Le 22 février 2014, le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch est révoqué par le Parlement à la suite de manifestations violentes dans les rues de Kiev. Ces manifestations ont débuté le 21 novembre 2013 sur Maïdan, la place centrale de Kiev, suite à la rupture des négociations de l'Ukraine avec l'Union européenne.
Cette révocation est un camouflet d'autant plus violent pour le Kremlin qu'elle survient la veille de la clôture des Jeux Olympiques d'Hiver à Sotchi, au pied du Caucase (7-23 février 2014), sous la haute présidence du président russe Vladimir Poutine !
Bruxelles avait proposé à l'Ukraine une association économique qui lui eut ouvert de fructueux débouchés. Mais elle avait conditionné cet accord à une rupture totale de l'Ukraine d'avec son grand voisin, la Russie. Pour le gouvernement ukrainien, cette exigence était intolérable. Elle impliquait une reconversion brutale et à haut risque de la quasi-totalité du commerce ukrainien. Elle brisait aussi des liens immémoriaux et très intenses, tant économiques qu'humains.
De la rupture à l'explosion
Le 21 novembre 2013, le président Viktor Ianoukovitch se retire avec fracas de l’accord de libre-échange et d’assistance économique qu’il devait signer avec l’Union européenne une semaine plus tard à Vilnius (Lituanie). C’était l’aboutissement d'un projet de Partenariat oriental lancé en 2005 par la Suède et la Pologne. L’Ukraine en attendait beaucoup mais ne voulait pas pour autant rompre ses liens traditionnels avec la Russie et le président l’avait fait savoir à ses interlocuteurs européens. Ceux-ci ayant refusé toute forme de dialogue ou d’association avec Moscou, le président ukrainien refusa de signer l’accord.
Aussitôt, les mouvements pro-occidentaux ukrainiens descendirent dans la rue et se heurtèrent parfois violemment aux prorusses. Les manifestations de Kiev furent appelées « Euromaïdan » pour les distinguer de la « Révolution orange », survenue neuf ans plus tôt jour pour jour et qui avait amené la formation d'un premier gouvernement libéral et pro-occidental. Aujourd'hui, elles sont aussi volontiers qualifiées de « Révolution de la dignité ».
Ces manifestations redoublèrent d'ampleur le 18 février 2014. Deux jours plus tard, l'intervention de la troupe fit plus de quatre-vingt morts parmi les manifestants. C'est alors que Parlement destitua le président. Dans la foulée eurent lieu des élections anticipées, le 7 juin 2014, l'accession à la présidence de la République de Petro Porochenko, entré en politique à la chute de l'URSS tout en faisant fortune dans l'industrie du chocolat, enfin la ratification de l'accord d'association avec l'Union européenne (en dépit de son rejet par les Néerlandais, consultés par référendum).
À peine élus, les nouveaux députés n'avaient eu rien de plus pressé que de déchoir la langue russe de son statut de deuxième langue officielle. La mesure, d'une insigne maladresse, fut rapportée dans les heures qui suivent mais le mal était fait. Il s’ensuivit une rébellion dans l’Est ouvrier et russophone ainsi qu’en Crimée. Vladimir Poutine se saisit du prétexte pour provoquer la sécession de la Crimée et proclamer son retour dans le giron de la Russie après un référendum organisé le 16 mars 2014. Il apporta ensuite un appui militaire aux autonomistes russophones de la région du Donbass, dans les oblasts de Donetsk et Louhansk. Cette première guerre en Ukraine déboucha sur deux accords successifs de cessz-le-feu, Minsk 1 et Minsk 2...











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