19 février 197

Victoire de Septime Sévère à Lyon

Le 19 février 197, deux armées romaines s'affrontent aux abords de Lyon pour la domination de l'empire... Le vainqueur est le candidat de l'armée du Danube, Septime Sévère. Avec lui débute ce que les historiens ont appelé le Bas-empire.

Jean-François Zilberman
Un soldat énergique

Septime Sévère est un homme énergique de 47 ans issu d'une famille de chevaliers aisés de la ville de Leptis Magna, dans la province proconsulaire d'Afrique (aujourd'hui en Libye).

Septime Sévère, tête en marbre grec et albâtre vert, Rome, musée du Capitole.Après des études de philosophie à Athènes et de droit à Rome, il accomplit une carrière administrative brillante puis prend le commandement des légions d'Illyrie.

Ses hommes le désignent empereur à la mort du vieux Pertinax, en 193. Il fait aussitôt égorger le sénateur Didius Julianus qui avait acheté l'empire à la garde prétorienne.

Par sa victoire de Lyon, Septime Sévère se défait de son autre rival, le gouverneur de Bretagne, Clodius Albinus, et pour se venger de Lyon qui a soutenu ce dernier, il brûle la ville et massacre ses habitants chrétiens, au nombre de 18 000.

Il massacre aussi les sénateurs romains qui ont eu le mauvais goût de s'opposer à lui. L'historien Dion Cassius estime qu'un vingtième de l'ordre sénatorial aurait été ainsi éliminé.

Lyon, métropole des Gaules

La capitale des Gaules a été fondée en 43 avant JC par un lieutenant de Jules César sous le nom de Lugdunum. Elle a bénéficié de privilèges spéciaux du fait de son plus illustre citoyen, l'empereur Claude, et est devenue une cité prospère d'où partent cinq voies vers l'Aquitaine, l'Italie, le Rhin, Arles et l'Océan. Sur la colline de Fourvière, un superbe musée atteste de cette histoire grandiose et donne à voir le théâtre et les vestiges antiques.

Lugdunum ne se releva jamais du sort que lui fit subir Septime Sévère, mais ses évêques, en souvenir du rôle éminent que la ville joua dans l'introduction du christianisme en Gaule, ont gardé jusqu'à nos jours le titre de primat des Gaules.

Éphémère rénovation de l'empire

Septime Sévère devient le premier empereur sans racines italiennes. Avec lui, l'empire change de nature. Les historiens parlent à son propos de Bas-Empire, par opposition à l'empire prospère des douze premiers César et des Antonin. Son règne conserve néanmoins une partie de la grandeur antérieure.

Septime Sévère met fin à l'anarchie qui a suivi la mort de l'empereur Commode. Il s'appuie sans vergogne sur l'armée qui l'a porté au pouvoir. « Enrichissez les soldats et moquez-vous du reste », aurait-il eu coutume de dire.

Septime Sévère, Julia Domna et Caracalla, Tondo severiano (médaillon), Égypte, Ier siècle, José Luiz, Berlin, musée Altes.Pour tenter de remédier à la crise économique qui affecte l'empire depuis plusieurs décennies, Septime Sévère mène comme ses prédécesseurs une politique dirigiste. Les paysans sont de plus en plus strictement attachés à la terre qu'ils travaillent. Les fils doivent, dans de nombreuses professions, reprendre le métier de leur père...

L'empereur doit par ailleurs combattre en permanence les ennemis des frontières : il reprend la Mésopotamie aux Parthes puis repousse les Calédoniens dans l'actuelle Écosse. Finalement, il trouve la mort sur le champ de bataille, à Eboracum (aujourd'hui York, en Angleterre), le 4 février 211. Il a 64 ans.

L'empire en déshérence

À Septime Sévère succèdent d'abord ses fils Caracalla et Géta puis, sous l'influence de sa veuve, une Syrienne du nom de Julia Domna (ou Julia Maesa, ses petits-fils ou cousins Élagabal et Alexandre-Sévère, originaires de Syrie. Tous vont finir assassinés.

Caracalla, qui a tué son frère dès la première année de son règne, est lui-même tué à 31 ans, en 217, par le préfet des gardes Macrin, au cours d'une campagne contre les Parthes. Après le court règne de Macrin, Élagabal, un cousin de Caracalla, est hissé au pouvoir par les légionnaires. C'est un prêtre syrien de 14 ans, à peine romanisé... Assassiné quatre ans plus tard, il laisse la place à un autre cousin, Alexandre-Sévère, celui-là plein de vertu mais dont l'assassinat, en 235, signera la fin de la dynastie.

Publié ou mis à jour le : 2019-02-18 15:17:01

 
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