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Jeanne du Barry (1743 - 1793)

«Encore un moment, monsieur le bourreau»


Née à Vaucouleurs (Lorraine) des amours d'une couturière, Anne Bécu, et d'un jeune moine déluré, Jeanne reçoit une éducation soignée chez les soeurs, à Paris, avant de devenir modiste.

Les débouchés de la profession lui paraissant limités, elle pratique par ailleurs la galanterie... La rumeur prétendra plus tard qu'elle aurait même exercé dans une maison de prostitution sous le nom de Mlle Lange.

Camille Vignolle
Madame du Barry en Flore (François Hubert Drouais, 1769)

Une modiste à la cour

Repérée par le comte Jean du Barry, libertin notoire, elle devient sa maîtresse. Le comte spécule sur ses charmes et la présente à différents personnages de la Cour, dont l'influent duc de Richelieu et Lebel, valet de chambre du roi Louis XV.

Celui-ci la présente à son maître qui, à 58 ans, souffre d'une impopularité croissante et ne se remet pas de la disparition de sa confidente, la marquise de Pompadour.

Séduit par la beauté, la vivacité d'esprit et la joie de vivre de la jeune femme, alors âgée de 25 ans, le roi l'élève au rang de maîtresse officielle. La nouvelle favorite épouse pour la bienséance le comte Guillaume du Barry, frère du précédent. Ses faveurs, on s'en doute, suscitent jalousies, libelles et haines féroces dans le milieu aristocratique de Versailles.

Elle-même tourbillonne au milieu des intrigues, faisant et défaisant les carrières, parfois avec bonheur. C'est ainsi qu'en décembre 1770, elle convainc le roi de se séparer de son Premier ministre le duc de Choiseul, favori de la Pompadour, très complaisant envers les « philosophes » et les parlementaires, chefs de file des classes privilégiées.

À sa place accèdent à la tête du gouvernement le duc d'Aiguillon, ministre des Affaires étrangères et de la Guerre, l'abbé Terray, contrôleur général des finances et le chancelier Maupeou. Ce « triumvirat » va avoir raison des parlementaires et ouvrir la voie à des réformes vigoureuses et pleines de bon sens, sans craindre d'affronter l'impopularité.

Derniers feux de la vie aristocratique

Le roi fait bâtir pour la comtesse un joli « pavillon des Eaux » à Louveciennes, près de Marly, à l'ouest de Paris. La décoration en est confiée à l'architecte Jacques-Ange Gabriel. Mais comme le pavillon s'avère trop petit pour recevoir le roi et sa suite, la comtesse projette un « pavillon de musique » dédié aux réceptions à l'extrémité de son parc, au-dessus de la vallée de la Seine. Elle en confie la réalisation à un jeune architecte prometteur, Claude Nicolas Ledoux, lequel invente pour l'occasion le « style du Barry » qui s'épanouira plus tard en style Louis XVI, et dont l'une des plus belles réalisations sera la cité d'Arc-et-Senans (Doubs), par le même Ledoux.

« Ton café fout le camp ! »

L’écrivain (bien oublié) Pisandat de Mairobert publie en 1777 une satire à charge sur la comtesse du Barry, composée d’un ramassis d’anecdotes. Ainsi raconte-t-il que, voyant le café déborder sur la plaque, elle aurait lancé à Louis XV, son amant : « Eh, la France, prends donc garde ! Ton café fout le camp ! » Il se pourrait que la comtesse se soit en fait adressée à l’un de ses valets qui s’appelait La France…

Quand le roi Louis XV tombe malade en mai 1774, la comtesse reste à son chevet tandis que s'éloignent la plupart des courtisans.

Mais sous le règne de son successeur, elle n'a d'autre choix que de s'exiler à Louveciennes, où elle cultive une longue liaison avec le duc de Cossé-Brissac et se signale par sa bonté envers les humbles, s'attirant le surnom de « bonne dame de Louveciennes ».

La fin est plus triste. Ayant dédaigné d'émigrer au commencement de la Révolution, la comtesse du Barry se rend toutefois à Londres à plusieurs reprises au motif d'y récupérer ses bijoux qui auraient été volés.

Ces voyages la rendent suspecte et elle est arrêtée pendant la Terreur, le 22 septembre 1793, sous l'inculpation d'intelligence avec l'ennemi.

Internée à Sainte-Pélagie, elle est guillotinée le 8 décembre suivant, sur l'actuelle place de la Concorde, à Paris, après avoir dénoncé plusieurs personnes dans le vain espoir de sauver sa (jolie) tête. La légende voudrait qu'à l'instant de mettre sa tête sous le tranchant de la guillotine, elle ait supplié le bourreau : « Encore un moment, monsieur le bourreau » !

Publié ou mis à jour le : 2015-10-29 18:10:49

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