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La Gaule avant César
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La Gaule

La Gaule et les Gaulois avant César


Avant notre ère, le territoire compris entre les Pyrénées, les Alpes et le Rhin (France, Bénélux, Suisse et Rhénanie actuels) avait une unité toute fictive.

Il appartenait à l'immense domaine de peuplement celte qui s'étendait des îles britanniques jusqu'au bassin du Danube et même jusqu'au détroit du Bosphore (le quartier de Galatasarai, à Istamboul, rappelle encore aujourd'hui la présence de Galates, cousins des Gaulois, dans la région).

C'est la conquête romaine qui allait lui donner un semblant d'unité avant que n'en sortent la France et ses voisins. Et contrairement aux idées véhiculées du Moyen Âge au début du XXe siècle, contrairement aussi à l'imagerie sympathique d'Astérix le Gaulois, ce n'était en rien un pays de sauvages avec d'épaisses forêts pleines de sangliers. Les historiens et archéologues de la fin du XXe siècle ont fait litière de ces préjugés.

La Gaule à la veille de la conquête romaine

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Le territoire entre Rhin et Pyrénées que César appelle Gaules dans son célèbre compte-rendu de la guerre des Gaules est composé d'environ 64 pays relativement divers et d'une unité très factice... C'est aussi un territoire fortement peuplé, aux ressources agricoles et minières abondantes...

Une unité fictive

La Gaule proprement dite est partagée entre Rome et des tribus indépendantes celtes, mais aussi ibères ou encore germaniques.

Jules César lui-même a perçu cette diversité : «La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les plus braves de tous ces peuples sont les Belges, parce qu'ils sont les plus éloignés de la civilisation et des mœurs raffinées de la Province, parce que les marchands vont très rarement chez eux et n'y importent pas ce qui est propre à amollir les cœurs, parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin et avec qui ils sont continuellement en guerre» (La guerre des Gaules).

Avant que les légions de César ne pénètrent en Gaule, les Romains occupent déjà la partie méditerranéenne du pays, dont la capitale a été Narbonne avant de devenir Lyon. Cette région, la Gaule Narbonnaise, est aussi appelée la Province (dont nous avons fait Provence) car c'est dans l'ordre chronologique la première province de Rome.

La Gaule qui échappe à Rome est communément appelée «Gaule chevelue» du silmple fait qu'elle est plus boisée que la Gaule méditerranéenne !  Les 64 pays gaulois («pagus») sont très différents les uns des autres et sensibles aux influences des pays riverains (Italie, Germanie, Espagne) et même plus lointains (Grèce). Certains sont des chefferies héréditaires, d'autres des républiques plus ou moins démocratiques.

Le trésor de Vix

En 1953, on a découvert à Vix, en Bourgogne, la tombe d'une princesse celte morte vers 480 avant JC.

Son trésor funéraire incluait un cratère (vase) en bronze de 1,64 mètre, originaire de l'Italie du Sud qu'on appelait alors la Grande Grèce !

Cette découverte atteste que, très tôt, les Celtes de l'hexagone, plus tard appelés Gaulois, avaient des liens commerciaux nombreux avec les civilisations de la Méditerranée

Les limites des pays gaulois recoupent plus ou moins celles des futurs comtés carolingiens et des départements créés par la Révolution ! Les noms de leurs habitants se retrouvent d'ailleurs dans les noms des actuels chefs-lieux de départements : Vénètes (Vannes), Cadurques (Cahors), Nemnètes (Nîmes), Parisii (Paris), Tarbèles (Tarbes) etc. Cette organisation territoriale, qui se perpétue envers et contre tout à travers plus de deux millénaires, est l'un des marqueurs principaux de l'histoire de France (on peut s'inquiéter que d'aucuns veuillent y mettre fin en supprimant les départements).

Un pays prospère et fortement peuplé

Dans son ensemble, la Gaule se caractérise par une forte densité de population. On évalue à douze millions le nombre de ses habitants, soit davantage qu'à certaines époques du Moyen Âge.

Loin d'être un pays de forêts impénétrables uniquement peuplées de sangliers comme le laisseraient croire certaines bandes dessinées, la Gaule est en grande partie défrichée et couverte de belles campagnes comme l'atteste l'archéologie aérienne. Ses habitants manifestent un exceptionnel savoir-faire dans l'agriculture et l'élevage. D'ailleurs, le potentiel agricole de la Gaule compte pour beaucoup dans l'intérêt que lui portent les Romains.

En retour, les Gaulois portent beaucoup d'intérêt pour les ressources de leurs voisins romains. Ainsi les archéologues ont-ils évalué à une centaine de millions le nombre d'amphores de vin que les Gaulois auraient achetées aux Romains dans les siècles précédant la conquête.

Des dieux et des hommes

Nous avons peu de traces des dieux gaulois. Quatre divinités semblent attestées : Esus, dieu forestier ; Teutatès (le Toutatis d’Obélix), dieu de la tribu ; Taranis, maître du ciel ; Cernunnos, maître du bétail et de la faune sauvage.

Contrairement à ce que laisse croire le druide Panoramix, les prêtres ne célèbrent pas le culte dans la forêt mais dans des temples sans doute assez semblables à ceux que l’on rencontre en Grèce et autour de la Méditerranée.

Les Gaulois pratiquent en général l’incinération, avec inhumation de l’urne funéraire. Ils croient que la mort est une étape dans un cycle de réincarnations successives qui mène pour finir aux demeures célestes. Les guerriers morts au combat échappent au lot commun. Leur dépouille reste à l’endroit où ils sont tombés. Eux-mêmes ont le privilège d’accéder directement aux demeures célestes en grillant les étapes intermédiaires.

Les Gaulois reviennent à la vie

En janvier 1789, à la veille de la Révolution française, l'abbé Joseph Sieyès publie un opuscule retentissant : Qu'est-ce que le tiers état ? Dans ce petit ouvrage, il présente les Gaulois et plus précisément les Gallo-Romains comme les ancêtres du tiers état (le peuple), en les opposant aux Francs, ancêtres des nobles et aristocrates. C'est ainsi que sortent de l'ombre «nos ancêtres les Gaulois», éclipsés jusque-là par les chroniqueurs officiels qui se contentaient de relater les exploits de la monarchie et faisaient remonter celle-ci à Clovis (Ve siècle de notre ère).

Les Gaulois vont acquérir leurs lettres de noblesse avec Napoléon III ! Féru d'histoire antique, l'empereur écrit en collaboration avec Victor Duruy une biographie de Jules César et par la même occasion, se pique de passion pour Vercingétorix. Il le fait représenter sous ses traits à Alise-Sainte-Reine, lieu supposé de la bataille d'Alésia.

C'est le début d'une étrange dichotomie chez les Français cultivés qui considèrent les Gaulois comme leurs ancêtres et dans le même temps, les voient comme des sauvages que les Romains ont eu le bon goût de soumettre et civiliser.

Publié ou mis à jour le : 2015-01-29 10:02:44

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 9 commentaires sur cet article

jean-pierre (23-01-201519:32:09)

"Fortissimi sont Belgae ...veut bien dire fort ou courageux et n'est en tout cas pas péjoratif. En tant qu'Helvète moins modeste que Thierry je ne résiste pas à citer la suite: "...enfin parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent sur l'autre rive du Rhin, et avec qui ils sont continuellement en guerre. C'est pour la même raison que les Helvètes aussi surpassent en valeur guerrière les autres Gaulois : des combats presque quotidiens les mettent aux prises avec les Germains, soit... Lire la suite

Jacme (23-01-201517:02:03)

Plein d'internautes attendent le même article sur les Ibères en Gascogne, qui est devenue la France bien plus tard (entre 1453 et 1792). Mais les Gaulois n'étaient pas non plus la France tel que la troisième république la présentait, et tel que vos chers livres parisiens le présentent.

annick (12-06-201209:53:10)

Pas un mot sur la condition féminine...Je suggère qu'Hérodote se tienne au courant de ce qu'on appelle les études "genrées". Un article sur ce nouveau type d'analyse serait le bienvenu.

thierry Godet (05-06-201221:31:42)

Jules Cesar a écrit : fortissimi sunt belgae. Je crois que la traduction de fortissimi en braves est bien gentille pour les belges mais devrait plutôt être les plus forts ou les plus brutaux car non amollis par les marchands. Je le dis d'autant plus facilement que je suis belge et que je ne crois pas en une bravoure belge.
Bravo encore pour ce site et ses qualités.

Jean Philibert (05-06-201210:34:19)

Vous auriez pu rappeler la réouverture toute récente des salles de l'âge du Fer 2 - dites "salles gauloises"– au Musée d'Archéologie nationale de Saint Germain en Laye. -accompagnée d'une publication qui répond aux questions discutées dans votre article :
" Le Musée d'Archéologie nationale et les Gaulois du XIX au XXI siècle", 220 pages, 18 Euros, textes réunis sous la direction de Laurent Olivier

Vik (19-02-201210:54:43)

Tout d'abord, merci pour cet article intéressant et assez agréable sur le plan des anecdotes.
Je critiquerais si vous le permettez quelque chose d'accessoire et sans intérêt : votre commentaire sur la suppression éventuelle des départements. Ce thème "politique" n'a rien à faire ici, et je ne vois pas en quoi les départements français(découpage administratif datant de la fin du XVIII è S, post - révolutionnaire, !)auraient une quelconque influence sur "l'organisation" ... Lire la suite


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