Jean-Baptiste Colbert (1619 - 1683) - Un grand commis de l'État - Herodote.net

Jean-Baptiste Colbert (1619 - 1683)

Un grand commis de l'État

Issu de la bourgeoisie rémoise, Jean-Baptiste Colbert a mis ses talents et son ambition (immenses) au service de Louis XIV, le Roi-Soleil.

À la tête de tous les grands ministères pendant une vingtaine d'années, il a si bien rempli sa tâche que son nom a fini par désigner un mode de gouvernement spécifique à la France, le « colbertisme ».

Un bourgeois à la Cour

Jean-Baptiste Colbert naît à Reims le 29 août 1619 dans une famille de marchands. En 1640, il devient commissaire des guerres.

Ainsi commence une longue carrière au service de l'État. En 1645, il entre au service de Michel Le Tellier, secrétaire d'État à la guerre dans le gouvernement de Mazarin. Il se rapproche de ce dernier pendant la Fronde. Sur son lit de mort, le 9 mars 1661, Mazarin le recommande à Louis XIV comme « étant fort fidèle ».

Après l'arrestation de l'ambitieux surintendant des finances Nicolas Fouquet, Colbert obtient la gestion des affaires du royaume, à l'exception des affaires étrangères et de la guerre.

Une oeuvre considérable

Son action va s'exercer dans trois domaines principaux : la remise en ordre des finances, le développement de l'industrie, l'essor du commerce.

- Remise en ordre des finances : toujours recommencée

Colbert améliore le rendement de l'impôt et astreint le roi à tenir sa comptabilité. Pendant quelques années, le budget est à l'équilibre mais il ne résiste pas, après 1672, à la reprise des guerres.

En 1681, il crée la Ferme générale en vue de rationnaliser la collecte des impôts autres que la taille. Ces efforts tardent à porter leurs fruits. À sa mort, deux ans plus tard, la dette publique s'élève à 158 millions de livres.

- Enjeux industriels : multiplication des manufactures

Colbert privilégie la politique industrielle.

En vertu du mercantilisme, une doctrine alors en vogue, il s'évertue à limiter les importations et multiplie à cet effet les manufactures royales, de grandes entreprises auxquelles le roi avance des capitaux et donne des privilèges (les Gobelins, Saint-Gobain). Il attire aussi les ouvriers étrangers : de Venise pour le verre, de Hollande pour les draps.

- Commerce : priorité à l'outre-mer

Outre-mer, Colbert encourage la création de compagnies de commerce, sur le modèle hollandais : en 1664, les Indes orientales et occidentales, de 1669 à 1675, les compagnies du Nord, du Levant et du Sénégal.

Il s'ensuit la création de comptoirs commerciaux : Pondichéry et Chandernagor sur les côtes de l'Inde, d'une escale à Gorée, au Sénégal, d'une nouvelle colonie à l'embouchure du Mississipi, la Louisiane.

Parallèlement, il développe la marine de guerre, en déshérence depuis 1661, nécessaire pour protéger la flotte commerciale. Il agrandit et modernise certains ports (Toulon, Brest) et en crée d'autres (Rochefort, Lorient, au sud de la Bretagne). C'est un succès indéniable : la flotte ne comptait qu'une vingtaine de navires en 1661, plus de 270 en 1677.

- Administration : l'État intervient partout

Colbert simplifie la législation du royaume (notamment avec l'Ordonnance des Eaux et Forêts et l'Ordonnance criminelle).

Il protège les arts et lettres, fonde les académies de peinture et de sculpture, des belles lettres, l'Académie royale de musique, l'Académie d'architecture... Il favorise la recherche avec l'Académie royale des sciences de Paris et l'Observatoire de Paris. Il préside aussi aux débuts des travaux de la construction de Versailles en même temps qu'il en critique rapidement le coût...

Publié ou mis à jour le : 2019-08-24 10:13:47

 
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