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25 décembre An 1

Noël et la naissance du Christ


Pour les chrétiens de toutes obédiences, la fête de Noël, le 25 décembre, commémore la naissance de Jésus-Christ, à l'origine du christianisme.

Depuis les travaux de Denys le Petit, au début du Moyen Âge, la tradition situe cette naissance en l'an 753 de la fondation de Rome, qui est devenu par convention l'An 1 de notre ère.....

Jésus, Dieu fait homme

Les chrétiens, qui ont intégré la tradition judaïque, cultivent la foi en un Dieu unique mais en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit (c'est le mystère de la Sainte Trinité). Ce Dieu se veut proche des hommes et leur manifeste son amour en leur envoyant son Fils afin de les éloigner du péché et les conduire à la vie éternelle.

Celui-ci «prend chair de la Vierge Marie et se fait homme» sous le nom de Jésus - ou Iéshoua (en hébreu, Dieu sauve). Ainsi manifeste-t-il sa proximité avec l'humanité... 

Il supporte aussi de souffrir et de mourir sur la croix car, dit-il selon les Évangiles, «il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime». Mais, selon les disciples de Jésus, il est aussi ressuscité, manifestant par là sa divinité. La foi en sa résurrection est au coeur du christianisme.

 

Nativité, par Frederico Barocci (Urbino, 1528-1612), peintre maniériste italien précurseur du baroque

La naissance de Jésus selon les Évangiles

D'après l'Évangile de Matthieu, Jésus serait né de Marie, une jeune fille promise en mariage à Joseph, un homme de la descendance du roi David.

Marie, dont on peut penser qu'elle a 16 ou 17 ans, serait donc vierge lorsque l'ange Gabriel lui annonce qu'elle est enceinte et donnera le jour au Messie («oint du Seigneur» en hébreu) que les juifs attendent depuis des siècles. Le mot Messie se traduit par Christos en grec, la langue véhiculaire du bassin méditerranéen à cette époque, d'où le nom donné plus tard au fils de Marie, Jésus Christ, et à ses disciples, les chrétiens.

Joseph renonce à répudier sa promise après qu'un ange l'eut informé des intentions divines. D'après l'évangéliste Luc, la naissance de Jésus survient tandis que Marie et Joseph se rendent à Jérusalem pour se faire recenser conformément aux ordres de l'empereur romain, Auguste. Elle a lieu à Bethléem, un village à quelques kilomètres au sud de Jérusalem où le couple a trouvé à s'héberger. La tradition veut qu'il soit né dans une étable faute de place à l'auberge.

Les évangélistes évoquent la présence de bergers dans le voisinage, ce qui donne à penser que Jésus serait né à l'époque de l'agnelage, au mois d'avril. Ils évoquent aussi le cruel roi Hérode, protégé des Romains, ce qui situerait sa naissance en l'an 6 avant JC ! Aux dernières nouvelles, le moine Denys le Petit, à l'origine du calendrier adopté aujourd'hui dans le monde entier, se serait donc trompé dans ses calculs...

L'enfance de Jésus se déroule en Galilée, au nord de la Palestine, dans une ville peu connue du nom de Nazareth, où Joseph exerce le métier de charpentier. Il semblerait que Jésus ait eu de nombreux frères et soeurs plus jeunes, ce qui est admis par les protestants mais contesté par les catholiques. Le mot grec adelphos employé par les évangélistes pourrait en effet désigner aussi bien les frères que les cousins ou les proches du Christ.

Vers l'âge de trente ans, Jésus quitte sa famille et commence à prêcher sur les bords du lac Tibériade. D'humbles pêcheurs le rejoignent. Ils ne vont plus le quitter jusqu'à sa mort sur la croix, trois ans plus tard.

Fabienne Manière
Noël, une fête vagabonde

Aux premiers siècles de notre ère, les Grecs célébraient la venue de Jésus-Christ le 6 janvier, à l'occasion de l'Épiphanie (d'un mot grec qui désigne une apparition).

Ce jour-là, ils n'évoquaient pas sa naissance proprement dite mais plutôt son baptême dans les eaux du Jourdain par Jean-Baptiste ou encore le miracle des noces de Cana (l'eau transformée en vin), ou enfin la présentation du nouveau-né aux rois mages.

À Rome, en 354, le pape Libère reporte cette célébration au 25 décembre, en remplacement des Saturnales romaines et de la fête du soleil vainqueur (sol invictus) que les païens avaient coutume de consacrer au retour du soleil après le solstice d'hiver. C'est une manière de rappeler que Jésus est la «Lumière du monde».

Au Moyen Âge, la piété populaire centre la fête sur la naissance proprement dite de Jésus. Noël viendrait de natalis dies (en latin, «jour de la naissance») à moins qu'il ne soit une déformation d'Emmanuel. Ce nom rappelle l'oracle du prophète Isaïe : «Le Seigneur vous donnera un signe: la vierge enfantera un fils et l'appellera Emmanuel (en hébreu, Dieu avec nous)» (Évangile selon Matthieu).

Les chrétiens adoptent la coutume d'assister à une messe de Minuit, le soir du 24 décembre. Cette messe de Minuit était autrefois suivie d'une messe de l'Aurore et d'une messe du Jour, comme dans le conte d'Alphonse Daudet : Les trois messes basses. Ces messes, suivies d'un souper festif, rappelaient celles que le pape, évêque de Rome, célébrait au même moment dans trois églises de sa ville.

Se développent aussi au Moyen Âge les représentations vivantes de la crèche. Le mot désigne la mangeoire où reposait selon la tradition l'enfant Jésus, faute de lit mieux approprié. Ces représentations incluent un boeuf et un âne qui veillent sur le nouveau-né, ainsi que les parents et tous les personnages venus rendre hommage à l'enfant : bergers et paysans des environs, rois mages... Plus tard apparaissent les crèches à base de petits personnages en terre cuite.

Au XVIe siècle, apparaît en Alsace la coutume d'un sapin décoré de pommes et de bougies, qui rappellent la vie (Eve et la pomme) et la «Lumière du monde» (Jésus). Une année que les pommes se firent rares, un verrier avisé eut l'idée de les remplacer par des boules de verre soufflé. Cette coutume se diffuse dans les pays germaniques et plus tard en Angleterre, par l'intermédiaire du prince Albert de Saxe-Coburg Gotha, époux de la reine Victoria. À Paris, le premier sapin de Noël est planté aux Tuileries par la princesse Hélène de Mecklembourg, belle-fille du roi Louis-Philippe 1er, en 1837.

Les Américains reprennent à la fin du XIXe siècle la tradition de Saint Nicolas, qui distribue des cadeaux aux enfants sages le jour de sa fête, le 6 décembre. Ils transforment le saint en un Père Noël très profane qui passe dans la nuit du 24 au 25 décembre. Noël a perdu depuis lors son caractère strictement religieux et la fête a pris un caractère universel.

Pour éviter de malsaines compromissions, l'Église catholique met désormais l'accent sur la commémoration de Pâques et de la résurrection plutôt que sur Noël et la Nativité.

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Mise à jour : 2012-12-24 09:55:38