Guerres & Histoire

Bimestriel, N° 26, Août 2015, 5,95€

Bimestriel, N° 26, Août 2015, 5,95€

Ce numéro double de Guerres & Histoire nous offre comme à son habitude un dossier très complet qui passionnera les amateurs de stratégie et d'histoire militaire : la division Panzer et l'arme blindée... À noter aussi la véritable histoire du Cid.

Mais le bimestriel nous offre aussi deux témoignage de première main sur Hiroshima. Le premier est celui du navigateur à bord du bombardier qui a lâché la bombe atomique, le second est celui d'un médecin japonais qui, miraculeusement épargné par la bombe, a tenté immédiatement de soigner de son mieux les victimes.

Le navigateur américain Theodore Van Kirk, né le 27 février 1921, raconte les conditions du vol mais il indique aussi que c'est dès septembre 1944 qu'il a été contacté par le colonel Paul Tibbets pour faire partie de son équipe dans une mission ultra-secrète. Eux-mêmes sont mis dans la confidence en février 1945.

- La belle assurance du navigateur du B29 Enola Gay :

Interrogé sur le sens de sa mission, il n'éprouve aucun doute : « L'état-major avait fait des estimations de pertes en cas d'invasion terrestre de l'archipel du Japon, entre un million et un million et demi de morts dans nos rangs. Je crois qu'ils étaient en-dessous de la vérité. (...) Alors, non, je ne regrette pas ce que nous avons fait ».

Rappelons tout de même qu'en août 1945, le Japon était démuni de tout, ses villes bombardées chaque nuit, sa population au bord de la famine. Il n'y avait plus guère que les généraux pour vouloir faire la guerre jusqu'au bout et ils demandaient seulement que les États-Unis garantissent le maintien de l'Empereur sur le trône. Par ailleurs, les Américains n'avaient en tout perdu « que » 200.000 hommes sur les deux fronts (Allemagne et Japon), soit cent fois moins que les Soviétiques. Impossible de croire qu'ils auraient encore pu en perdre cinq ou dix fois plus face à un peuple anéanti... Mais l'Histoire officielle a la peau dure comme en témoigne l'assurance naïve du navigateur.

- Le sacerdoce du médecin miraculé :

Né le 1er janvier 1917 à Hiroshima, le docteur et officier Shuntaro Hida a la chance d'être appelé en urgence dans un village voisin quand la bombe explose. Cela lui vaut d'échapper aux brûlures et aux radiations mais d'être aussi le témoin des premières agonies de l'ère atomique. 

Il raconte une chose surprenante : « Tous les jours, la ville était survolée par des B29 mais jamais bombardée. (...) Après la guerre, en consultant des archives aux États-Unis, j'ai appris que la ville avait été "réservée" en vue de l'ultime attaque ».

Sur le terrain, il installe un hôpital de fortune et soigne les brûlés dans la mesure du possible. Au bout de quelques jours, certains blessés, qui paraissaient hors de danger, sont tout à coup pris d'une immense fatigue et meurent. C'est ainsi qu'il découvre la mort par radiations. Il découvre aussi que certains patients peuvent être contaminés après coup par le milieu radioactif et en mourir. Il n'apprendra qu'un peu plus tard, par la radio de la marine impériale, que la ville a été anéantie par une bombe atomique d'un type encore inconnu. 

Jusqu'à sa retraite, le docteur Shuntaro Hida ne va plus cesser de soigner les victimes d'Hiroshima et Nagasaki, les hibakusha (« personnes irradiées »). Même quand elles ont la chance de survivre aux radiations, ces personnes se voient ostracisées par la société japonaise, parfois chassées de leur travail et systématiquement empêchées de se marier car on craint (à tort) qu'elles n'engendrent des enfants anormaux. 

André Larané


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