Le 17 octobre 1009, le sultan d’Égypte Al-Hakim ordonne la destruction de l’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Son toit s'effondre et le tombeau du Christ lui-même est saccagé à coups de pioche. Les hommes du sultan s'en prennent aussi au patriarche de Jérusalem qui a les yeux crevés.
Sultan instable et fanatique, le sultan rompt avec la politique modérée de ses prédécesseurs, les souverains fatimides établis au Caire. Il se distingue par ses persécutions contre les chrétiens, les juifs ainsi que les musulmans sunnites, mais aussi par ses lois et mises à mort arbitraires. Aussi en 1005 a-t-il ordonné la mort de tous les chiens d’Égypte dont les aboiements le dérangeaient.
Une destruction à fort retentissement
L'église du Saint-Sépulcre a été édifiée en 326 par Hélène, mère de l’empereur Constantin, sur l’emplacement supposé où le Christ a été inhumé après sa crucifixion. Elle accueille depuis le IVe siècle de nombreux pèlerins. Lorsque les hommes d’Al-Hakim l’investissent, elle est à vrai dire déjà fort abîmée, notamment du fait d’incendies et de tremblements de terre...
L’église de la Nativité à Bethléem devait subir le même sort mais les musulmans eux-mêmes s’y opposent. Al-Hakim meurt en 1021, au soulagement du plus grand nombre. Le Saint-Sépulcre sera finalement restauré en 1048 à la suite d’un traité de paix conclu avec l’empereur byzantin.
La destruction du Saint-Sépulcre connaît un grand retentissement dans l’Occident latin. Près d'un siècle plus tard, en 1095, le pape Urbain II appellera ainsi à la croisade dans le but de rétablir la sécurité des voyages en Terre Sainte.










Vos réactions à cet article
Recommander cet article
Aucune réaction disponible