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Napoléon, les grands moments d\'un destin

Napoléon en 50 épisodes


Nous avons lu pour vous Napoléon, les grands moments d'un destin par Jean Tulard (Fayard, 15 novembre 2006, 622 pages, 26euros).

Jean Tulard, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques (Institut de France), a écrit ou dirigé en quarante ans une bonne centaine d'ouvrages, essentiellement sur Napoléon, l'Empire, le Consulat et la Révolution !

Ni thuriféraire, ni pourfendeur de l'Empereur, il nous parle de celui-ci avec la retenue qui sied à un immense érudit.

Napoléon, les grands moments d'un  destin

Spécialiste de Napoléon, l'historien Jean Tulard vient d'ajouter un nouveau titre à la montagne d'ouvrages consacrés au «petit caporal».

Mais Napoléon, les grands moments d'un destin n'a rien d'une biographie ordinaire. Et c'est ce qui fait son intérêt, outre la clarté de l'écriture et l'élégance du style...

Partant du constat que le destin exceptionnel de Napoléon s'est joué aux dés des dizaines de fois, Jean Tulard a choisi de s'arrêter sur chacun de ces moments où l'Histoire a hésité. C'est ainsi qu'il nous raconte cinquante histoires plus ou moins connues, de la naissance du héros (1769) au retour de ses cendres en France (1840). C'est autant de chapitres quis'enchaînent les unsaux autres avec légèreté.

«Quel roman que ma vie !»

Dans son exil de Sainte-Hélène, l'Empereur a lui-même eu conscience du caractère hasardeux de son destin: «J'avais beau tenir le gouvernail, quelque forte que fût la main, les lames subites et nombreuses l'étaient bien plus encore, et j'avais la sagesse d'y céder plutôt que de sombrer en voulant y résister obstinément. Je n'ai donc jamais été véritablement mon maître ; mais j'ai toujours été gouverné par les circonstances...».

La seule chose que Napoléon ait plutôt bien maîtrisé est la construction de sa Légende, en gérant sa communication par ses Bulletins de la Grande Armée et ses commandes aux peintres, en se livrant aussi à l'Angleterre et en se dotant de l'auréole du martyr !

Avec Jean Tulard, nous suivons tous les temps forts où Napoléon Bonaparte a manqué de basculer dans l'oubli ou l'échec.

L' expédition d'Égypte, dès 1798, a cumulé tous les risques et elle a d'ailleurs fini en catastrophe. Mais Bonaparte a échappé à une disqualification prématurée grâce à des hasards inouïs comme une avarie du vaisseau amiral de Nelson qui empêche celui-ci d'intercepter à temps la flotte française.

A Marengo, dès 1800, sa défaite paraît certaine et il n'est sauvé que par l'arrivée inopinée de Desaix. A nouveau à Eylau, en 1807, il est sauvé in extremis d'une capture honteuse par l'arrivée de Murat. Cette chance ne se renouvellera pas quinze plus tard à Waterloo, quand le Prussien Blücher devancera Grouchy.

Même Austerlitz, célébré comme le chef-d'oeuvre du génie stratégique de Napoléon 1er, aurait pu tourner à la déroute sans un coup de pouce du Destin.

La chance de Napoléon Bonaparte se reflète aussi dans les attentats comme celui de la rue Saint-Nicaise auxquels il n'a plusieurs fois échappé que d'extrême justesse.

Mais Napoléon a aussi commis des erreurs ou des choix malvenus qui ont accéléré sa chute. Ainsi sa rupture avec Lucien, son plus jeune frère et le seul qui fut à même de l'aider efficacement. Ainsi la destitution des souverains espagnols et le choix de son frère Joseph au lieu du populaire Murat comme roi d'Espagne. Ainsi encore son offensive sur Moscou plutôt que sur Saint-Pétersbourg...

Le diagnostic de Jean Tulard reflète ce contraste: «Le destin de Napoléonest faitd'intuitions géniales et d'erreurs graves. Il est l'homme de l'offensive, de l'audace, du risque, ce qui suppose un caractère bien trempé, des nerfs d'acier et une totale confiance en soi. Mais dans cette splendide mécanique onnote des ratés, des hésitations - en 1815 surtout - et des effondrements qui conduisent à la dépression et à la tentation du suicide.»

N'est-ce pas là en définitive ce qui fait le caractèreromanesque de Napoléon («Quel roman que ma vie!» a dit ce dernier) et l'incroyable vigueur de sa légende ?

André Larané

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