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À quand remonte la première exposition universelle ?

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Des origines à nos jours

Il était une fois... mon village


Communautés vouées par définition à l'agriculture, les villages demeurent bien ancrés dans notre imaginaire malgré l'exode rural... et l'exode urbain qui l'a suivi et a vu les salariés des villes, les touristes et les retraités réoccuper les fermes abandonnées.

Remontons le cours de l'Histoire et suivons l'apparition de ces villages.

Occuper le territoire

Pietr Mondrian, L'Église du village, 1898, collection privéeLe village a précédé l'agriculture : il y a près de 12.000 ans, des habitants du Levant renoncent aux inconfortables huttes de chasseurs-cueilleurs pour investir dans des habitations plus solides. Fini le provisoire et l'insalubre !

Les débuts sont humbles, on se contente de cabanes en torchis ou en pierre, parfois à demi-enterrées, élevées à proximité des ressources indispensables à la vie d'un petit groupe : cours d'eau bien sûr, mais aussi zone de chasse.

Au fil des siècles, la vie semi-nomade devient totalement sédentaire et pour éviter d'avoir à se déplacer trop loin pour cueillir ou chasser la nourriture, on développe les semis autour des habitations et l'on domestique les animaux (après le chien, compagnon de chasse, c'est la chèvre, qui donne son lait et sa viande).

Le village prend alors forme tandis que, face à l'accumulation des biens, l'esprit de propriété se développe, faisant de chaque étranger un ennemi potentiel. Ayant compris que l'union fait la force, on se protège en regroupant les habitats. Le village devient non seulement lieu de vie communautaire mais aussi de défense pour la quinzaine de familles qui s'y sont installées. Enfin tranquille ? Pas tout à fait...

Pourquoi faire comme tout le monde ?

Parmi les plus beaux villages, certains doivent leur renommée à leur emplacement quelque peu original. C'est le cas des villages lacustres ou palafittes (de l'italien palafitta : «pieu fiché»), dont on trouve des exemples à travers le monde entier, en commençant par Venise, construite sur les îlots de la lagune du Lido au moment de l'invasion des Huns.

Comme les nids d'aigle occupés par les villages perchés, ces villages lacustres avaient en effet pour but principal de protéger leurs occupants des attaques en utilisant l'eau comme obstacle naturel. Si les premiers habitats étaient certainement à flanc de colline ou à l'entrée de grottes, d'autres ont directement été creusés à l'intérieur des roches, comme les villages troglodytiques de Cappadoce ou, plus près de nous, des bords de Loire.

L'excentricité peut également venir du désir de célébrer un saint facétieux, qui aurait choisi le lieu le plus inaccessible pour séjourner : pensons à Rocamadour ou encore au Mont Saint-Michel, la «merveille de l'Occident». Citadelles étoilées à la Vauban ou bories en pierres sèches de Provence, les architectes s'en donnent à cœur joie !

Vue du village de Rocamadour, photo : Gérard Grégor

Un peu d'ordre !

Si ces premières «agglomérations» sortent de terre dans l'anarchie, rapidement on se rend compte qu'une certaine organisation devient indispensable. Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi ! C'est pourquoi, par exemple en Europe centrale, les maisons en en argile des premiers «paysans du Danube» se trouvent toutes orientées dans le même sens, celui des vents dominants. Au centre, un bâtiment plus important fait office de lieu de réunion tandis qu'un système hiérarchique, visible à la présence de bâtiments plus importants, se met en place.

Mais on n'est jamais trop prudent : à partir du IVe millénaire avant notre ère, on commence à ajouter palissades et fossés qui transforment les villages en camps fortifiés. Les communautés, de plus en plus nombreuses, commencent en effet à se concurrencer et s'observer d'un mauvais œil.

Dans le monde celtique ou gaulois, cette évolution donne naissance au 1er siècle av. J.-C. aux oppida (pluriel d'oppidum), places fortes situées en hauteur, entourées de murs cyclopéens et parfaitement organisées avec les artisans à proximité de la porte principale, puis les demeures des nobles, enfin, au centre, le sanctuaire.

Il ne s'agit plus tout à fait d'un village mais plutôt d'une ville, avec ses fonctions sociales diversifiées. La campagne alentour est émaillée de fermes isolées et de cabanes familiales. Bibracte, capitale des Éduens, en Bourgogne, est un bel exemple d'oppidum.

Villa romaine, mosaïque  du IVe s. ap. J.-C., musée du Bardo, Tunis

De la villa au village

Profitant de la paix romaine, les Gaulois et autres Celtes quittent leur oppidum pour s'installer en plaine. Les campagnes se couvrent alors d'un nouveau type d'habitation, la villa, exploitation agricole plus ou moins importante, soumise à l'autorité d'un propriétaire riche et puissant.

À la fin de l'empire, la villa devient un point d'ancrage pour les paysans pauvres ruinés par une fiscalité écrasante. Ainsi en est-il de Montmaurin, au pied des Pyrénées. Mais les invasions barbares du Ve siècle changent la donne : les habitants des campagnes commencent à se regrouper derrière les murs construits autour des anciennes villae. 

À l'époque carolingienne, à partir du VIIIe siècle, ils se regroupent spontanément autour des chapelles et des cimetières, en quête de réconfort et de solidarité. Les premières communautés villageoises se constituent autour de ces enclos paroissiaux, qui sont le signe de la christianisation des campagnes. Plus tard, avec la montée de l'insécurité, les paysans trouvent aussi protection à l'ombre des premiers châteaux forts, constructions rustiques en bois qui servent de refuge à un seigneur et à ses hommes (...).

Publié ou mis à jour le : 2013-08-31 14:34:01

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