David (1748-1825)

Artiste engagé

Jacques-Louis David est le principal représentant français de l'école « néo-classique » du XVIIIe siècle finissant, nourri par la découverte des ruines de Pompéi. Formé à l’Académie royale de peinture et de sculpture, il rompt avec le style libertin de Boucher et de Watteau pour revenir au classicisme de Nicolas Poussin. Il connaît le succès en 1785 avec Le Serment des Horaces, une oeuvre qui annonce déjà la Révolution.

Député enthousiaste à la Convention nationale, ami de Robespierre, il vote la mort du roi. Il sévit aussi au sein du sinistre Comité de sûreté générale, qui traque les suspects et les défère devant le Tribunal révolutionnaire. Lui-même interroge de façon abjecte la reine Marie-Antoinette sur ses présumés rapports avec son fils ! Désireux de créer une mystique républicaine, il peint avec ferveur Marat assassiné et fait transférer sa dépouille au Panthéon. Il projette également le portrait de Bara, un enfant tombé en héros pour la République. Il laisse inachevé son tableau du Serment du Jeu de Paume. Commis aux célébrations nationales, il organise aussi la fête de l'Être suprême.

À la chute de Robespierre, il est brièvement emprisonné. À sa libération, il oublie ses folies jacobines et fait amende honorable. Il pousse très loin le repentir, jusqu'à se rallier bien plus tard à Bonaparte et s'exclamer à l'issue d'une première séance de pose : « Bonaparte est mon héros ! ». Il dédaigne d'accompagner le général en Égypte mais, à son retour, devient son conseiller artistique. Il réalise à sa demande le fameux Bonaparte franchissant le col du Grand-Saint-Bernard (1801). Cette oeuvre de propagande sans rapport avec la réalité sera réalisée en cinq exemplaires et maintes fois copiée et diffusée par les colporteurs jusque dans les chaumières, contribuant à la gloire du futur empereur. David peint ensuite le Sacre de Napoléon à Notre-Dame. À la Restauration, refusant par avance une grâce royale, il s'exile à Bruxelles où il poursuit une carrière de portraitiste talentueux...

Marat assassiné, 13 juillet 1793, Jacques-Louis David, musée du Louvre.
Publié ou mis à jour le : 2025-12-19 06:46:06

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