29 décembre 2019

Grâce à Dieu, Gabriel Matzneff n'est pas prêtre

L'intellectuel Gabriel Matzneff (Prix Renaudot 2013) revient au cœur de l'actualité parisienne avec la parution du témoignage de l'une de ses victimes, Vanessa Springora. Dans Le Consentement (Grasset), elle raconte comment il la séduisit dans les années 1980, quand elle n'avait encore que 14 ans et lui était déjà un écrivain quinquagénaire bien en vue.

Gabriel Matzneff était coutumier du fait et avait fait de sa prédilection sexuelle pour les garçons et les filles de moins de seize ans le thème de plusieurs de ses livres. Il avait eu aussi l'occasion de s'en vanter le 2 mars 1990 sur le plateau de l'émission littéraire Apostrophes, devant un auditoire égrillard. Quelques années plus tôt, dans la même émission, le 23 avril 1982, le leader de gauche Daniel Cohn-Bendit avait aussi déclaré : « Quand une petite fille de cinq ans commence à vous déshabiller c’est fantastique ! » (note)...

Le populaire animateur d'Apostrophes, Bernard Pivot, plaide le changement d'époque et semble regretter un temps où « la littérature passait avant la morale ». Il oublie simplement qu'il n'y a jamais eu de grande littérature sans morale. Tous les auteurs de notre panthéon littéraire se sont astreints à respecter un code moral, de leur plein gré ou sous la contrainte de la censure. On ne connaît pas de grand écrivain qui ait fait l'apologie du crime ou de la perversité...

Au final, Gabriel Matzneff, qui coule une vieillesse paisible, entouré d'honneurs et de respect, peut se féliciter de n'avoir jamais appartenu au clergé catholique. S'il avait été prêtre, il ne fait aucun doute que sa pédérastie (dico) lui aurait valu les foudres de la justice et de toute la « bonne presse », sans parler des réseaux sociaux.

La seule personne dont la réputation ait eu à souffrir du fait de ses agissements est la romancière québécoise Denise Bombardier. Sur le plateau d'Apostrophes, elle avait été la seule à avoir le courage de dénoncer les agissements de Gabriel Matzneff. Cela lui avait valu dès le lendemain les foudres de l'intelligentsia parisienne. Encore aujourd'hui, la journaliste Josyane Sauvigneau (Le Monde) persiste à soutenir l'écrivain pédéraste et afficher son mépris pour la Québécoise bassement « réac ». Le courage désespéré de Denise Bombardier est à rapprocher de celui des rares intervenants qui se risquent aujourd'hui à briser le consensus obligatoire sur tel ou tel sujet d'ordre sociétal, GPA, multiculturalisme etc.



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