L'étoile jaune : histoire d'un stigmate
un symbole pour identifier, exclure, exterminer
les réactions : honte, fierté, dérision, révolte
> témoignage d'Hélène Berr, jeune étudiante parisienne issue de la bourgeoisie juive alsacienne :Son premier mouvement, le 1er juin 1942, est de « refouler » la nouvelle qui la plonge, selon ses mots, dans une glorious muddle (« belle confusion »). Trois jours plus tard, le 4 juin 1942, elle affirme qu'elle ne la portera pas. « Je considérais cela comme une infamie et une preuve d'obéissance aux lois allemandes. »
> dès le 8 juin 1942, elle relate dans son journal : « Mon Dieu, je ne croyais pas que ce serait si dur. J'ai eu beaucoup de courage toute la journée. J'ai porté la tête haute, et j'ai si bien regardé les gens en face qu'ils détournaient les yeux. Mais c'est dur. D'ailleurs, la majorité des gens ne regarde pas. Le plus pénible, c'est de rencontrer d'autres gens qui l'ont. Ce matin, je suis partie avec Maman. Deux gosses dans la rue nous ont montrées du doigt en disant : "Hein ? T'as vu ? Juif."
> après-guerre, l'étoile jaune devient objet-mémoire, objet-relique
Dossier : Clausewitz : penser la guerre
> Sunzi, « l'anti-Clausewitz » : Sunzi aurait vécu, comme Confucius, au VIe siècle avant notre ère. Général en chef des armées du roi de Wu, il lui aurait permis de remporter d'importantes victoires. Traduit au XVIIIe siècle.
= pensée stratégique d'inspiration taoïste
principes : valorisation du non-agir comme forme la plus efficace de l'action. Le bon stratège n'est pas celui qui manifeste les qualités les plus grandioses et remporte les victoires les plus éclatantes mais celui qui, soucieux surtout de maîtriser l'ensemble des circonstances en jeu, sait différer le combat jusqu'à ce qu'elles lui soient le plus favorables, et remporte alors une victoire d'apparence facile et sans éclat.
« les troupes victorieuses ne cherchent l'affrontement au combat qu'après avoir déjà triomphé, tandis que les troupes vaincues ne cherchent à vaincre qu'une fois le combat engagé »
Rivalité franco-anglaise dans le domaine du coton : évocation de John Holker, chargé par d'une mission d'espionnage industriel de trois mois en Angleterre, à l'hiver 1751.
Il en rapporte outillage spécialisé, ouvriers qualifiés, et 115 échantillons textiles qui, à son retour, sont consignés dans un registre, accompagnés pour chacun d'informations précises sur sa composition, son prix, son lieu, ses procédés de fabrication, l'usage qui en est fait ou les marchés où il se vend le mieux. Le « Livre d'échantillons », conservé au musée des Arts décoratifs à Paris, est un document d'une richesse exceptionnelle. Mêlant pièces textiles et descriptifs techniques et commerciaux circonstanciés, l'album documente de manière très précise l'état de la production textile britannique à l'aube de la première révolution industrielle. Le « Livre d'échantillons » fut dès lors le levier de l'impressionnante ascension de John Holker en France, où il fut capitaine d'industrie à Rouen, puis inspecteur général des Manufactures et reçut même la nationalité française ainsi qu'un titre de noblesse.
Holker est donc autant un acteur du transfert de technologies entre France et Angleterre qu'un des instruments d'une économie mondialisée où le coton, depuis sa production, transformation en fibre puis en textile et jusqu'à son commerce, lie Europe, Asie, Amérique et Afrique.