Art Déco - Le mariage de l'utile et du chic - Herodote.net

Art Déco

Le mariage de l'utile et du chic

Méconnu et indéfinissable, le style Art Déco a obtenu un statut officiel à la faveur de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, à Paris, d'avril à octobre 1925. Le titre de l'exposition - tout un programme ! - a donné son appellation à ce style architectural né avant la Première Guerre mondiale.

À notre tour, poussons les portes des usines, musées et appartements pour découvrir l'histoire de ces immeubles et objets qui ont marqué l'entre-deux-guerres.

Jean Dupas, Le Vin et la vigne, décor du hall de la tour de Bordeaux, 1925, Bordeaux, musée d'Aquitaine

Les arts au diapason de l'industrie

À l'aube du XXe siècle, chacun se pâme pour l'Art Nouveau, caractérisé par les lignes courbes, l'influence de la nature et la fureur de vivre. Surnommé « style nouille » par les fâcheux, on peut toujours admirer ses formes ondulées à l'entrée de nombre de bouches de métro parisiennes signées Hector Guimard.

Frank Lloyd Wright, Chaise Robie, 1908, Robie House, ChicagoMais les meilleures choses ont une fin : avec le choc de la Première Guerre mondiale, fini les petites fleurs et les libellules d'autant que les artisans d'art susceptibles de les créer ont été fauchés dans les tranchées !

Dès avant le conflit, les artistes ont amorcé le tournant de la révolution industrielle et scientifique.

C'est le triomphe de la ligne droite, jusque-là absente de l'art occidental. Elle apparaît dans les beaux-arts avec le « cubisme » et les débuts de l'abstraction. Elle s'impose dans l'architecture et la décoration d'intérieur, en conformité avec les canons de l'industrie et de la production en grande série... et même dans la mode féminine. Le minéral - métal, verre et béton - supplante l'organique. La littérature rompt aussi avec l'ordre naturel en s'orientant vers le « surréalisme » et la psychanalyse.

Un monde résolument nouveau est en gestation et l'Art Déco en est l'illustration au quotidien. Notons que malgré son unité, ce style ne trouva un nom qu'en 1968 ! Il fut baptisé en référence à l'Exposition de 1925 et aux arts décoratifs qui, opposés aux beaux-arts (peinture, sculpture...), travaillent à embellir les intérieurs.

Un long chemin vers la modernité

Les objets quotidiens sont mortels ! Adorés un temps, ils sont relégués au grenier, voire à la décharge, l'année suivante. Le style de vie et les techniques y sont pour beaucoup.

Ainsi, du sol au plafond, les occasions d'ajouter une touche d'agrément se sont multipliées au fil des siècles jusqu'à susciter des arts qualifiés de « décoratifs ».

Coffre à pentures, XIVe s., Paris, musée des Arts décoratifsEn Europe, ils remontent au Moyen Âge, lorsque les cours itinérantes ont commencé de s'entourer de meubles élégants, souvent inspirés des productions religieuses. Ce fut le début de la spécialisation : d'un côté le créateur, de l'autre l'artisan.

À ce jeu, la France se montra particulièrement douée au point d'influencer durablement les modes : après François 1er inspiré par la Renaissance italienne, Louis XIV rayonna sur toute l'Europe avec un style classique devenu support de propagande. Louis XV et la rocaille, Louis XVI et le néo-classicisme ou encore Napoléon III et le style pompéien, chaque souverain imposa ses goûts.

Après l'Art Nouveau, d'essence républicaine et bourgeoise, la fin de la Grande Guerre entraîna une révolution des moeurs.

Paul Colin, La Revue nègre au Music-Hall des Champs-Elysées, 1925La bourgeoisie fut gagnée par une frénésie de joie de vivre et de plaisirs : « Années folles » en France, « Roaring Twenties » aux États-Unis... Les femmes, qui avaient gagné en autonomie, comptèrent en profiter elles aussi. Place à la radio, au sport et aux balades en voiture ! Le tout au rythme du jazz accueilli avec enthousiasme du côté de Montparnasse qu'envahissaient les Américains fuyant la Prohibition.

Paris retrouva son attractivité de la « Belle Époque » et redevint le centre du monde, l'endroit où créateurs de tous ordres devaient se retrouver. L'imagination était à la fête avec les surréalistes.

Bien que cette exubérance ait été mise à mal par la Crise de 1929, le monde de l'Art poursuivit sur sa lancée jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. L'Art Déco, qui s'épanouit dans ces années-là, y puisa une inventivité sans limites (...).

Maurice Pico, Bas-relief représentant la danseuse Anita Barka, 1928, Paris, façade des Folies-Bergère

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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