L'Art Nouveau

La fureur de vivre

La musique, Gustav Klimt, 1895, Nouvelle pinacothèque de Munich

Né à la veille du XXe siècle, avec les premières créations d'Alfons Mucha (1894), l'Art nouveau prolonge et élargit l'assise du Symbolisme, un courant cantonné dans les milieux intellectuels et poétiques. Il enterre pour de bon le classicisme des immeubles haussmanniens et  l'historicisme, un courant architectural et pictural né sous le Second Empire, dont le plus célèbre témoignage est l'Opéra-Garnier.

Porte d'immeuble Art nouveau, 29 avenue Rapp, Paris 7e, par Jules Lavirotte (Lyon, 25 mars 1864 - 1er mars 1929)Dans tous les domaines, il rejette la symétrie et se réfère avec délectation au Moyen Âge, à ses chimères et ses représentations végétales.

L'Art nouveau se diffuse dans toute l'Europe, en cette fin de siècle et ce tournant du XXe siècle justement surnommé la Belle Époque. Il est appelé Jugendstil dans les pays germaniques ou encore Liberty en Angleterre. On peut le considérer comme le dernier mouvement artistique proprement et totalement européen (avec des excroissances en Amérique du Nord.

À Paris, de nombreux artistes l'illustrent comme l'architecte Jules Lavirotte, qui a réalisé quelques pittoresques façades d'immeubles, l'architecte Hector Guimard, encore célèbre pour ses entrées de métro, et bien sûr Alfons Mucha.

À Nancy, c'est l'ébéniste Louis Majorelle et ses élèves. En Espagne, Antonio Gaudi, le constructeur de la « Sagrada Familia », à Barcelone. En Belgique, l'architecte Victor Horta, auquel les Bruxellois ont dédié un superbe musée. À Vienne, les peintres Egon Schiele et Gustav Klimt, initiateur du mouvement Sécession, ainsi que l'architecte Otto Wagner. En Scandinavie, les peintres Edward Munch ou encore Askeli Gallen-Kallela...

Détail de la façade de la maison de majolique (Otto Wagner, 1899, Vienne)L'Art nouveau pénètre aussi la musique avec l'Autrichien Arnold Schoenberg, initiateur de la musique moderne, et les arts décoratifs, avec un engouement pour les vitraux et les lampes de Tiffany (1848-1933), les vases d’Emile Gallé (1846-1904) et les bijoux de René Lalique (1860-1945).

Mais en 1908, c'est la fin. On commence à critiquer les lignes molles de l'Art nouveau et de son excroissance, l'« Art nouille » ! Les artistes reviennent brutalement à la ligne droite. C'est le « cubisme » et les débuts de l'abstraction. En se déshumanisant, en s'éloignant de la Nature, l'art préfigure les horreurs de la Grande Guerre et la fin de la Belle Époque.

Après l'hécatombe de la Grande Guerre, le manque d'artisans qualifiés (ébénistes, ferronniers, tailleurs de pierre...) obligera les architectes à une extrême sobriété et à l'industrialisation de l'architecture. Ce sera alors le temps de l'Art déco, tout le contraire de l'Art nouveau...

La voie lactée, tapisserie de Frida Hansen, 1898, musée d'art de Hambourg
Publié ou mis à jour le : 2020-02-05 11:26:04

 
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