Le dictionnaire de l'Histoire

féodalité, fief, suzerain, vassal

La féodalité caractérise la société d'Europe occidentale, au début du Moyen Âge. Elle désigne un ordre social hiérarchisé, fondé sur un lien personnel entre supérieur (suzerain) et inférieur (vassal). C'est ce qui la distingue de la société moderne, qui applique un droit indifférencié selon les individus.

Ses prémices apparaissent à l'époque de Carloman et Pépin le Bref, fils de Charles Martel : à la faveur des conciles de 742 et 743 présidés par saint Boniface, il est demandé aux compagnons du souverain de servir celui-ci en contrepartie des biens qu'il leur aura offerts. Les historiens voient dans cette disposition le premier exemple d'un engagement personnel de type vassalique.

À l'époque carolingienne, aux VIIIe et IXe siècles, les rois et les empereurs, faute de pouvoir être partout à la fois, délèguent à leurs compagnons (en latin comitis, dont nous avons fait comtes) la surveillance d'une portion du territoire. En échange de ce service, les compagnons du souverain peuvent jouir des revenus des terres qu'ils ont reçues en dépôt.

Ils ne tardent pas à obtenir le droit de léguer ces terres à leur héritier légal (capitulaire de Quierzy, 16 juin 877). C'est ainsi qu'apparaît une noblesse héréditaire qui tire sa richesse de ses domaines terriens. 

Sceau de Raymond de Mondragon : hommage d'un vassal à son seigneur ; celui-ci lui remet un fief figuré par un fêtu de paille en échange de son service militaire figuré par son armure (Archives nationales) Les grands barons délèguent à leur tour une partie de leurs terres à leurs compagnons. En échange, ces derniers leur rendent également hommage.

L'hommage est valable jusqu'à la mort. Celui qui le reçoit est appelé « suzerain » (dérivé de souverain) ; celui qui prête l'hommage est appelé « commendé » ou « vassal » (du bas latin vassus, serviteur).

En échange de l'hommage, le suzerain accorde à son vassal un fief (du bas latin fevum qui désigne le bétail et viendrait lui-même d'un mot germanique fehu ; une autre hypothèse voudrait qu'il vienne du latin feudus, qui se rapporte à la confiance). 

Le fief est soit une terre ou « chase », avec les pouvoirs politique, judiciaire et fiscal qui lui sont attachés, soit une rente financière ou « provende ». Dans le premier cas, le vassal est dit « vassal chasé », dans le second cas, « vassal commendé ».

Le vassal s'engage quant à lui à apporter au suzerain son aide, notamment militaire.

Parfois, lorsqu'il lie un puissant baron à son souverain, l'hommage n'est rendu que du bout des lèvres et la cérémonie se déroule à la limite des domaines de l'un et l'autre. Cet hommage est dit « en marche [en limite] ».

Notons que les gens du roi, les leudes, ont un statut quelque peu différent des vassaux ordinaires. D'autre part, la vassalité n'est pas uniformément répartie dans la chrétienté occidentale. Dans le Midi aquitain, par exemple, nombreux sont les alleutiers ou paysans libres, qui ne sont astreints à aucun lien de vassalité. Même chose en Normandie où l'on compte de nombreux paysans soldats dits « vassaux du Soleil », autrement dit de personne en particulier.

Très vite aussi, les vassaux tendent à devenir autonomes vis-à-vis de leur suzerain. Qui plus est, dans le même temps, s'introduit la pluralité des hommages.

Vers 1040, les seigneurs ayant pris l'habitude de rendre hommage à différents suzerains, au risque de ne pouvoir servir l'un sans trahir l'autre, le roi capétien impose à son égard un hommage préférentiel qui a la préférence absolue sur tous les autres. C'est l'« hommage lige ». Ainsi la féodalité décline-t-elle au profit de l'autorité royale.

Les trois ordres féodaux

La société féodale primitive est aussi cloisonnée selon une distinction échafaudée dès avant l'An Mil par les clercs : au sommet se tiennent... ceux qui prient pour le salut commun (oratores en latin), autrement dit les clercs eux-mêmes ! Ensuite viennent ceux qui combattent et protègent chacun à la force de leurs bras (bellatores en latin), enfin les plus nombreux, les paysans, artisans et marchands qui doivent travailler et assurer la subsistance de la collectivité (laboratores en latin).  

Voir : Féodalité, Église et chevalerie

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