1733-1738

La guerre de la Succession de la Pologne

Le 18 novembre 1738, le traité de Vienne met fin à la guerre de la Succession de Pologne qui aura duré cinq ans et considérablement affaibli l'État polonais.

La Pologne déchirée

Stanislas Leszczynski, élu roi de Pologne en 1704 et déchu en 1709, est devenu pendant son exil à Wissembourg, en 1725, l'heureux beau-père du roi de France Louis XV.

Le 1er février 1733 décède  son rival le roi de Pologne Auguste II, par ailleurs Prince-Électeur de Saxe sous le nom de Frédéric-Auguste Ier le Fort. Le 12 septembre 1733, voilà Stanisla de nouveau élu roi de Pologne par  une majorité de suffrages de la Diète polonaise qui rassemble la noblesse du pays.

Mais avec une monarchie élective devenue insensée depuis le Liberum veto de 1652, qui exige l'unanimité des votes, le trône polonais s'est mis à la merci des querelles nobiliaires. Les souverains des États voisins ne se font pas faute de s'immiscer dans ces querelles pour en tirer parti. C'est ainsi que, désavouant le choix majoritaire de la Diète polonaise en faveur de Stanislas, la tsarine de Russie Anna Ivanovna et l'empereur d'Allemagne Charles VI de Habsbourg envoient des troupes contre le roi élu.

La tsarine et l'empereur entendent mettre sur le trône de Pologne le fils et successeur de Frédéric-Auguste. Mais Stanislas a un allié de choix en la personne de son gendre, rien moins que le roi de France Louis XV, qui a épousé sa fille Marie. La guerre se prolonge plus que de raison et, pour en finir, le cardinal Fleury, Premier ministre de Louis XV, impose sagement à Stanislas de renoncer à la Pologne.

Chaises musicales

Par le traité conclu à Vienne le 18 novembre 1738, on assiste alors à un curieux jeu de chaises musicales comme les diplomates de l'Ancien Régime en ont le secret :

– Le trône polonais est confié au Prince-Électeur Frédéric-Auguste II qui devient roi de Pologne sous le nom d'Auguste III ; en échange, Stanislas obtient le duché de Bar et de Lorraine que la France convoitait depuis plusieurs décennies.

– En compensation de la cession de son duché à Stanislas, François de Lorraine, le gendre de l'empereur, reçoit le grand-duché de Toscane, dont le dernier titulaire, Jean-Gaston de Médicis, est mort sans héritier direct.

– L'infant don Carlos d'Espagne, qui revendiquait des droits sur le grand-duché de Toscane, obtient la Sicile et Naples, qui vont former le royaume des Deux-Siciles.

– Enfin, le roi de France reconnaît - mais du bout des lèvres - la Pragmatique sanction de l'empereur d'Allemagne Charles VI de Habsbourg. Celui-ci, qui n'a pas de fils, prévoit par cette ordonnance de transmettre le patrimoine des Habsbourg et le titre impérial à sa fille Marie-Thérèse.

Un malheureux concours de circonstances va néanmoins entraîner l'Europe dans une nouvelle guerre de Succession, d'Autriche celle-là. De son côté, Stanislas a à coeur d'embellir sa nouvelle capitale, Nancy, et à sa mort, en 1766, ses duchés de Bar et de Lorraine sont annexés par la France, comme prévu.

Publié ou mis à jour le : 2024-06-01 21:49:11

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