Aurangzeb (1618 - 1707) - Le dernier des « Grands Moghols » - Herodote.net

Aurangzeb (1618 - 1707)

Le dernier des « Grands Moghols »

Le 31 juillet 1658, Aurangzeb monte sur le trône de l'empire moghol des Indes, fondé par le musulman Babur. Rompant avec la tolérance religieuse de ses ancêtres, il va entraîner un irréversible affaiblissement de l'empire...

André Larané

Aurengzeb / Aurangzeb (2 novembre 1618 - 3 mars 1707)

L'Inde au temps des premiers empereurs moghols

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L'Inde des empereurs moghols (Herodote.net)
Cette carte montre la péninsule indienne (les Indes comme on disait autrefois) au temps des premiers empereurs moghols (du milieu du XVIe siècle à la fin du siècle suivant). Ce fut l'une des très rares périodes où la péninsule se trouva presque complètement unie.

Un héritage plutôt modeste

Né le 2 ou le 3 novembre 1618, Aurangzeb Alamgir (on écrit aussi Aurengzeb) est le troisième fils de l'empereur Chah Jahan.

Ce dernier est resté dans la postérité pour avoir fait construire le Taj Mahal en vue d'abriter la dépouille de sa chère épouse. Il a aussi transféré la capitale de l'empire d'Agra à Delhi. Chah Jahan s'est lui-même installé avec son gouvernement et sa cour dans le Fort Rouge, dont la construction a débuté le 16 avril 1639, selon une date déterminée par les astrologues.

Aurangzeb a été nommé par son père vice-roi du Dekkan. Il a manifesté sa valeur en combattant les roitelets hindous du sud de la péninsule. Mais il s'est aussi montré très rigoriste en matière de religion et de morale, à la différence de son père et de son frère aîné, Dara Shikok (on écrit aussi Shekuh).

Le Fort Rouge de Delhi, érigé par Shah Jahan en 1639

Guerre fratricide

Aurangzeb n'admet pas d'être évincé du trône. Il noue une alliance contre son aîné avec ses autres frères et traque Dara jusque dans le nord de l'Inde avant de le faire exécuter.

Là-dessus, il élimine ses autres frères, entre à Agra, capitale de l'empire moghol, emprisonne son père et se substitue à lui sur le trône.

Musulman rigoureux, il vit simplement, chasse les musiciens et les artistes de la cour. À la différence de ses prédécesseurs, il se désintéresse de l'architecture et s'en tient à la construction de la mosquée Badshahi, à Lahore.

Plus gravement, il veut convertir de force les Hindous, très largement majoritaires. Il va jusqu'à rétablir en 1679 l'impôt de la djizah qui s'applique aux « infidèles ».

Désastreuse intolérance

La politique intolérante d'Aurangzeb, en totale opposition avec celle de son aïeul Akbar, lui vaut l'hostilité des masses ainsi que de ses vassaux hindous. Il doit combattre les Marathes, un peuple hindou du sud-ouest de la péninsule conduit par un énergique souverain, Shivaji. Les Rajpouthes, dans le nord-ouest, se soulèvent à leur tour.

Quand meurt Aurangzeb, le 3 mars 1707, au terme d'un règne très long, tout comme ceux de ses contemporains, l'empereur chinois Kangxi et... le roi de France Louis XIV, il laisse un empire très affaibli. Il est pour cette raison considérer comme le dernier des « Grands Moghols ».

La dynastie issue de Babur va, après lui, tomber aux mains de personnages falots. Les Occidentaux, les Français d'abord puis les Anglais, en profiteront pour s'imposer aux Indes.


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Hindouisme et islam
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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