Jean-Vincent Placé - Admirateur de Napoléon - Herodote.net

Jean-Vincent Placé

Admirateur de Napoléon

Dans un entretien vidéo avec le journaliste Jean-Pierre Bédéï (Herodote.net), Jean-Vincent Placé, secrétaire d'État à la réforme de l'État et à la simplification, révèle sa passion pour Napoléon 1er.

Cet aveu jubilatoire et sincère surprend doublement dans la bouche d'un élu écologiste classé à gauche (UDE, Union des démocrates et des écologistes) et qui a passé les premières années de sa vie dans un orphelinat coréen avant d'être adopté par une famille française.

André Larané

Napoléon raconté par Jean-Vincent Placé

En bon pédagogue et bon communicant, l'élu retrace rapidement notre « roman national », de Clovis à de Gaulle, et avoue son intérêt pour l'Histoire militaire et les questions de stratégie. S'arrêtant sur Napoléon 1er, il en dresse un portrait remarquablement équilibré en relevant ses coups de génie tout comme ses erreurs et ses excès.

Jean-Vincent Placé note avec pertinence que la société française a bénéficié sous le Consulat et le 1er Empire d'une longue période de prospérité. Il est vrai que, pendant vingt ans, de la chute de Robespierre (1794) à celle de Napoléon (1814), le pays n'a pas connu d'invasion mais a porté la guerre chez ses voisins et s'est enrichi à leurs dépens.

Le ministre rappelle aussi le paradoxe que l'Empereur, en créant une noblesse d'empire, a donné corps à la méritocratie républicaine issue de la Révolution. Il relève avec gourmandise ce mot attribué au général Junot, fils d'aubergiste devenu duc d'Abrantès. Un noble d'Ancien Régime lui faisant reproche de n'avoir pas d'ancêtre glorieux auquel il puisse rattacher sa lignée, il répond avec panache : « L'ancêtre, c'est moi ! »

Retenons enfin avec Jean-Vincent Placé l'émouvante histoire du colonel Jean-Baptiste Muiron (22 ans), aide de camp de Bonaparte. Sur le fameux pont d'Arcole, comme Bonaparte est mis en joue par un Autrichien, Muiron s'interpose et se fait tuer à sa place. Bonaparte, reconnaissant, prendra sous sa protection la famille de son sauveur et, au retour d'Égypte, en 1798, il baptisera de son nom, Muiron, la frégate qui le ramènera en France, afin que, même dans l'au-delà, il le protège une nouvelle fois. 

Une passion française

À l'aise dans son bureau ministériel de la rue de Babylone, Paris 7e, le secrétaire d'État évoque avec émotion son arrivée en France, dans une famille normande riche de son capital culturel. Très vite, l'enfant a cherché dans les livres d'Histoire la recette de son intégration : la maîtrise de la langue, bien sûr, mais aussi la compréhension de tout ce qui fait de son pays d'adoption un pays à nul autre pareil.

Visiblement, la recette a marché ! Quand aujourd'hui l'élu parle des maréchaux et généraux de l'Empire, c'est tout son être qui vibre au son du canon. Et tant pis pour la doxa écolo-gaucho-pacifiste qu'il est supposé développer devant ses militants et chers collègues. 

Jean-Vincent Placé s'est construit ou plutôt reconstruit grâce à l'Histoire et au plus fascinant de ses acteurs, Napoléon. En cela, il se rapproche du journaliste Jean-Paul Kauffmann que nous évoquons par ailleurs à l'occasion de la sortie de son deuxième ou troisième essai autour de l'épopée napoléonienne, Outre-Terre (Équateurs, 2016).

En se plongeant dans l'Histoire nationale, le journaliste a pu lui aussi, en effet, se reconstruire après une douloureuse captivité de trois ans comme otage au Liban, il y a une trentaine d'années. Il a renoué le fil de ses souvenirs d'enfance et exercé sa sensibilité sur des sites banals à première vue comme Longwood (Sainte-Hélène) ou Eylau mais exceptionnels par les fantômes que notre imagination leur associe.

Ces parcours témoignent de l'importance de la culture dans la construction de notre identité. On ne fait pas un pays en entretenant nos différences mais au contraire en cultivant ce qui nous unit, nos paysages, notre patrimoine, notre langue et bien sûr notre Histoire que nous ne craignons pas de qualifier de « roman national ».

Ce n'est hélas pas ce que pensent les démagogues qui ont cru flatter les jeunes générations en les invitant à commémorer Verdun par un concert de rap. Ce faisant, ils donnent à penser aux jeunes de Saint-Denis, Vierzon et Lunel que la France n'a rien de mieux à leur proposer qu'un spectacle comme on en voit partout. Étonnons-nous que certains préfèrent le voyage à Rakka plutôt que le chemin escarpé de la méritocratie républicaine.

  

Publié ou mis à jour le : 2018-02-22 00:42:06

 
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