait situ sur les ctes de Clermont-Ferrand Chanturgues ( environ 10 km au nord du site actuel). Alsia semble bien sur le site de Chaux des Crotonay dans le Jura. Ces lments sont issus de plusieurs sources bibliographiques indpendantes et srieuse... Lire la suite

armand (05-06-201211:28:51)

Quel sujet absurde... quelle controverse vide de sens...

Nestor (05-06-201206:49:09)

quand une loi pour trancher? Puisque c'est dsormais au Parlement de dfinir la vrit historique.

Eric Puech (14-03-201112:41:29)

Mise part cette polmique des institutions, ce qui serait terrible l'installation d'un muse du genre de celui prvu Alise dans le paysage fabuleux de Syam.
Je pense qu'on aurait droit une nouvelle guerre des Gaulles...

gerard73 (14-10-200910:41:43)

En fait dans l'histoire d'Alesia, il manque un arbitre; et un arbitre politique
Face un groupe de pro Alisien convaicus et partiaux au point de contredire Csar sur la gographie, la stratgie, le commandement mme! par exemple pour la dcouverte rcente de fosss ne correspondant pas au texte de Csar, "les lgionaires fatigus n'avaient pas creus le 4me" (dit tel que dans l'mission d'A2 des pro-Alisiens de Juin 2009)
Il est clair que le business et le politique rgional l'em... Lire la suite


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