1914-1944

Génération sacrifiée

Au terme d'un siècle de paix relative et de très grande expansion, l'Europe rayonne sur le monde entier comme aucun empire dans le passé. Avec 450 millions d'habitants, elle rassemble le quart de la population mondiale et constitue de très loin le continent le plus moderne et le plus riche.

C’est alors qu’elle s’engage dans la « Grande Guerre » (1914-1918), aussi qualifiée de Première Guerre mondiale.

La France va doublement en souffrir du fait qu’elle est déjà vieillissante, avec une population stagnante (40 millions d'habitants), et que l’essentiel des combats se déroulent sur son sol.

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La Grande Guerre de 14-18

Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand est tué à Sarajevo. C’est le début d’un enchaînement infernal. L’Autriche veut punir la Serbie mais la Russie soutient cette dernière. La France, à son tour, apporte sa garantie à la Russie.

Mobilisation générale le 2 août 1914Fin juillet, l’Autriche attaque la Serbie. La Russie mobilise. L'Allemagne, alliée de l’Autriche, lui déclare la guerre tandis que la France mobilise à son tour.

Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France et envahit la Belgique dont la neutralité était garantie par Londres. Les Anglais déclarent à leur tour la guerre à l'Allemagne le 4 août.

L'invasion est stoppée par la contre-offensive du général Joffre sur la Marne du 6 au 11 septembre 1914. Le front se stabilise dans la boue et les tranchées, de la mer du nord aux Vosges. Même chose sur le front russe.

On assiste à une guerre totale d'un genre encore inconnu, avec des armes nouvelles : gaz de combat, chars d'assaut, mitrailleuses, barbelés, aviation. La France mobilise 4 millions d'hommes (10% de sa population totale !).

En 1915, toutes les tentatives de rompre le front échouent au prix de pertes sanglantes ; en particulier le débarquement franco-britannique sur la presqu'île de Gallipoli, en Turquie. Le 21 février 1916, l’Allemagne déclenche une violente attaque autour de Verdun. Les Français encaissent le choc au prix d’une hécatombe.

Entre temps, Anglais et Français ont déclenché une offensive parallèle sur la Somme, plus meurtrière encore que la bataille de Verdun. Les États-Unis entrent dans la guerre en avril 1917 au côté de l'Entente franco-anglaise. En octobre-novembre 1917, la Russie est victime d’un coup de force des bolcheviques et leur chef, Lénine, conclut immédiatement un armistice avec les Puissances centrales.

Le général Nivelle lance une désastreuse offensive au Chemin des Dames, dans l’Aisne. Tandis que se fait sentir la lassitude, Georges Clemenceau (76 ans) forme, en novembre 1917, un gouvernement de choc pour intensifier l’effort de guerre.

Le 21 mars 1918, les Allemands, en infériorité numérique, jouent leur va-tout. Ils arrivent à Château-Thierry et bombardent Paris avec des canons à longue portée ! Pour parer au péril, le commandement en chef des armées franco-anglaises est confié à un seul homme, le général Foch. En juillet, il passe à la contre-offensive avec les premières troupes américaines. Le front allemand s’effondre.

Le 11 novembre 1918 est signé un armistice dans la forêt de Rethondes. La guerre aura fait 8 millions de morts dont 1,4 million de Français. On veut croire qu’elle sera la dernière, la « der des der » ! Mais les États européens entrent dans la paix avec d’énormes dettes contractées pour l'essentiel auprès des États-Unis. Ceux-ci sont les grands vainqueurs de la guerre même s'ils ont très peu participé aux combats.

Le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces de Versailles, par un traité de paix entre l'Allemagne et les Alliés, la France récupère l'Alsace et la Lorraine du nord. Des traités annexes sont conclus avec les autres vaincus. Le 16 novembre 1919, les élections amènent à la Chambre des députés une majorité de droite, le Bloc national, avec beaucoup d’anciens combattants (la Chambre est dite « bleu horizon », de la couleur de l’uniforme).

En janvier 1923, 60 000 soldats français et belges occupent la Ruhr pour s'assurer du paiement des réparations de guerre mais cela n’a d’autre effet que de faire plonger l’économie allemande.

En 1928, à l’initiative d’Aristide Briand, Frank Kellogg et Gustav Stresemann, respectivement en charge des affaires étrangères en France, aux États-Unis et en Allemagne, 15 nations renoncent solennellement à la guerre.

Quand arrive 1929, l'horizon se dégage. La question des réparations est en voie de règlement, la réconciliation franco-allemande et l'union politique de l'Europe en marche !

La crise et la montée des totalitarismes

Tout change en quelques mois...

Une crise boursière à Wall Street (New York) en octobre 1929 dégénère en crise économique majeure. L'Allemagne, durement frappée, se donne à Hitler en 1933. La France, elle, se convainc de pouvoir échapper à la tourmente. Le 6 mai 1931, le maréchal Lyautey ouvre en grande pompe l’Exposition coloniale qui exalte le grand-œuvre de la République.

Mais dès 1932, le pays ressent à son tour la crise économique.

Le 6 février 1934, la République est ébranlée par des émeutes antiparlementaires, consécutives au suicide de Stavisky, un escroc qui avait trafiqué avec quelques politiciens de second rang. Face à la menace présumée d'une dictature d'extrême-droite, le parti communiste conclut une alliance avec la SFIO (le parti socialiste) et le parti radical-socialiste. C'est le Front populaire.

Son triomphe aux législatives du 3 mai 1936 amène le socialiste Léon Blum à la présidence du Conseil. Il rattrape à marches forcées le retard de la IIIe République dans le domaine social : il signe avec les syndicats les accords de Matignon (l’hôtel de Matignon est la résidence du président du Conseil), instaure la semaine de 40 heures et les congés payés, augmente les salaires et procède à des nationalisations (création de la SNCF...).

Pendant ce temps, la situation internationale se dégrade. Le 16 mars 1935, en violation du traité de Versailles, Hitler rétablit le service militaire obligatoire. Un mois plus tard, à Stresa, sur le lac Majeur, le Français Laval, l’Italien Mussolini et le Britannique Mac-Donald s'engagent à ne plus tolérer aucune violation du traité. Dans la foulée, Pierre Laval signe le 2 mai 1935, à Moscou, un traité d'assistance mutuelle avec Staline.

Mais quand l'Italie attaque l'Éthiopie en octobre 1935 et qu'elle est sanctionnée par la Société des Nations, le « front de Stresa » se rompt. Le 7 mars 1936, profitant de l'effervescence qui précède les élections françaises, Hitler remilitarise la Rhénanie. Quelques mois plus tard, avec Mussolini, il apporte son aide aux nationalistes espagnols, en guerre contre leur gouvernement. Léon Blum, pressé de secourir le gouvernement légitime espagnol, préfère s'abstenir.

Après le rattachement de l’Autriche au Reich (Anschluss) en mars 1938, Hitler annonce son intention d’annexer les minorités germanophones du pourtour de la Tchécoslovaquie. Une conférence réunie à Munich lui en donne acte le 30 septembre 1938. Les Européens, résignés, se préparent à une nouvelle guerre.

La Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale débute avec l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht le 1er septembre 1939. L'Angleterre et la France se sentent obligées de déclarer la guerre à l’Allemagne deux jours après... mais se gardent bien de l'attaquer. Après huit mois d’une « drôle de guerre », Hitler, qui a réglé leur compte aux Polonais, reporte ses efforts à l'ouest.

Le 10 mai 1940, ses armées envahissent les Pays-Bas, la Belgique et la France ! Le maréchal Philippe Pétain, héros de Verdun (84 ans), remplace Paul Reynaud à la présidence du Conseil.

Le 18 juin 1940, par un Appel à la radio de Londres, le général Charles de Gaulle se pose en légitime représentant de la France résistante. Quatre jours plus tard, le gouvernement de Pétain signe l’armistice.

Pendant l’année qui va suivre, jusqu’à l’invasion de l’URSS par la Wehrmacht, l’Angleterre (et son Empire) luttera seule contre Hitler. Le 3 juillet 1940, la Royal Navy détruit la flotte française à Mers el-Kébir (Algérie).

Une semaine plus tard, à Vichy, l'assemblée issue des élections de 1936 vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le 24 octobre 1940, celui-ci rencontre Hitler dans la petite gare de Montoire et engage la France dans la voie douteuse de la collaboration avec l’occupant.

Le 2 mars 1941, le colonel Leclerc enlève aux Italiens l'oasis de Koufra, au sud de la Libye. Avec ses hommes, il fait le serment de ne plus déposer les armes avant que le drapeau français ne flotte sur Strasbourg. Jean Moulin est parachuté en France pour organiser la résistance intérieure et la placer sous les ordres du général de Gaulle.

Le 16 juillet 1942 a lieu la rafle du Vél d'Hiv. Policiers et gendarmes arrêtent 13 000 Juifs, y compris 4 000 enfants que les nazis n'avaient pas formellement réclamés. Tous sont convoyés vers les camps d'extermination nazis. Seules quelques dizaines en reviendront. Le 23 octobre 1942, à El-Alamein (Égypte), les Britanniques du général Montgomery repoussent l'Afrikakorps du maréchal Rommel. Après cette première défaite, rendue possible par la résistance d'une brigade française à Bir Hakeim (Libye), les Allemands ne cesseront plus de reculer jusqu’à la capitulation.

Le 8 novembre 1942, les troupes anglaises et américaines débarquent en Afrique du nord. Les Allemands répliquent le 11 novembre 1942 en franchissant la ligne de démarcation qui sépare la France occupée de la France dite « libre » depuis l’armistice. Le gouvernement de Vichy perd la fiction de son indépendance.

Scène de débarquement le 6 juin 1944 (Overlord)

Le 17 mai 1944, sur les pentes du Mont Cassin, entre Naples et Rome, les Marocains du général Juin brisent la résistance allemande et permettent aux Alliés de poursuivre leur progression en Italie. C'est le principal fait d’armes de la France Libre. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie. C'est « le Jour le plus long ».

Face à l’adversité, les troupes d’occupation accentuent la terreur. Le 9 juin 1944, les SS de la division Das Reich pendent 99 otages aux balcons de Tulle, en Corrèze. Le lendemain, des nazis de la même division assassinent 642 habitants d'Oradour-sur-Glane. 

Le 15 août 1944, les Alliés débarquent en Provence. C'est le troisième débarquement après ceux de Sicile et de Normandie. Aux côtés des Anglo-saxons figure un corps d'armée constitué de 120 000 Français Libres (y compris de nombreux soldats des colonies) sous le commandement du général de Lattre de Tassigny.

Le 25 août 1944, à 15h 30, le général Leclerc reçoit à Paris la capitulation des troupes d'occupation de la capitale.

Paris libéré !

Quand les canons se taisent enfin, le 8 mai 1945, l'Allemagne et une grande partie de l'Europe sont en ruines. Environ 50 à 60 millions de victimes manquent à l'appel dans le monde, dont une grande majorité de civils : résistants, déportés, victimes de la Shoah (génocide des Juifs) ou victimes des bombardements de cités.


Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 09:50:14

 
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