Pendant la conquête de l'Algérie par la France, environ sept cent ressortissants de la tribu des Ouled Riah périssent les 18 et 19 juin 1845 dans l'« enfumade » des grottes du Dahra. Le colonel Pélissier avait, selon ses dires, proposé une reddition honorable aux combattants et à leurs familles qui s'étaient réfugiés dans ces grottes. Devant leur refus, il enfuma les grottes pour les contraindre à sortir. Refusant de se rendre, hommes, femmes et enfants finirent presque tous asphyxiés.
Un précédent avait déjà eu lieu un an plus tôt, le 11 juin 1844, à l'initiative du général Cavaignac, contre des ressortissants de la tribu des Sbéhas... Interpellé à la Chambre des Pairs, le général Thomas Bugeaud, commandant du corps expéditionnaire d'Algérie, assuma la responsabilité de ce crime de guerre en faisant valoir la nécessité d'être inflexible : « Et moi, je considère que le respect des règles humanitaires fera que la guerre en Afrique risque de se prolonger indéfiniment » !
Quelques semaines plus tard, le général Armand Leroy de Saint-Arnaud renouvelle l'idée de Pélissier. Il lui préfère une « emmurade ». Du 8 au 12 août 1845, il emmure cinq cents membres de la tribu des Sbeha dans des grottes, à Aïn Merane. Il écrit : « Je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n'est descendu dans ces cavernes ; personne à part moi ne sait qu'il y a là-dessous 500 brigands qui n'égorgeront plus les Français. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal, simplement, sans presse terrible ni images ».
Saint-Arnaud deviendra ministre de la Guerre dans le gouvernement de Louis-Napoléon Bonaparte et s'associera au coup d'État du 2 décembre 1851, ce qui lui vaudra d'être élevé à la dignité de Maréchal de France l'année suivante.











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