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1914-1918

Les séquelles de la Grande Guerre


La Grande Guerre a mérité son nom même si elle est hélas loin d'être le conflit le plus meurtrier qu'ait connu l'humanité (*). Survenue à l'issue d'un enchaînement de circonstances à peine compréhensible, elle a ruiné l'Europe, qui réunissait au XIXe siècle tous les atouts de la prospérité, de la grandeur et de l'harmonie.

L'Europe après la Grande Guerre (1923)

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L'Europe après la Première Guerre mondiale (cartographie AFDEC)
Cette carte montre l'Europe après la Première Guerre mondiale et les traités qui ont fait éclater les 4 empires de 1914. Noter la multiplication de petits pays inaptes à se défendre et le couloir de Dantzig qui partage en deux le territoire allemand.

Le prix de la guerre

Avec la Grande Guerre, pour la première fois dans l'Histoire de l'humanité, des peuples entiers ont été entraînés au combat par des généraux peu soucieux du sang versé.

Le conflit a connu les excès habituels à toutes les guerres : viols et assassinats de civils. Mais il s'est signalé aussi par la disparition du code de l'honneur habituel aux guerres européennes. C'est ainsi que l'on n'a pas hésité à bombarder des ambulances et achever des blessés. Il n'a plus été question de trêves comme par le passé pour ramasser les blessés.

51 mois de guerre totale se soldent par un bilan humain catastrophique pour l'Europe et en particulier la France.

La Grande Guerre aura mobilisé un total de 65 millions d'hommes, dont 8 millions de Français, et fait plus de 8 millions de morts au combat, dont :
- 1,8 million Allemands,
- 1,7 million Russes,
- 1,4 million Français (dont 100.000 « poilus des colonies »),
- 1,2 million Austro-Hongrois,
- 908.000 Britanniques,
- 650.000 Italiens,
- 335.000 Roumains,
- 325.000 Turcs,
- 117.000 Américains,
- 88.000 Bulgares,
- 45.000 Serbes...

Aux morts des champs de bataille s'ajoutent plus de 20 millions de blessés et de mutilés.

Des séquelles durables

Les séquelles économiques, humaines et psychologiques de la Grande Guerre vont peser pendant de nombreuses décennies sur les pays belligérants.

La France du nord et de l'Est, où se sont déroulées les principales batailles, est ravagée et se remet difficilement de ses ruines. Beaucoup de villages, dans toutes les régions du pays, ne vont quant à eux jamais se remettre de la mort au combat de nombre de leurs garçons et de la condamnation au célibat de nombreuses jeunes filles (les « veuves blanches »).

Les populations civiles ont été relativement peu affectées dans leur chair par la guerre. Mais 4 millions de veuves de guerre et 8 millions d'orphelins ont aussi porté, pendant de longues décennies, le deuil des disparus.

Les civils comme les combattants ont été, aussi, brutalement frappés par un mal inattendu, la grippe espagnole, dont la propagation a été facilitée par les mouvements de population et l'affaiblissement physique des individus suite aux privations de toutes sortes.

Notons que si la guerre a fait progresser l'armement, avec l'apparition des chars blindés et de l'aviation de guerre, elle a aussi eu des effets plus positifs, notamment les progrès de la chirurgie réparatrice, mise au défi de soulager les « gueules cassées » (les mutilés de la face, au nombre de 15.000 en France).

L'incorporation des hommes valides a amené beaucoup de femmes à occuper les postes vacants dans les usines, favorisant de ce fait leur émancipation (dès l'époque de la guerre, on voit apparaître dans les quartiers bourgeois une nouvelle figure féminine : la « garçonne »).

14-18 : une « Grande » Guerre, vraiment ?

La guerre de 14-18 constitue un tournant majeur de l'Histoire universelle. Elle a brisé net la suprématie européenne et entraîné le Vieux Continent dans une dépression durable et profonde dont il est momentanément sorti à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, une génération plus tard.

Si elle mérite, hélas, le qualificatif de « Grande » Guerre, c'est bien plus à cause de ces séquelles géopolitiques et morales que de ses pertes humaines et matérielles du conflit... Lire la suite

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Publié ou mis à jour le : 2015-08-07 11:35:15

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Yves Petit (12-11-201718:55:34)

C'est bien dommage que la victoire de la France et des alliés lors de la Grande Guerre n'ait pu être assurée et consolidée en 1936 alors que les troupes allemandes ont eu l'effronterie de narguer la France qui n'a pas bougée.

Voilà bien ce manque de vision et ce manque de courage de la part des chefs d'état (Léon Blum dans ce cas-ci) qui, comme un boomerang, leur revient en pleine face tôt ou tard.

Jean Fossati (12-11-201717:19:16)

Bonne synthèse, à une erreur, importante, près : les pertes serbes n'ont pas été de 45 000 hommes mais de 450 000 hommes, soit 37% des militaires mobilisés. Il faut ajouter à cela 800 000 pertes civiles. Le tout pour une population de 4,5 millions d'habitants en 14. Ce que dit très bien le document de l'INED.

Anonyme (28-02-201610:53:19)

Je lis et relis ce passage plusieurs fois, à voix basse, à voix haute, en faisant le poirier mais rien n'y fait, je ne comprends pas :
"Les troupes coloniales, peu nombreuses en valeur absolue, ont eu quant à elles un peu moins de pertes que l'ensemble de la troupe (15% contre 16%) car elles supportaient en général moins bien les conditions climatiques du front [...]"

Mhax (11-11-201308:26:30)

Bravo pour vos articles , le courage en sera le fruit pour faire face aux défis que nous devons relevés , notamment en relevant nos manches et en baissant nos prétentions de niveau de vie ... si douillet !!! Trop d'évidence

Bruno Coussieu (04-11-200622:09:42)

Concernant Petain, comme la trés bien dit le générale de Gaulle "Pétain est mort en 1925". Mais sur la période de la grande guerre il a eu le mérite énorme d'être un chef économe du sang de ses soldats. Il disait à ses officiers " le feu tue". La tactique de l'état major français en 1914 étant l'offensive à outrance,( atttaquons, attaquons comme la lune), on a mesuré le carnage, car faire charger à la baïonnette des soldats en pantalons garance (rouge) devant des mitrailleuses; On arrive aux ré... Lire la suite

Jeanne Marion (26-09-200600:03:50)

Je viens de lire votre synthèse de la guerre de 1914 que je trouve très bien écrite et détaillée. Un grand bravo! grace à vous j'ai pu me remettre en mémoire les évènements tragiques qu'on connu nos ancêtres. Une petite critique cependant: vous avez oublié d'évoquer le général Pétain qui a fait preuve de beaucoup d'héroïsme en 1916 lors de la bataille de Verdun. C'est un grand homme dont la vie est malheureusement trop souvent résumée à la collaboration lors de la guerre de 1939-1945. Pour moi c... Lire la suite


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