31 juillet 1968 - Le Baas au pouvoir à Bagdad - Herodote.net

31 juillet 1968

Le Baas au pouvoir à Bagdad

Le 31 juillet 1968, le Baas, un parti arane qui se veut socialiste, moderniste et laïc, s'installe solidement au pouvoir en Irak, à la suite d'un énième coup d'État militaire. Un Conseil de la Révolution se met en place et porte le général Ahmed Hassan al-Bakr à la tête de l'État.

C'est la fin d'une décennie d'agitation politique... et le début d'une longue dictature.

Un parti moderniste

Le parti Baas (d'un mot arabe qui signifie renaissance) a été fondé en 1942 à Damas par le chrétien Michel Aflak et le musulman sunnite Salahedine Bitar. Il sont rejoints par un Alaouite (minorité syrienne), Zaki al Arzouzi. Le parti veut dépasser les clivages religieux et promouvoir l'« arabité ». Il affiche un programme anticolonialiste, socialiste, laïc et panarabe, se proposant rien moins que de réunir tous les pays arabes en une vaste fédération moderne. Sa devise est « Unité, socialisme, liberté ».

Le Baas séduit la bourgeoisie urbaine d'Irak et de Syrie, s'installant au pouvoir dans ces deux pays dans les années 1960. Mais très vite le sentiment panarabe s'effiloche sous la pression des réalités. L'anarchie est entretenue par les rébellions autonomistes des Kurdes, au nord, et des chiites, au sud, ainsi que les convoitises occidentales et soviétiques sur les immenses ressources pétrolières du pays.

Sanglantes alternances politiques

Le 14 juillet 1958, le général Kassem (Abdul Karim Qasim) renverse la monarchie hachémite, qu'il juge trop inféodée aux Britanniques. Le roi Fayçal II, sa famille, ainsi que le Premier ministre Nouri es-Saïd et différentes personnalités sont massacrées. 

Kassem proclame la République et rompt la « Fédération arabe » créée quelques mois plus tôt par le rapprochement des deux monarchies hachémites d'Irak et de Jordanie pour faire pièce à la République Arabe Unie (RAU) de Syrie et d'Égypte créée par Nasser.  Il se retire aussi en mars 1959 du pacte de Bagdad pro-occidental et se rapproche de la RAU.

Mais il doit faire face à une révolte des Kurdes et à l'hostilité des communistes. Il est à son tour renversé et tué le 8 février 1963 par des militants baasistes qui placent au pouvoir son ancien collègue, le colonel Abdel Salam Aref. Celui-ci ayant péri dans un accident d'avion en 1966, il est remplacé par son frère, le général Abdel Rahman Aref.

Dangereuse dérive

Dès le début des années 1970, à Bagdad, le général Hassan al-Bakr transforme le Baas en un parti unique, avec une organisation calquée sur les partis communistes. Il s'appuie sur le savoir-faire d'un jeune cousin, Saddam Hussein, originaire comme lui de la région de Takrit (ou Tikrit), la ville de Saladin, située au Kurdistan, à 250 km au nord de Bagdad.

Ahmed Hassan al-Bakr et son vice-président Saddam Hussein

Le nouveau vice-président, Saddam Hussein, est né le 28 avril 1937. Très tôt orphelin de père, il devient le souffre-douleur de son beau-père et des autres enfants de son village ! Mais il va montrer très vite ce que signifie son prénom, Saddam (en arabe, le bagarreur). Dépourvu de formation supérieure, il se révèle bientôt un agitateur-né et, dès 1959, participe à une tentative de coup d'État contre le général Kassem. Blessé à la jambe, il réussit par miracle à s'enfuir à l'étranger et récidive en 1964 contre le général Aref. Il est cette fois arrêté mais trouve moyen de s'évader...

Publié ou mis à jour le : 2019-07-18 12:22:04

 
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