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L'Antiquité tardive
31 mars 161 : Commode succède à Marc-Aurèle
• 26 mars 193 : assassinat de Pertinax
• 19 février 197 : victoire de Septime Sévère à Lyon
• septembre 270 : Aurélien restaure l'Empire
• 1er mars 293 : Dioclétien et la tétrarchie
• 11 mai 330 : naissance de Constantinople
• 22 mai 337 : mort de Constantin 1er
• 21 juin 363 : mort au combat de Julien l'Apostat
8 novembre 392 : Théodose interdit le paganisme
• 31 décembre 406 : les barbares franchissent le Rhin
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193 à 395

L'empire romain en crise


Après l'assassinat de l'empereur Commode en 191, épisode dont s'inspire le film Gladiator, les symptômes de crise se multiplient dans l'empire romain.

Les campagnes se dépeuplent du fait d'une dénatalité déjà ancienne. Aux marges de l'empire, on recrute des Barbares pour combler les effectifs des légions et remettre les terres en culture. L'industrie s'étiole par manque de débouchés.

L'État tente de réagir par des réglementations tatillonnes qui ne font qu'aggraver les maux de la société.

Aux frontières, les Barbares se font menaçants : Maures en Afrique du nord, Germains sur le Rhin et le Danube, Parthes en Orient.

À Rome même, les légions et la garde prétorienne (la garde privée de l'empereur) font et défont les empereurs, à commencer par Pertinax, l'éphémère successeur de Commode.

L'empire métissé

Septime Sévère, en 197, devient le premier empereur sans racines italiennes. Avec lui, l'empire change de nature. Les historiens parlent à son propos de Bas-Empire, par opposition à l'empire prospère des douze premiers César et des Antonin. Son règne conserve néanmoins une partie de la grandeur antérieure.

Septime Sévère met fin à l'anarchie qui a suivi la mort de l'empereur Commode. Il s'appuie sans vergogne sur l'armée qui l'a porté au pouvoir. «Enrichissez les soldats et moquez-vous du reste», aurait-il eu coutume de dire.

Pour tenter de remédier à la crise économique qui affecte l'empire depuis plusieurs décennies, Septime Sévère mène comme ses prédécesseurs une politique dirigiste. Les paysans sont de plus en plus strictement attachés à la terre qu'ils travaillent. Les fils doivent, dans de nombreuses professions, reprendre le métier de leur père...

L'empereur doit par ailleurs combattre en permanence les ennemis des frontières : il reprend la Mésopotamie aux Parthes puis repousse les Calédoniens dans l'actuelle Écosse.

L'empire en déshérence

À Septime Sévère succèdent d'abord ses fils Géta et Caracalla puis ses cousins, ceux-là originaires de Syrie (comme la veuve de Septime Sévère, l'influente Julia Maesa ou Domna). Tous finissent assassinés.

La citoyenneté romaine, que les provinciaux avaient à coeur d'obtenir par leurs mérites et leur travail, est accordée d'emblée à tous les hommes libres de l'empire (à l'exception des Barbares établis dans les régions frontalières) par l'empereur Caracalla qui y voit le moyen d'engranger quelques taxes supplémentaires (212). La ville de Rome doit à Caracalla, grand bâtisseur mégalomaniaque, les plus grands thermes que l'on connaisse.

L'empereur tue son frère Geta dès la première année de son règne. Mais il est lui-même assassiné à 31 ans, en 217, par le préfet des gardes Macrin, au cours d'une campagne contre les Parthes !

La fin des Sévère

Après le court règne de Macrin, Élagabal (ou Héliogabale), un cousin de Caracalla, est hissé au pouvoir par les légionnaires. C'est un prêtre syrien de 14 ans, à peine romanisé...

À sa mort, le 11 mars 222, après un règne déplorable, l'empire revient à un autre cousin, Alexandre-Sévère (13 ans). Celui-là se montre, au contraire des précédents, plein de vertu et animé de bonne volonté. Il restaure l'autorité du sénat au grand dam des chefs de la garde prétorienne. Obligé de soutenir ses troupes, qui font face sur le Rhin à une offensive des Germains, il tente d'acheter la paix. Des légionnaires indignés pénètrent dans sa tente et le tuent ainsi que sa mère Julia Mammaea.

L'assassinat de Sévère Alexandre, dernier empereur de la dynastie, en 235, est le repère choisi par les historiens pour marquer la fin du principat ou empire tel qu'Auguste l'avait inauguré. Il marque le début d'une «grande crise» dynastique d'un tiers de siècle, marquée par la nomination d'empereurs selon le bon vouloir des armées.

De l'anarchie à la restauration illyrienne

En Orient, les Perses sassanides succèdent aux Parthes comme ennemis de Rome et en 260, fait sans précédent, leur roi Sapor 1er bat l'empereur Valérien près d'Édesse et le capture ainsi que, dit-on, 70.000 de ses hommes. Les Romains, y compris l'empereur, seront réduits en esclavage dans des conditions atroces.

Sur le Rhin et le Danube, les Barbares se font plus que jamais menaçants. Gallien, qui a pris la direction de l'empire après la capture et la mort de son père Valérien, se démène pour faire face aux menaces. Il en vient à payer un tribut aux Goths des régions danubiennes !

Trente de ses généraux, connus comme les «Trente Tyrans», se soulèvent et s'attribuent la pourpre impériale de sorte que Gallien n'a plus guère d'autorité que sur l'Italie. En Gaule et dans tout l'Occident romain, l'autorité est assurée par le général Postumus, autoproclamé empereur. Le «tyran» est assassiné à Mayence par ses troupes auxquelles il a refusé le droit de piller la ville.

Il faut attendre la mort de Gallien en 268 et l'avènement d'un général illyrien sous le nom de Claude II pour que les institutions romaines retrouvent un semblant de santé. Avec lui débute une longue lignée d'empereurs énergiques, militaires de modeste extraction, tous originaires d'Illyrie  (la Serbie actuelle) et des régions danubiennes. 

Le nouvel empereur reçoit le surnom de Goticus (Claude le Gotique) du fait de ses victoires sur les Goths. Il repousse les Barbares et entame une réforme de l'administration quand il meurt de la peste après deux ans de règne.

C'est un compagnon d'armes de 58 ans qui lui succède en 270 sous le nom d'Aurélien. Énergique, il redresse rapidement l'empire, ce qui lui vaudra le surnom de «restitutor» (restaurateur).  Il centralise autant que faire se peut l'administration. En 271, Rome est ceinturée de remparts et toutes les villes de l'empire l'imitent l'une après l'autre (c'est seulement 1300 ans plus tard que l'on en viendra à abattre les remparts !).

En 273, Aurélien triomphe de la reine de Palmyre, Zénobie, qui menaçait l'Égypte et le Proche-Orient romain. La reine vaincue est emmenée à Rome et généreusement dotée par l'empereur. L'année suivante, Aurélien défait l'usurpateur gallo-romain Tetricus et rétablit l'autorité de Rome sur l'Occident. Mais il se résigne à évacuer en 275 les champs Décumates, la région d'entre le Rhin et le Danube, pour raccourcir ses lignes de défense. La Dacie (la Roumanie actuelle) est abandonnée aux Goths.

Aurélien intervient aussi dans le domaine religieux. Il fait du culte solaire la religion d'État. Ce culte du Sol invictus (le Soleil invaincu) rassemble sous une même identité des divinités traditionnelles (Apollon) et des divinités orientales (Mithra). Il amorce une évolution du polythéisme païen vers le monothéisme façon hébraïque ou chrétienne. 

L'empereur se présente lui-même comme l'émanation du dieu sur terre et revendique à ce titre d'être adoré tel une divinité. Ainsi l'empire évolue-t-il vers un pouvoir personnel et autocratique...


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Publié ou mis à jour le : 2015-07-24 16:38:45

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Yolaine (22-04-201517:47:11)

Article remarquable de clarté et de concision, un tour de force pour permettre de se repérer dans une période particulièrement complexe.Grand merci.


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